‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 78 sur 107 · SITUATION GÉNÉRALE DANS LA SOIRÉE DU 6 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SITUATION GÉNÉRALE DANS LA SOIRÉE DU 6 SEPTEMBRE

La journée du 6 septembre, qui avait vu s'engager la

bataille sur tout le front, n'aboutissait à aucun résultat

important. La manœuvre offensive allemande tendant à

refouler la droite française vers le sud-est n'avait réalisé que des gains de terrain insignifiants. La manœuvre fran-

çaise cherchant à déborder l’armée Kluck par le nord avait aussi manqué son but. De part et d'autre on s'était

4. La 3° armée disposait des Be et 6° C. A. (ce dernier diminué de la 42° D. [.), soutenus par les 65°, 75°, 67°, 72°, 54° D. R. et la 7° D. C,

Le Dar dE LE ”

Le DE LA MARNE. — PREMIÈRE PÉRIODE 249

se dans des combats de front. Le retard de la IIT° armée

du côté allemand, celui encore beaucoup plus marqué de

l’armée britannique chez les Alliés, étaient pour beaucoup

dans l'échec des combinaisons des généraux en chef.

Le développement du combat pendant ce premier jour

donnait le moyen de distinguer, dans chacun des partis, les points faibles chez soi et chez l'adversaire, de cher-

cher à renforcer les uns et à tirer parti des autres.

Dans le front français des brèches dangereuses séparaient la 9° et la 4° armée entre Sommesous et Sompuis, ainsi que la 4 et la 3°, à Revigny. De plus l’aile gauche de la 6° armée qui s’évertuait à déborder la ligne de Kluck, se trouvait elle-même er l'air et pouvait être débordée à

son tour. Mais ces périls semblaient avoir été devinés

par le commandant en chef, puisque, avant même que la bataille les eût révélés, des dispositions étaient prises pour y parer. Le 21° C. À. se disposait à intervenir dans la trouée de Sommesous, le 45° C. A. dans celle de Revi-

gny; le corps de cavalerie Sordet, ramené de Versailles,

Ja 61° D. R., se dirigeaient déjà vers la gauche de la

6° armée, où le 4 C. A. (moins la 8° D. [.) devait les rejoindre plus tard.

Du côté allemand, la droite de l’armée Kluck n'avait dû son salut, le 5 septembre, qu’à l’habileté et l’énergie d’un commandant de corps d'armée; le 6, le péril s'était

renouvelé et ne put être conjuré qu'au détriment du centre

. de cetie armée, où le vide s’élargissait à mesure qu’on en

. retirait des unités pour les porter à l’aile droite. Entre les Il° et IV° armées, la solution de continuité résultant du

retard de la III armée, fort gènante dans la matinée, » s'était en partie comblée au cours de l’après-midi et devait . être réduite encore davantage lorsque les divisions de

. réserve de Hausen arriveraient à hauteur de ses corps actifs.

Pour les Allemands, le danger. n'était pas de mais uni- =

quement à la l* armée, parce que celle-ci, déjà menacée à sa droite, allait l’être aussi à son centre, parce qu'elle manquait de réserves et ne pouvait compter sur l'appui de personne. Kluck avait demandé le 6 à Bülow de Iui envoyer le VI C. A. et le X° C. À. R, qu'il voulait employer à la place des deux corps d'armée {Il et IV° C. A.) auxquels il avait fait repasser la Marne. Bülow refusa; le X° C. À. R. était déjà engagé sur le Petit Morin; une partie du VIE avait dû se porter vers Esternay pour y

soutenir la gauche de Kluck ; ce qui restait de ce VIF CA.

constituait l’unique réserve de Bülow €t il ne désirait pas la céder à son collègue. To

Ne pouvant compter que sur ses propres ressources, Kiuck n'avait pas la partie belle. Il Iui fallait se débarrasser de l’armée Maunoury avant que les Anglais eussent percé le rideau de cavalerie qui masquait la brèche ouverte dans son front de Meaux à la Ferté-Gaucher. Pôur y parvenir, il ne disposerait le lendemain que du IV° C. A. comme troupe fraiche. Cela suffirait-i1?

Page 1