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LES INCARNÉS

Les êtres humains qui, encore attachés à un corps physique, se meuvent en pleine conscience et en pleine activité sur le plan mental sont invariablement ou des Adeptes ou leurs élèves initiés. Tant qu’un étudiant n’a pas appris de son Maître la manière d’employer le corps mental, il est incapable de circuler librement, même sur les niveaux inférieurs. Pour être actif et conscient sur les niveaux supérieurs pendant la vie physique, il faut être plus avancé encore, c^, pour l’homme,cette faculté est synonyme d’unification.

HABITANTS

En d’autres termes, cessant d’être ici-bas une simple personnalité plus ou moins influencée par l’individualité qui est au-dessus d’elle, il devient cette individualité ; emprisonné dans un corps qui la paralyse, il possède néanmoins en soi les pouvoirs et les connaissances d’un Ego très développé.

Pour l’homme parvenu à les distinguer, ces Adeptes et ces initiés offrent un spectacle incomparable : ils lui apparaissent comme des sphères splendides, lumineusement colorées, mettent en fuite toute influence mauvaise, agissent sur tous ceux qui les approchent comme le soleil sur les fleurs et font naître autour d’eux une paix et un bonheur dont souvent ceux mêmes qui ne les voient point éprouvent le sentiment. C’est dans le monde céleste que s’accomplit en grande partie la tâche la plus importante des Adeptes, particulièrement sur les niveaux supérieurs où l’individualité peut être directement influencée. C’est de ce plan qu’ils répandent dans le monde intellectuel les courants spirituels les plus puissants ; là aussi prennent naissance, par leurs soins, toutes sortes de mouvements grands et utiles ; c’est encore sur ce niveau que la force spirituelle libérée par le renoncement sublime des Nirmanakayas est, en grande partie, distribuée ; c’est là, enfin, que sont directement instruits certains

élèves suffisamment avancés, car Tinstruction s’y donne plus facilement et plus complètement que sur le plan astral. Les élèves, tout en exerçant leur activité sous ces formes multiples, se livrent encore à une grande tâche parmi ceux que nous appelons les morts ; mais ceci trouvera sa place dans un autre chapitre.

L’observateur constate avec plaisir Tabsence presque complète d’une catégorie d’habitants qui ne s’imposait que trop à son attention sur le plan astral. Dans un monde caractérisé par l’altruisme et la spiritualité, le magicien noir et ses élèves ne sauraient évidemment trouver place ; car le mode d’action des écoles noires est fondé sur l’égoïsme et leur étude des forces occultes ne repose que sur des considérations personnelles. Dans beaucoup de ces écoles l’intellectualité est assurément très développée ; par suite la matière constitutive du corps mental est, sur certains points, d’une activité et d’une sensibilité extrêmes ; mais ces points, se rattachant invariablement à un désir personnel quelconque, ne peuvent trouver à s’exprimer que dans la partie inférieure du corps mental, enchevêtrée d’une façon presque inextricable avec la matière astrale. Comme conséquence forcée de cette limitation, l’activité de ces personnes ne peut guère s’exercer en dehors des plans physique et astral. Il se

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peut, sans, doute, qu’un homme dont la vie n'a cessé de montrer un caractère malfaisant et égoïste consacre certains moments à la pensée purement abstraite ; il est alors à même d’utiliser son corps mental s’il en a appris l’emploi ; mais dès qu’intervient l’élément personnel, que s’affirme le désir d’atteindre un but mauvais, la pensée cesse d’être abstraite et l’homme se retrouve, une fois de plus, agissant dans la matière astrale qui lui est si familière. S’il était permis de s’exprimer ainsi, je dirais qu’un magicien noir „ ne peut agir sur le plan mental que lorsqu’il oublie qu’il est magicien noir. Mais l’oubliât-il, il ne serait visible sur le plan mental que pour les personnes qui y sont activement conscientes et jamais, (ceci est absolument impossible), pour celles qui après leur mort jouissent dans cette région du repos céleste, chacune d’elles étant isolée dans le monde de ses propres pensées, au point que rien d’extérieur ne saurait l’affecter ; elle est donc absolument en sûreté. Ainsi se trouve justifiée l’ancienne et belle description du monde céleste, de ce lieu « où les méchants cessent de nuire et où les âmes trouvent le

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