LE RENONCEMENT A LA VIE CÉLESTE
Les étudiants de l’occulte savent depuis longtemps que, parmi les possibilités d’avancement plus
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rapide mises à la portée de l’homme à mesure qu’il progresse, il a celle de «renoncer à la récompense Dévakhanique », pour employer l’expression consacrée ; en d’autres termes, de renoncer à la vie de béatitude qui l’attend dans le ciel entre deux incarnations, afin de reprendre plus vite sa tâche sur le plan physique. L’expression citée n’est pas très heureuse et nous nous ferons sans doute une idée beaucoup plus correcte de la vie céleste en voyant en celle-ci moins la récompense de la vie terrestre que sa conséquence directe. Au cours de son existence physique, l’homme génère par ses pensées et ses aspirations les plus hautes ce qui pourrait s’appeler une certaine somme de force spirituelle ; celle-ci réagira sur lui lorsqu’il atteindra le plan mental. Si cette force est rare, à son prompt épuisement correspondra une vie céleste de courte durée ; si au contraire elle est très abondante, elle mettra d’autant plus de temps à s’épuiser et le séjour céleste se prolongera considérablement.
Ainsi, à mesure que l’homme développe sa nature spirituelle, il vit de plus en plus longtemps dans le monde céleste, sans que pour cela ses progrès en deviennent plus lents ou qu’il ait moins d’occasion d’être ütile à ses semblables. Le séjour dévakhanique est absolument nécessaire pour tous ceux qui n’ont pas encore atteint un
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degré de développettleiit considérable; lui seul permet la transformation des aspirations en facultés, des expériénces en sagesse. L’hommë fait ainsi des progrès bien plus grands que si, par miracle, il pouvait prolotiger son incarnation physique jusqu’au moment de prendre un corps nouveau. Autretnent, il est évident que toute la Loi natul'elle serait en contradiction avec elle-mêmcj car, plus elle se rapprocherait de la grande fin qu’elle a pour objectif et plus ses efforts pour déjouer ses propres intentions seraient déterminés et formidables. Il serait absurde de prêter des contradictions pareilles à une loi que nous savons être l’expression de la plus sublime sagesse.
La possibilité de renoncer à la vie céleste est loin d’être à la portée de tout le mondéiLa Grande Loi ne permet à personne de renoncer en aveugle à des biens qu’il ignore, ni à s’écarter de la ligne évolutive normale avant le jour où il pourra en retirer des avantages bien certains.
En règle générale, nul n’est à même de renoncer à la béatitude céleste avant de l’avoir goûtée pemlant la vié terrestre ~ avant d’être assez développé pour pouvoir élever sa conscience jusqu'au plan mental et en rapporter ici-bas le souvenir clair et complet d’une gloire dont rien, sur la terre, ne saurait donner une idée.
Un instant de réflexion mettra en évidence la
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raison et l’équité de cette disposition. Le progrès de Tâme, pourrait-on dire, étant en réalité seul en question, il suffirait qu’elle comprît sur son propre plan Tutilité de renoncer au bonheur céleste et qu’elle obligeât le moi inférieur à se conformer à sa décision. Mais ce ne serait pas là une solution bien équitable, car, si l’Ego possède le droit de jouir sur les niveaux roupa des joies dévakhaniques, c’est seulement en vertu de la personnalité par laquelle il s’est manifesté ; c’est la vie de cette personnalité, dans son cadre personnel et familier, qui passe dans le monde céleste inférieur. Avant de pouvoir renoncer à tout cela, il faut donc que la personnalité comprenne bien les avantages qu’elle sacrifie ; le mental inférieur et le mental supérieur doivent être d’accord.
Or, pour qu’il en soit ainsi, il faut évidemment posséder dès ici-bas, sur le plan mental, un degré de conscience équivalent à celui que l’on posséderait après la mort. N’oublions pas, non plus, que l’évolution de la conscience procède en quelque sorte de bas en haut.Les hommes étant pour la plupart comparativement peu développés, ne sont encore vraiment conscients que dans le corps physique. Le corps astral est en général encore amorphe et mal organisé ; s’il forme le trait d’union entre l’Ego et son vêtement physique^ il est loin
d’être un instrument que Thomme proprement dit puisse employer; rien de commun entre son état présent et les pouvoirs que l’homme exercera un jour sur le plan astral.
