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BATAILLE DE L'OURCQ Lee Situation dans l'après-midi du 9 Septembre rÿ QE ssy f si 5. 10K®- Ÿ Dr
traversait en deux colonnes par Ivors (XVII D. E.) et Gondreville (XVII: D. L.). Enfin à l’extrême droite la brigade Lepel, du IV* C. A. R., approchait de Baron. |
Ainsi se présentait la position d'ensemble de la [°° armée. quand Hentsch arrivait à Mareuil, vers midi et demie. On. y savait alors, grâce à un radio reçu à Th. 55, que la II° armée avait replié sa droite sur la ligne Margny-le
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BATAILLE De LA MARNE. — CRISE ET DÉNOUEMENT sd
Thoult, mais on ‘ignorait encore que Bülow avait donné ordre de retraite générale à son armée et Hentsch ts ‘ rail naturellement aussi.
Hentsch et Kuhl se mirent à examiner la situation de . concert avec le colonel von Bergmann, sous-chef d’étatmajor de la l'armée. Hentsch fit part de la triste impres- . sion quil avait recueillie à Montmort et qu'accentuaient . les observations qu’il venait de faire pendant son long trajet en automobile. La Il armée, disait-il, n'était plus . que déchet et avait besoin d'un appui immédiat, Kuhl
refusait de secourir l’armée voisine avant que la manœuvre
. sur Nanteuil-le-Haudoin eût porté ses fruits. Grâce à cette . opération, on tenait maintenantl’armée Maunoury, on allait certainement la mettre en déroute. Après tous les sacri- fices consentis pour faire réussir ce. mouvement tournant . pouvait-on y renoncer à l'instant même où il allait donner . son plein rendement, d'autant plus qu'il ne s'agissait que de quelques heures; avant la nuit la bataille serait gagnée, Maunoury en déconfiture. Mais qu'adviendrait-il le lendemain, demanda Hentsch? La [" armée serait-elle en mesure . de soutenir avec toutes ses forces la Il°? Kuhl fut bien . obligé de répondre négativement. Hentsch, comme il en à avait convenu avec le général von Lauenstein, déclara que dans ces conditions la retraite s’imposait. Il indiqua la direction que devait prendre la I" armée et ajouta qu'il avait pleins pouvoirs pour PA au général von Kfuck
de se replier.
La conversation entre Kuhl et Hentsch durait depuis | une demi-heure environ lorsque, à 43 h. 04, on apporta un message de la I!° armée par lequel Bülow faisait connaître ru il battait en retraite ‘. Ce message était ainsi conçu :
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… Ce message, parti de Montmort à 41 heures, avait donc mis deux heures à toucher son destinataire,
290 LE PLAN DE CAMPAGNE ALLEMAND DE UT « Aviateur signale quatre longues colonnes en marche vers ; la Marne, leurs têtes à 9 heures à Nanteuil-sur-Marne, Citry
Pavant, Nogent- Artaud. 1F armée commence à se oc) \ ; aile droite sur Damery. » | 4 ‘40 Dès lors toute Ho devenait superflue. le on de : la Il armée vers le nord-est laissait la F° armée dans un isolement complet et libérait la 5° armée française dont le | | corps de gauche (18° C. A.) appuyé par tout le C. C. ; Conneau était déjà en marche sur Château-Thierry. Ce. . n'étaient donc plus deux armées (Maunoury et French), . mais trois, auxquelles les troupes exténuées de Kluck auraient affaire désormais. Que pouvaient-elles contre. ioutes ces forces? Sans doute le combat à la droite de h. ligne allait s'engager dans les meilleures conditions pour « A . les Allemands grâce à leur action dans le flane de l’ ennemi . | et même sur ses derrières, mais, pendant que Cette moitié de l’armée allait avancer, l'autre moitié, l'aile gauche, rétrograderait. Il ne restait, somme toute, pour prendre part à l’attaque de laquelle tout dépendait, que les trois-. quarts du IV°C. À., la VI D.L., les trois-quarts du IX°C. A. et la brigade Lepel, plus la IV* D. C., soit un peu moins de 1 cinq divisions d'infanterie et une de cavalerie, alors que | l'armée Maunoury comptait plus de sept divisions d’ infanterie et deux de cavalerie, sans préjudice des renforts" sérieux qu'on lui envoyait de toutes parts : la 8° D. 1,1 rappelée de ue où elle avait ee prolongé la
oise dns Ve environs de Dam nl ne les nières ressources du camp retranché de Paris, la brigade de fusiliers-marins, une dizaine de compagnies de zOuaves, un régiment de spahis. 4
