‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 94 sur 107 · LA RETRAITE ET LES DERNIÈRES OPÉRATIONS OFFENSIVES · texte numérisé non relu

LA RETRAITE ET LES DERNIÈRES OPÉRATIONS OFFENSIVES

Le repli de l'aile droite allemande (l”, IT armées et groupement Kirchbach) dans l'après-midi du 9 septembre n'af-

fectait pas immédiatement les armées qui combattaient plus à l’est (groupement, Elsa, IV° et V° armées). Hentsch avait quitté Mareuil dès que Kuhl y était revenu ; il envoya un de ses adjoints à Bülow pour le prévenir de ce qui s'était passé, puis refit lui-même, en sens inverse de [a veille, la tournée des trois autres quartiers généraux. Il rentra à Luxembourg le 40 et présenta à Moltke son rapport sur la situation. À son avis, les [V° et V° armées pouvaient tenir à condition que le XIX° C. A. (de l’armée Hausen) continuât à appuyer la [V° armée et qu'on s'emparât des forts des Hauts de Meuse. Vu la gravité de l’heure, Hentsch ajouta qu’il ne pouvait prendre la respon- sabilité de cette opinion et que le général en chef devrait biense rendre sur les lieux pour se renseigner personnellement et se décider en pleine connaissance de cause. Moltke, toujours prompt à céder aux conseils de ses subordonnés, se mit en route le lendemain. C'était la pre- . mière fois qu’il allait aux armées depuis le commencement de la campagne. Il visita successivement les quartiers généraux des V', IE° et IV° armées, donnant partout le spectacle lamentable d'un vieillard malade et abattu, plus que jamais incapable de dicter sa volonté et même d'en avoir une. Au quartier général de la ITT° armée, il apprit que la XXIV* D. R. venait d'être presque entourée et fortement malmenée. Il n’en fallut pas davantage pour le déter-

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miner à adopter le parti le plus timide. Il preserivit a aux. Ve 4

et V° armées de se replier à hauteur de l'aile droite afin de

reformer un front continu. k | Les chefs allemands essayaient de se consoler de la

défaite en se disant qu’une fois la masse principale res-

soudée, on la prolongerait vers l’ouest à l’aide de la nouvelle VIT armée qui se constituait dans la région de Saint- Quentin avec les unités venues des Vosges (XV:° C. A. et VII D. C.) et le corps de siège de Maubeuge (VII C. A.R. ct une brigade de la XII D. [.)'. Ces forces devaient être employées à exécuter de nouveau la manœuvre d’enveloppement de la gauche ennemie, qui avait échoué sur la Sambre et sur la Marne. Croyait-on sincèrement qu'on pourrait reprendre l'offensive ou cherchait-on à se donner le change? En tous cas l'illusion fut de courte durée. On se rappelle que Hentsch, quand il se rendit de Montmort à Mareuil dans la matinée du 9 septembre, | devait, s’il constatait que la retraite devenait nécessaire, prescrire à la [* armée de prendre la direction générale de Fismes, de manière à retrouver le contact avec la . Il armée et à reconstituer un front continu. Or Kuhl, chef d'état-major de la ° armée, n'eut pas de peine à lui démontrer que c'était absolument impossible par suite des progrès déjà réalisés par les troupes britanniques sur … la rive droite de la Marne; en orientant sa marche vers Fismes, c’est-à-dire vers le nord-est, la l° armée eût été obligée de défiler devantles lignes anglaises sur un terrain : 1 déjà encombré par les convois et où Hentsch lui-même venait d'avoir tant de mal à se frayer un passage. Pour éviter ce danger, la [°° armée ne pouvait plus que se replier droit au nord et se rétablir derrière le cours inférieur de « l'Aisne, en aval de Soissons. Hentsch s'était rendu à ces

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