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L'attaque réfoula d’ abord un peu la droite française, mais, prise sous le feu des batteries établies au nord de Penchard, elle se disloqua, et, après un vif combat, la 6° armée . conserva à peu près la ligne Chambry-Barcy-Marcilly, qu'on … avait occupée le matin. Au centre le combat ne faisait à aucun progrès. Plus au nord, la menace d’enveloppement . de la 44° D. I. par la vallée de la Gergogne et le plateau d'Etavigny se précisait, lorsque la IV° D. L., arrivant sur celle partie du champ de bataille, réussit, quoique très fatiguée par sa longue marche, à rétablir le combat. Au cours de cette journée, la 6° armée française n'avait donc remporté aucun succès tactique, mais du moins elle fixait deux corps d'armée ennemis. À sa droite, l’armée . britannique joua un rôle beaucoup plus effacé. Le maréchal French avait consenti dès le 4 au soir à L participer à l'offensive générale, mais il n'acceptait qu'avec répugnance l'idée de reprendre le combat et sur- : tout de le reprendre au milieu de la ligne française. Il k redoutait par dessus toute chose de dépasser les armées b: voisines, de se trouver en flèche, de faire face, isolé, à l'ennemi, comme à Mons. Aussi n'avait-il pas arrêté le mouvement de retraite le 5 septembré, quoiqu’il eût déjà . une forte avance sur la D° armée. Sous prétexte de se rap- U procher de ses centres de ravitaillement, il ramena ses . troupes bien au delà de la forêt de Crécy, s’éloignant con- . sidérablement de l'ennemi. Pour se reporter en avant le 6 septembre, il ne lui suffisait pas que l'attaque de la … 6° armée se produisit, au nord de la Marne, très en avant . par rapport à son front; il exigea en outre qu'une division … française vint opérer à ses côtés au sud de la rivière. n C'est ainsi que la 8° D. I. (du 4° C. A.), destinée d’abord « par le général Galliéni à être portée à la gauche de la … 6° armée, pour accentuer son mouvement tournant, dut suivre sans profit pour personne la rive gauche de la
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Marne à la remorque d’un corps d'armée britannique, placé lui-même en réserve de l’armée du général French.
Le 6, les avant-gardes anglaises ne marchèrent qu'avec hésitation, s’en laissèrent imposer par la cavalerie de
Marwitz, qui n’était même pas soutenue par ses bataillons de chasseurs, restés près de Coulommiers. Personne, dans le haut commandement britannique, ne semble, ce jour-là, avoir manifesté la moindre velléité d'agir avec quelque énergie. Chacun ne songeait qu’à se garder d’une surprise, qu'à demeurer en arrière des Français. Grâce à cette altitude timide, les divisions de Marwitz purent tenir devant Touquin et Rozoy pendant toute la matinée et ne commencèrent à se replier, sans être aucunement inquiétées, qu'après 14 heures. Elles s’arrêtèrent le soir aux abords sud de Coulommiers.
Entre la droite du corps expéditionnaire britannique et
la gauche de la 5° armée française, il subsistait un vide
d’une vingtaine de kilomètres. Le corps de cavalerie Conneau (4°, 8° et 10° D. C.) y avait été placé pour assurer la liaison. À cette époque la plupart des unités chargées de missions de ce genre, se figuraient qu'elles pouvaient se borner à un rôle passif, sans participer aux offensives voisines, ni les appuyer en attaquant elles-mêmes. Le corps du général Conneau ne se singularisa pas en la circonstance. Ayant rencontré la D. C. de la Garde près de Courtacon, il lui céda sans grande résistance cette localité, puis celle de Champcenest, malgré sa supériorité numérique.
La 95° armée se distingua aussi par sa prudence. Elle était forte de treize divisions d'infanterie, dont dix se trouvy aient directement opposées à la ligne allemande des IT et1X° C. A. qui comptaient quatre divisions d'infanterie, soutenues par une de cavalerie (V°); les trois autres divisions de la 5° armée débordaient nettement la gauche de
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l'ennemit. L'armée du général Franchet d'Esperey eut en . outre l'avantage de prendre par surprise sous le feu de ses canons une partie de l'artillerie allemande et de la para- lyser.
L’aile gauche de la I” armée allemande se serait ainsi trouvée dans une situation désespérée si l'attaque française s'était développée avec vigueur, d'autant plus que ses deux
flancs pouvaient être aisément tournés. Mais après la . longue et démoralisante retraite de la Sambre à la Seine, . Ja 5° armée avait perdu son ardeur première. Elle songea surtout à ne pas se compromettre, s'échelonna en profon-- . deur et n’engagea son infanterie qu'avec la plus extrême . parcimonie. Les trois divisions du groupe Valabrègue, les . deux divisions d'Afrique furent maintenues en réserve. Au - 3°C. A., qui formait le centre de l’armée, la division de … droite (Mangin) n’attaqua qu'avec une brigade, celle de . gauche (Pétain) avec moins encore?. Ce corps d'armée ne mit guère que le quart de son effectif d'infanterie en ligne, alors qu’il y avait dérrière lui les 55° et 69° D. R. prètes à le soutenir.