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© BATAILLE nee LA MARNE. == CRISE ET DÉNOUEMENT 1204
aurait fallu le pousser à fond en bousculant les troupes … françaises dans la Marne ou tout’au moins au delà de la chaîne de hauteurs qui s’étend de Dammartin à Penchard. - ll nest guère probable qu'on ait pu y parvenir dans la . journée du 9, déjà très avancée au moment où l'attaque … commençait (entre 12 et 13 heures). Admettons-le cepen- - dant. En ce cas, dans la soirée, la l° armée allemande, . ayant complètement changé de front, se serait trouvée étirée face au sud sur une longue ligne allant du nord- - ouest de Meaux à Coulombs. Comment eût-elle fait pour se redresser le lendemain dé manière à résister à l'ennemi, … qui, ayant débouché par Charly et Château-Thierry, déborderait complètement la gauche du dispositif. On ne pouvait tout de même pas demander au IX° C. A. de refaire en - sens inverse le chemin qu'il venait de parcourir, l'immense - circuit passant par la forêt de Villers-Cotterets et la Ferté- Milon, pour venir appuyer la gauche de l’armée après avoir secouru sa droite.
… Il faut croire que Kuhl se rendit promptement à l’évidence, car moins d’une heure après avoir reçu la nouvelle | de la retraite de Bülow, il avait rallié Le poste de comman- : dement de Kluck, mis celui-ci au courant des événements, “obtenu son adhésion au mouvement de repli, regagné Mareuil, rédigé et expédié un ordre préparatoire prescerivant aux unités de l'aile droite de suspendre leur marche . en avant et de prendre leurs dispositions pour se diriger . vers l’Aisne. Cet ordre est daté de 14 heures.
… On comprend à quel point cette décision dut paraître “cruelle au commandant de la [° armée. Le rêve qui le hantait depuis le commencement de la campagne était sur le “point de se réaliser. Du jour où il avait passé la Meuse en aval de Liége, il ne visait qu'un but, déterminer l'extrême gauche du front de bataille adverse, réunir une masse de manœuvre au delà de ce point et avec elle attaquer l’en-
nemi en flanc et à revers. Dès le 24 août il avait espéré réussir sur l'Escaut, à Condé; on l'en avait empêché. Depuis lors il était allé de déception en déception, d’abord | pendant la marche de la Sambre à la Marne, ensuite pendant les premiers jours de la bataille de VOureq. Et main- À tenant, la victoire tant désirée, on l'avait sous la main. Un peu après midi le IX° C. A. avait débouché de la forêt de : Villers-Cotterets et, ne trouvant presque rien devant lui, traversait à vive allure le Bois du Roi, tandis que l'entrée . en ligne de la brigade Lepel sur Droiselles faisait naître un | commencement de panique sur les derrières de la gauche | française à Nanteuil-le-Haudoin. :
C'est alors, au moment précis où le succès se dat : qu'on dui tout abandonner. Mais il le fallait bien, puisque . la Il° armée renonçait à la lutte. Kluck et Kuhl eux-mêmes . l'ont formellement reconnu.
On pouvait certainement s'attendre, dit Kluck!, à exploiter les Jours suivants le succès sur Maunoury qui commençait à s'affirmer. Mais ensuite, pour se dégager, remettre de l’ordre dans les unités, se ravitailler en muni- | tions et en vivres, refouler les convois et assurer les com-« munications, il eût fallu du temps. Les colonnes anglaises | qu’on avait tout juste contenues à Monthertoin? et celles. 1 qui prolongeaient leur action à l’est, ainsi que l'aile. gauche de l’armée, plus mobile, du général d'Esperey, se. seraient alors trouvées dans le flanc et sur les derrières de: la F* armée, parvenue à la limite de ses forces. Alors cette. armée, à moins de fautes inouies de la part de l'adversaire, aurait été contrainte de se replier vers le nord-ouest sur Dieppe, ou, dans le cas le plus favorable, sur Amiens. »
Kuhl n'est pas moins affirmatif :
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1. Der Marsch auf Paris und die Marneschlacht, 1914, p. 193. À 2. Montbertoin est un hameau contigu à Montreuil- aux-Lions; c'était le centre de la ligne occupée Le 9 septembre par la brigade Kraewel.
