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DANS LE SOMMEIL OU DANS LA TRANSE

Quand il s’agit des habitants, encore incarnés, du plan mental, une question très naturelle se pose à l’esprit ; est-il possible aux personnes ordinaires, pendant leur sommeil, ou aux personnes psychiquement développées en état de transe, de jamais pénétrer dans ce plan ? Dans les deux cas la réponse est la même ; cela peut arriver mais c’est extrêmement rare. Une vie et des intentions pures seraient une condition sine qiui non ; d’ailleurs, en admettant que le plan mental fût atteint, ces personnes, bien loin d’y être vraiment conscientes, seraient tout au plus capables de recevoir certaines impressions.

Nous pouvons ici rapporter un incident qui marqua les expériences faites sur la conscience à l’état de rêve par la Loge de Londres de la Société Théosophique — expériences mentionnées dans mon petit ouvrage sur le Rêve ; il montrera la possibilité d’atteindre le plan mental pendant le sommeil. Le lecteur au courant de cette étude se souviendra peut-être que le tableau mental d’un admirable paysage des tropiques fut présenté à différentes catégories de personnes endormies, afin de constater à quel point elles s’en souviendraient au réveil. L’un des cas observés ne se rap-

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portant pas spécialement au phénomène du rêve et omis pour cette raison dans le compte rendu déjà publié trouvera sa place ici.

Il s’agissait d’une personne de pensées pures, douée de facultés psychiques marquées, mais développées sans méthode. Quand le tableau mental lui fut présenté, il produisit en elle un résultat assez surprenant. L’intensité de la joie et de la vénération, l’élévation et la spiritualité des pensées provoquées par ce spectacle sublime furent telles, que la conscience de la personne endormie passa tout entière dans le corps mental ou, en d’autres termes, s’éleva jusqu’au plan mental. Il ne faudrait pas cependant en conclure que le sujet pût dès lors observer son entourage nouveau ni en comprendre les véritables conditions d’existence ; il était simplement dans l’état de la personne ordinaire arrivant après la mort au plan mental ; plongé dans une mer de lumière et de couleurs mais, en même temps, entièrement absorbé dans ses propres pensées, en dehors desquelles rien n’existait pour .lui, il contemplait avec transport le paysage et toutes les idées que ce spectacle lui avait suggérées. Bien entendu, cette contemplation était accompagnée de la vue plus pénétrante, de la compréhension plus vive et de l’énergie intellectuelle plus active qui caractérisent le plan mental, sans que la béati-

tude profonde dont nous avons si souvent parlé subît la moindre interruption. La personne endor" mie passa plusieurs heures dans cet état, sans paraître consciente de la fuite du temps ; lorsqu’enfm elle s’éveilla, elle éprouvait un sentiment de paix profonde et de joie intérieure qu’elle ne savait comment expliquer, n'ayant conservé aucun souvenir de ce qui s’était passé. Nul doute cependant qu’une expérience semblable, retenue ou non par la mémoire physique, n’accélère d’une façon marquée l’évolution spirituelle de l’Ego.

Il faudrait, pour risquer une affirmation positive, un nombre suffisant d’expériences, mais il semble à peu près certain qu’un résultat comme celui dont la description précède ne serait possible que dans le cas où le sujet aurait atteint un certain degré de développement psychique. La môme condition serait plus nécessaire encore s’il s’agissait, pour un sujet magnétisé, de toucher pendant sa transe le plan mental. Ceci est tellement vrai que, sur mille clairvoyants ordinaires, il n’en est probablement pas un seul qui arrive jusque-là. Dans les cas exceptionnels où le plan mental est atteint il faut, comme je viens de le dire, non seulement que le clairvoyant soit remarquablement développé, mais aussi que sa vie et ses intentions soient pur. s. D’ailleurs, en admettant que toutes cc>s conditions si rares puissent

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être réunies, il resterait la difficulté, toujours éprouvée par un psychique inexpérimenté lorsquhl veut traduire sur le plan inférieur ce qu’il a vu sur le plan supérieur. Toutes ces considérations ne font, bien entendu, que mettre en lumière l’importance d’un point sur lequel nous avons bien souvent insisté : je veux parler de la nécessité d’entraîner soigneusement tous les psychiques sous la direction d’un instructeur compétent, avant qu’il soit possible d’ajouter foi à leurs rapports.

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