‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 95 sur 107 · Maubeuge avait capitulé l'avant-veille · texte numérisé non relu

Maubeuge avait capitulé l'avant-veille

objections. La relraite de la I[° armée avait alors été exécutée sans être troublée par l'ennemi, mais elle eut pour conséquence de laisser toujours ouverte la brèche qui la séparait de l’armée voisine.

La droite de la Il° armée, restée ainsi encore une fois sans point d'appui, ne put se maintenir sur la Vesle et dut se rabattre, le 12 septembre, derrière le canal de l'Aisne à la Marne entre les abords de Reims et Berry-au-Bac. De ce point jusqu'aux environs de Soissons, il subsistait une lacune d’une trentaine de kilomètres. Kluck, malgré tous ses efforts, ne put étendre sa ligne plus loin que Vailly. A ce moment la VII armée, réunie près de Saint-Quentin, fut placée sous les ordres de Bülow. Celui-ci, au lieu de lui assigner la mission prévue pour elle, d'agir par la vallée de l'Oise dans le flanc de l’armée Maunoury, la mit en marche dès ‘la nuit du 12 au 43 sur Laon pour lamener dans la trouée de Berry-au-Bac. Elle arriva juste à temps pour empêcher une catastrophe de se produire, car le 18° C. À. français, poussant au delà de l’Aïsne, avait déjà atteint Amifontaine et la cavalerie du général Conneau

s'était avancée jusqu’à Sissonne. L'entrée en ligne de la VIT" armée sauva la situation sur ce point, mais aux dépens dumouvementenveloppant surlequelon comptait pourramener la victoire sousles drapeaux germaniques. À la VIT armée on substitua, à l'extrême aile droite, le IX° C. À. R. qui y arriva de Belgique le 15 septembre, mais de son côté le général Joffre avait porté à la gauche de l’armée Maunoury le 13° C. A., prélevé sur nos forces de Lorraine.

Ainsi commença la course à la mer, qui ne tourna pas à l'avantage des Allemands. Quoiqu'ils firent, non seulement ils ne purent envelopper l'aile gauche des Alliés, mais ils ne parvinrent même pas à prolonger leur front vers l'ouest; ils durent l’infléchir au nord, leur nouvelle ligne formant un angle droit avec l’ancienne.

l’armée allemande trouva des ressources se le corps de siège d'Anvers, libéré par la chute de la place, et quatre corps d'armée ersatzreserve, dont l'instruction ‘a venait d’être terminée et l’organisation mise au point. Un effort surhumain fut alors tenté afin d'enfoncer les Alliés en Flandre, sur l’Yser et à Ypres, pour les couper de la mer et mettre à profit la dernière occasion qui se présen- . tait d'exécuter la manœuvre enveloppante sur laquelle avait reposé le plan de campagne. Il était trop tard. Les attaques les plus furieuses échouèrent avec des pertes telles qu'après un mois de bataille continue on dut arrêter l'offensive et s’avouer vaineu. At (roue L'ère de la guerre de mouvements, qui seule pouvait 7 amener la fin rapide du conflit, était close. Avec elle s'éva- : nouit le rêve de l'Allemagne. : |

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