Dans les races humaines les plus avancées, le corps astral est beaucoup plus développé; souvent la conscience qui en est revêtue est potentiellement assez complète, sans pourtant, dans la plupart des cas, que l’homme ait cessé d’être entièrenient replié sur lui-même et beaucoup plus conscient de ses propres pensées que du monde qui l’entoure. Quelques-uns de nos membres,étudiants de l’occulte, ont fait un pas de plus: ayant été complètement éveillés sur ce plan, ils sont entrés en possession complète de leurs facultés astrales et en retirent des avantages nombreux et considérables.
Ceci, néanmoins, n’implique pas nécessairement que ces personnes puissent, dès le début, et même avant longtemps, rapporter sur le plan physique le souv^ir de leurs activités et de leurs expériences astrales. En règle générale, ils le pourraient partiellement et par intermittence, mais il y a des cas dans lesquels, pour diverses raisons, rien de ce qui pourrait s’appeler le souvenir de cette existence supérieure n’est capable de se frayer un passage jusqu’au cerveau physique.
Un degré quelconque de conscience sur le plan
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mental serait, bien entendu, une preuve d’avancement plus grand encore. S’agit-il d’un homme dont le développement est parfaitement normal et régulier, il ne faudrait pas s’attendre à voir naître la conscience nouvelle avant que l’astral et le physique ne soient bien réellement mis en rapport. Mais dans cet état déséquilibré et artificiel que nous appelons la civilisation moderne, le développement humain n’est pas toujours bien régulier et bien normal; aussi peut-il arriver que, dans certains cas, un degré de conscience assez marqué s’atteigne sur le plan mental et se greffe sur la vie astrale, sans que la connaissance de toute cette existence supérieure parvienne jamais au cerveau physique.
Ces cas sont fort rares, mais il est incontestable qu’il en existe et ils donnent immédiatement à supposer que notre règle comporte peut-être une exception. Une personnalité de ce genre pourrait être assez avancée pour goûter l’ineffable béatitude du ciel et, par suite, avoir le droit d’y renoncer, sans cependant être capable de rapporter le souvenir de cette renonciation, plus bas que son existence astrale. Mais comme d’après notre hypothèse la personnalité jouirait dans cette existence d’une conscience pleine et entière, un souvenir semblable suffirait amplement pour satisfaire la loi de justice, même si à l’état de veille l’homme
n’ea conservait pas la plus vague impression. Le point important à retenir est celui-ci. Puisque c’est la personnalité qui est appelée à renoncer au séjour céleste, c’est elle aussi qui doit en faire l’expérience et il faut qu’elle en rapporte le souvenir sur un plan où son activité est normale et entière, ce plan pouvant d’ailleurs ne pas être le physique, si les conditions requises sont réunies sur l’astral. Pour qu’un cas semblable soit possible, il faut être tout au moins élève en probation de l’un des Maîtres de la Sagesse.
L’homme qui veut accomplir ce grand acte devra donc chercher de toutes ses forces, de toute son âme, à devenir un instrument utile entre les mains de ceux qui assistent l’humanité ; il devra se consacrer avec le dévouement le plus absolu au bien spirituel de ses semblables ; il n’aura pas la fatuité de se croire déjà digne d’un tel honneur, mais espérera humblement qu’après une ou deux existences d’efforts soutenus son Maître lui dira peut-être que l’heure est venue où, pour lui aussi, le choix est permis.
le monde céleste supérieur
Quittant les quatre niveaux inférieurs ou « roupa » du plan mental^ milieu normal de l’homme peu-
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(lant la durée de sa personnalité temporaire, considérons maintenant les trois niveaux supérieurs ou « aroupa », sa patrie véritable et relativement permanente. Là, si ses yeux sont ouverts, ils voient nettement, car il s’est élevé au-dessus des illusions personnelles et du moi inférieur, ce prisme déformant. Sa conscience peut être faible, rêveusement absorbée, à peine en éveil, mais sa vue, bien que limitée, n’en est pas moins juste. Les conditions de la conscience sont devenues si absolument différentes de ce que nous connaissons ici-bas, que les termes employés en psychologie sont tous inutiles et risquent de nous induire en erreur. Ce niveau du plan mental a été appelé le règne du noumène, par opposition au règne du phénomène^ le monde sans formes par opposition au monde des formes ; il faut cependant y voir un monde manifesté, très réel pour l’observateur qui le compare aux irréalités des états inférieurs ; ce sont bien des formes qui s’y rencontrent, bien qu’elles soient d’une substance raréfiée et d’une essence subtile.
