‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 97 sur 107 · A HR CONCLUSION · texte numérisé non relu

A HR CONCLUSION

: cause. L'instruction générale qu'il fit établir le même jour porte la trace de ces préoccupations.

Dans ces conditions, on ne peut comprendre pourquoi, quand il apprit que les Alliés passaient à l'offensive sur tout le front — et il le sut dès le 6 septembre par l’ordre du général Joffre qu’on avait capturé —, il ne se mit pas aussitôt en mesure de diriger les opérations de son aile droite, prise par l'attaque en flagrant délit de changement de front. Dès le 7 au matin il aurait dû avoir un poste de commandement rapproché, à Reims par exemple, où il se serait trouvé à 40 kilomètres des quartiers généraux de Hausen et de Bülow, à 65 de celui de Kluck. De là ül aurait pu entretenir avec eux des rapports constants, puisqu'il ne fallait qu’une heure ou une heure et demie d'automobile pour aller leur parler. Mais non. Moltke resta à Luxembourg dans sa léthargie obstinée et envoya Hentsch chercher des renseignements. Comme cela était facile à prévoir, quand son mandataire revint le mettre au courant, la bataille était perdue et la campagne manquée.

Moltke, par son extravagante incurie, s’est rendu responsable de la défaite allemande. [1 a peut-être cru, en abdiquant virtuellement le commandement, se décharger d'une part de cette responsabilité sur ses sous-ordres; en ce cas, il n’a fait qu'augmenter sa culpabilité. !

Cependant la nullité du chef ne diminue pas les fautes de certains de ses lieutenants. Si la première bataille a abouti à la faillite de la manœuvre de Schlieffen, c’est parce que Bülow a attaqué prématurément sur la Sambre sans attendre que l’armée Kluck füt arrivée à hauteur de la sienne et a ensuite détourné cette armée de la direction de marche qui devait la conduire dans le flanc du corps expéditionnaire britannique. Pas plus que Moltke, Bülow n'avait compris l'importance de la manœuvre de Schlieffen.

SRÈL

De même, si, à la bataille de la Marne, Bülow a dû se 4

replier, c’est parce que les opérations hasardées dé Kluck l'y ont obligé. Kluck, lui, était un partisan fanatique, « intransigeant du mouvement enveloppant, à tel point qu'il voulait toujours l’employer, les yeux fermés, même dans les cas où ce mouvement perdait toute sa valeur. Excel. , lent sur la haute Sambre, où il pouvait se développer à « l’aise sans être gêné par aucun obstacle, il devenait | bien moins efficace à l’ouest de l'Oureq, où, S'il réussissait, il venait buter contre le camp rétranché de Paris: Kluck ne sut ou ne voulut pas voir que les circonstances avaient changé et s’entêta à faire abstraction de tout ce qui contrariait son offensive débordante contre la gauche de l’armée Maunoury. Rien ne lui coùûta pour la faire réussir, pas w\ même la rupture du front allemand, qui fut son œtüvre beaucoup plus que celle de l'ennemi.

Certes d’autres généraux ont pu commettre dé Sémblables imprudences et n’en ont pas moins remporté 4 d’éclatantes victoires.

Dix ans auparavant, Kuroki, à Liaoyang, comptant sur l'inaction des deux corps d'armée russes qui lui faisaient 4 face, quitta ses positions, traversa le Taïtseho et vint attaquer de flanc le même adversaire qu'il avait eu devant son front et qui était resté l’ärme au pied pendañt que le général japonais accomplissait sa marche aventureuse. À

Quelques jours avant la bataille de la Marne, Hindenburg à Tannenberg manœuvra d’une manière analogue. É Placé entre les armées de Samsonof et de Rennenkampf, … il ne laissa devant celui-ci qu'une division de cavalerie et « porta tout son monde contre Samsonof, dont il détruisit » l’armée, tandis que Rennenkampf demeurait immobile. |

Kluck crut pouvoir renouveler l'exploit d'Hindenbürg, « mais ik se trompa dans ses estimations. D'abord les généraux alliés n'étaient pas affligés du tempérament passif des 4

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