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on attendrait au débouché ses masses compactes, resserrées pour franchir ces étroits passages; les armées françaises déployées au delà seraient bien placées pour les atiaquer de plusieurs côtés et les mettre aussitôt en mauvaise posture. Comme les Allemands ne possédaient pas alors d'artillerie lourde de campagne capable de réduire les camps retranchés et les forls intermédiaires, il leur faudrait attendre leurs parcs de siège, solution qui exeluait un dénouement rapide sur le front occidental; les Russes. auraient tout le temps d'arriver. |
Ces considérations amenèrent alors Moltke à prendre le contre-pied de son plan de 1875, en se décidant pour une action offensive à l'est et une attitude défensive à l'ouest.
Du eôté de l’ouest il semblait, en effet, beaucoup plus aisé de prolonger la défense que du côté de l’est. La frontière y était relativement peu étendue et en outre, peu abordable sur la moitié environ de son développement, où les Vosges constituaient une excellente position d'arrêt. Plus au nord, la ligne de la Sarre et surtout celle du Rhin, avec son chapelet de places fortes, permettaient d’entraver pendant une durée de temps appréciable les progrès de l'ennemi.
Rien de pareil sur l’autre théâtre d'opérations. La frontière russo-allemande s’étirait sur une longueur quatre fois supérieure à celle de la frontière franco-allemande. Aucun obstacle continu ne la doublait avant la ligne de l’'Oder, à trois marches de Berlin. On estimait que les Russes ne pourraient concentrer en Pologne que 200.000 hommes dans les quinze premiers jours de la mobilisation, tandis que les armées allemandes au complet, seraient prêtes le dixième jour à pénétrer en territoire ennemi. Les Autrichiens mettraient moins de deux semaines à rassembler 500.000 hommes en Galicie. |
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Plan de Campagne ne MOLTKE 1879
Armées Ausiro-Ailemandes:
C ZIModification de Waldersee (1888). de Armées. Russes.
Partant de ces données, Moltke prévoyait que les événements se dérouleraient de la manière suivante. |
Si les Français attaquaient dès le début, comme les tendances que manifestait leur haut commandement depuis quelque temps semblaient l'indiquer, leur principal effort se porterait nécessairement sur le terrain le plus praticable, en Lorraine. La meilleure manière de Parrêter ou au moins de le retarder consisterait à se placer sur une position centrale, entre Sarre-Union et Forbach; on échelonnerait de fortes réserves derrière chaque aile afin de parer aux tentatives probables d’enveloppement. Même victorieux, l'ennemi serait usé et affaibli aussi par l'obligation de laisser des corps de siège ou d'observation devant Metz et Strasbourg. On le contiendrait donc plus facilement lorsqu'il se présenterait devant la seconde ligne de défense, celle du Rhin. Il tenterait sans doute le passage, non sur le cours supérieur du fleuve, que doublait à faible distance la chaîne de la Forêt-Noire, non sur son cours inférieur, au nord de Mayence, où les forteresses corsaient les difficultés du terrain dans la vallée très encaissée, mais sur le cours moyen, entre Karlsruhe et le confluent du Mein, qui est la partie où l'opération présentait les meilleures chances de succès. Cependant le franchissement d'un tel obstacle diminuerait encore les forces de l’assaillant en sorte que l'équilibre se trouverait ensuite à peu près rétabli. Dans ces conditions, en se groupant sur la rive droite du Mein, le défenseur pourrait ensuite attendre sans grand péril le dénouement de la lutte contre les Russes, car les envahisseurs n’oseraient ni l'y attaquer, ni s'aventurer plus loin vers l’est ou le sud avec une armée sur leur flanc. a
Sur le théâtre oriental de la guerre, Moltke présumait que les Russes formeraient 7 armées, 3 dirigées contre l’Allemagne (1 sur le Niémen, 2 sur la Narew), 3 contre
l'Autriche (2 sur le Bug, À sur le Dniester), le septième se concentrant dans une position centrale, la région de Varsovie, et qui serait la première prête. L'indigence du réseau ferré ne permettrait pas aux armées russes d'entrer
en campagne aussi vite que celles des empires centraux,
mieux outillées en voies de communications. D'où la possibilité pour celles-ci de les prévenir et de les battre séparément. L'armée de Varsovie s’offrait à elles comme une proie facile. Mettant à profit le tracé de la frontière, l'espèce de golfe que la Pologne russe creuse entre l’Allemagne et l'Autriche, Moltke avait résolu de réunir toutes ses forces disponibles dans les provinces de la Vieille Prusse, entre Hohensalza et Ortelsburg, tandis que le gros des armées autro-hongroises se grouperait dans la Galicie centrale. Les deux masses marcheraient à la rencontre l’une de l’autre, les Allemands prenant pour premier objectif la basse Narew, les Autrichiens la région de Lublin. On évitait ainsi la ligne de la Vistule et ses défenses. Comme entrée en matière on écraserait l’armée de Varsovie. Cette victoire jetterait le désarroi dans le camp ennemi et placerait dès le début des hostilités le oros des forces austro-allemandes dans une position centrale, vers Siedice, d'où il agirait successivement contre les groupes russes du nord et du sud et les battrait l’un après l’autre. La seule condition pour que ce séduisant programme s'accomplit sans trouble était d'assurer les flancs en Prusse orientale et dans l'est de la Galicie. L'armée autrichienne disposait d'effectifs suffsants pour parer à tout danger sur sa droite. Quant à l’armée allemande, Molike destinait deux corps d'armée actifs, renforcés d'unités de seconde ligne, à la défense de la frontière orientale de la Prusse, défense qui s’appuierait d’un côté à la place de Koenigsberg, de l’autre au pays des Mazures, dédale de lacs et d’étangs, presque
36 LE PLAN DE CAMPAGNE ALLEMAND DE ANR More
infranchissable pour des colonnes de quelque impor ee: Moltke comptait mettre par là les Russes bientôt hors d'état de nuire, après quoi il laisserait aux Autrichiens le soin de les poursuivre et ramènerait vers le Rhin toutes les forces allemandes employées d’abord sur le front oriental. |