«Après qu’on eut l'assurance que la Il° armée avait pris dans la matinée la résolution de se replier et que les troupes étaient déjà, l'après-midi, en pleine retraite, ce qui rendait impossible de contremander l'opération, le comman-
| dement (de la [°° armée) dut s’incliner. Même une victoire
sur Maunoury ne pouvait plus nous préserver de l’envelop-
. pement de notre aile gauche par des forces supérieures,
nous refoulant loin des autres armées !. »
On ne s'explique pas comment, en présence de déclarations aussi précises, il puisse encore se trouver des gens pour soutenir que la retraite de la 1° armée est exclusive-
ment l’œuvre de Hentsch, que KluckK lui a obéi par con-
trainte, en réprouvant l'opération qu’on l’obligeait à exé-
1 cuter. Dans la réalité Hentsch a bien fait usage des pleins
| pouvoirs qu'il tenait de Moltke et a donné l’ordre de
| Donne mais à un interlocuteur consentant, partageant . son avis, fort heureux, au demeurant, d’être ainsi mis à : couvert par l'autorité supérieure; car on commençait à se
: dire, à l'état-major de la [°° armée, depuis que les choses
tournaient mal, qu'on pourrait bien un jour se voir demander compte des nombreux actes d’indiscipline commis pendant la période précédant la bataille en cours.
Les deux premières phrases de l’ordre de repli de Kluck
LE caractéristiques. Îl y prend toutes sortes de précau-
tions pour tirer son épingle du jeu. « La situation de la
. Il° armée, y est-il dit, exige qu’elle se retire derrière la
. Marne des deux côtés d'Epernay. Sur l’ordre du comman-
. dement suprême, la [* armée se replie dans la direction
générale de Soissons pour protéger le flanc ».
Ilest assez piquant de constater que Bülow motivait sa
résolution de battre en retraite par la nécessité de porter
secours à la |* armée, « considérant, dit-il, dans son rap-
1 | 4. H. von Kubl; Der Marnefeldzug, 1914, p, 219.
1roUs LE PLAN DE CAMPAGNE ALLEMAND DE AE
port, que dorénavant la tâche la plus importihte de la IT armée était de soutenir la °° armée au nord de la Marne et de lui donner de nouveau la possibilité de reprendre le | contact avec l'aile droite de la Il° armée. » Chacun cher- | chait à expliquer son propre recul par la fâcheuse position : de son voisin.
Bülow n’a jamais contesté que le premier ordre de retraite | vint de lui;il en a assumé la responsabilité, se contentant . de faire remarquer qu'il a agi en plein accord avec le lieu- . tenant-colonel Hentsch. Ce n’est d'ailleurs pas absolument | exact, car quand Hentsch quitta Montmort on n’avait encore rien décidé que sous condition et, au moment où Bülow donna son ordre, cette condition n’était pas remplie, mais elle l’eût été s’il avait attendu deux heures de plus.
On ne saurait pas non plus prétendre, comme certains l'ont fait, que Hentsch a poussé Bülow à battre en retraite, qu'il a pesé sur sa décision. Tout au plus pourrait-on lui reprocher de ne pas avoir combattu assez énergiquement les velléités de reculer qui se manifestèrent au quartier général de la IF armée pendant tout le temps qu'il y séjourna. 1
Ceux des écrivains allemands qui consentent à ne pas | incriminer Hentsch reportent toute leur rancune sur Bülow, « l'accusant d'avoir, par sa pusillanimité, fait perdre une « bataille qui était gagnée, car on ne peut naturellement pas . admetire outre-Rhin que les armées impériales aient été. ; battues n'importe où par n'importe qui. A les entendre, il. | n’y avait, le 9 septembre, qu’à laisser se continuer les. 1 offensives engagées pour venir à bout de la résistance des. \ Alliés. Dans la Journée même Kluck aurait détruit l armée Maunoury, fait aussitôt face aux Anglais et réglé leurs compte, tandis qu’à l’autre bout du front de l’aile droite, « la Garde et les Saxons de Kirchbach écrasaient la 9° armée. française, puis coupaient les communications de la 5°.
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