On avait bien changé depuis l’époque où les fantassins se précipitaient en avant à la baïonnette dès qu’ils aper- cevaient l'ennemi. Maintenant on semblait compter sur l'artillerie seule pour remporter la victoire. Pendant qu’une mince chaîne d'infanterie s’avançait avec d'infinies pré
cautions, la masse des bataillons restait l’arme au pied, pne prenant aucune part à la bataile. Pourtant l’occasion était belle. Le IX° CG. A. allemand était entré sans s’en
4 4. La 5° armée se composait des mêmes unités qu’à la bataille de la
Sambre : Le, 3°, 40°, 18° C. A.; 37° et 38° D, I, d'Afrique, rattachées res-
. pectivement aux 3° et 18° C. À.; groupe de D. R. Valabrègue (51°, 53° et
… 2. S'il faut en croire un récit publié dans La Bataille de la Marne, de
à . M. G. Hanotaux, la division Pétain n'aurait attaqué qu'avec trois batail- lons sur douze,
| apercevoir dans l angle formé par les si & | 10° €. un 4
cais: ceux-ci n'avaient qu'à marcher droit devant eux pour le pincer entre les mâchoires d’un étau. À droite de la ligne allemande, le IE C. A. n n'était cou- | vert que par un rideau de cavalerie, lui-même aux prises avee le corps du général Conneau. Il semble qu'on aurait dù employer au moins une partie des énormes résérves | qu’on avait constituées, à tourner la droite dé l'ennemi. On n'en fit rien et de ce côté notre corps de gauche, le 18° €, À., se heurta aux Allemands exclusivement de front. Cette somme d'erreurs facilita là tàehe de l'adversaire et l’aida à se rer de la situation critique, d’où il ne serait . pas sorti indemne, s’il avait eu affaire à un ennemi plus ; manœuvrier. Pendant toute la journée le IE C. A. sel maintint sur le front Sancy-Montceaux. Le [X° C. A. } beaucoup plus sérieusement compromis, était commandé 4 par un homme résolu, l’énergique général von Quast, Dans ce péril extrême, il comprit que seule offensive lui « donnerait le moyen de tromper l’assaillant sur sa faiblesse. Une première contre-attaque se brisa sous le féu des | canons français, mais une seconde, lancée vers la fin de l’après-midi avec l'appui de trois groupes d'artillerie du. VII C. À. (corps de droite de la IF° armée) accourus à toute allure de Montmirail, réussit à dégager complètes | ment le IX° GC. À. avant la nuit.
Le général von Kluck pouvait se féoiter de Visé d la journée. Avec son centre dégarni, ses ailes isolées exposées chacune à être tournée de deux côtés à la fois, Ha. 1° armée avait échappé à une catastrophe qu'elle aurai 1 dû subir par suile de là témérité et de l’imprévoyance de son chef. Dans la soirée, 1l se rendit compte de ne cité où il allait se trouver le lendemain de conduire à la* fois la bataïlle face à l’ouest avec son groupe de droite. (IV: C. À. R., I et IV° C. À.) et face au sud avec son!
D. de gauche (IE et IX° C. À.). Il pria done le géné-
ral von Bülow de prendre le commandement de ce dernier groupe, auquel il donna l’ordre de se replier sur le Petit
5 en aval de Montmirail, de manière à prolonger la
droite de la I° armée.
Pour lui, il se préparait à porter son quartier général à . Vendrest, sur la rive gauche de l’Ourcq, où il serait mieux . placé pour diriger la lutte contre la 6° armée, « adversaire | sur lequel, comme l’a fait remarquer fort justement Bülow, il portà désormais exclusivement son attention. » Kluck mit le commandement suprême au courant des
| graves événements des 5 et 6 septembre par le message suivant :
«LE GC À, et IV: C, A. R. engagés au nord de la Marne » dans de durs combats au sud-ouest de Crouy contre importantes forces ennemies s'avançant de Paris. Le . IV’ G. À. s’engagera demain de ce côté. III et IX° C. A. - couvrent, à l’ouest de-Montmirail, le flanc de la IF armée, . qui attaque dans la direction du Le à l’est de cette localité, d'importantes forces ennemies. »
G'est tout. Aucun renseignement sur la physionomie du combat, ses résultats ; pas un mot de ce qui se passe au centre, entre les deux tronçons de l'armée; pas une indication sur le sens de la manœuvre du lendemain, sur la conception générale qu'avait Kluck de la bataille. On ne rendait pas facile la tâche du commandant en chef à ce tournant de la campagne.