Quand s’achève la période généralement appelée la vie céleste, une autre, phase d’existence s’ouvre pour l’âme avant que ne sonne pour elle l’heure de renaître ici-bas. Pour la plupart des hommes ce stage est relativement court; il faut néanmoins le mentionner si nous voulons tracer
un tableau complet de la vie humaine hyperphysique.
S’il nous arrive sans cesse de mal comprendre l’existence de l’homme, c’est que nous avons l’habitude de l’envisager d’une manière incomplète, oubliant absolument sa nature réelle et son but. Au fond, nous le considérons généralement au point de vue du corps physique et pas le moins du monde au point de vue de l’âme.
Aussi toutes les proportions sont-elles faussées. Chaque mouvement rapprochant l’Ego de ces plans inférieurs pour l’en écarter ensuite forme en réalité une vaste courbe circulaire. Prenant une partie infime de l’arc inférieur de cette circonférence, nous la regardons comme une ligne droite et attachons ainsi à son commencement et à sa fin une importance inutile, tandis que la notion réelle du mouvement circulaire nous échappe entièrement.
Essayez pendant un instant d’envisager la question telle qu’elle doit apparaître à l’homme véritable sur le plan d’existence qui lui est propre, dès qu’il commence à y être nettement conscient. Il obéit au désir de manifestation qu’il trouve en soi, désir qui lui a été inspiré par la loi évolutive ou volonté du Logos et, imitant l’action divine, il se répand dans les plans inférieurs.
En même temps il se revêt de la matière des
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différents plans qu’il traverse — plan mental, astral, physique — dans sa marche constante vers l’extérieur. Au début du petit fragment d’existence sur le plan physique, appelé par nous sa vie, la force centrifuge est encore puissante, mais vers le milieu généralement, la force s’étant épuisée, la grande courbe du retour commence.
Point de changement brusque ou violent, mais toujours la circonférence du même cercle. Tel l’instant de l’aphélie dans la course d’une planète autour de son orbite. C’est bien ainsi pourtant que le petit cycle évolutif revient sur lui-même. Nous ne marquons habituellement d’aucun signe ce changement de direction, mais dans l’Inde ancienne il coïncidait avec la fin de la période du Grihastha ou père de famille.
Toutes les forces de l’homme devraient dès lors, sans défaillance, refluer vers le centre ; il devrait détacher de plus en plus son attention des objets terrestres et la concentrer sur les plans supérieurs. C’est dire combien les conditions modernes de la vie européenne sont contraires au progrès réel.
Sur cette partie de l’arc évolutif, le moment où l’homme se détache du corps physique a peu d’importance. Le changement suivant en a beaucoup plus ; nous pourrions l’appeler la mort sur le plan astral et la naissance dans le monde cél^te,bien
qu’il consiste simplement en un transfert de la conscience quittant la matière astrale pour la matière mentale, au cours du reflux régulier dont j’ai déjà parlé plus haut.
Le résultat final de l’existence reste inconnu tant que, dans ce processus de retraite, la conscience n’est pas revenue à son centre, TEgo, sa patrie dans le monde céleste supérieur, quand les qualités nouvelles acquises au cours de ce petit cycle évolutif sont mises en évidence. C’est alors aussi que l’homme obtient un aperçu général de sa vie passée. Pendant un instant et comme un éclair une acuité de conscience plus pénétrante vient illuminer l’Ame qui voit et les résultats de sa dernière existence et, dans une certaine mesure, leurs conséquences dans sa vie prochaine.
Cet aperçu fugitif ne permet pas, bien entendu, sauf d’une manière extrêmement vague et générale, de savoir la nature de la prochaine incarnation. Sans doute l’objet principal serait entrevu, mais le grand avantage de cette vision serait pour l’âme de lui montrer les conséquences karmiques de ses actes passés ; elle lui fournit une occasion dont elle profitera plus ou moins, suivant son degré de développement.
Tout d’abord l’âme en profite peu, car sa conscience est rudimentaire, à peine capable de saisir et de coordonner les faits ; graduellement se déve-
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loppe en elle la faculté d’apprécier ce qu’elle voit ; plus tard enfin elle parvient à se rappeler l’illumination marquant la fin de chaque vie, à comparer entre elles ces révélations fugitives et ainsi à juger du chemin parcouru.