‹ Le plan mentalChapitre 4 sur 36 · LA BÉATITUDE DU MONDE CÉLESTE · texte numérisé non relu

LA BÉATITUDE DU MONDE CÉLESTE

L’intensité du bonheur, telle est la première et grande idée qui doit servir de base à toutes nos conceptions de la vie céleste. Non seulement nous parlons ici d’un monde dont la nature même ne laisse point de place au mal et à la douleur, non seulement tous les habitants y sont heureux, mais la réalité va beaucoup plus loin. C’est un monde où tout être, par le fait même qu’il s’y trouve, doit goûter la béatitude spirituelle la plus élevée dont il est susceptible — un monde qui répond aux aspirations humaines tant que l’homme est capable d’en éprouver.

Ici pour la première fois nous comprenons, jusqu’à un certain point, ce que peut être la véritable nature de la grande Source de Vie ; ici pour la première fois nous voyons de loin ce que doit être le Logos et ce qu’il nous appelle à devenir. El quand, dans son ensemble, la réalité prodigieuse éclate à nos regards étonnes, nous éprouvons le sentiment irrésistible que, grâce à cette connaissance de la vérité, l’existence ne pourra plus, jamais, nous apparaître sous le même jour qu’autrefois. Comment, dès lors, constater sans stupéfaction l’insuffisance absolue du bon-

LE PLAN MENTAI.

heur, tel que Thomme du monde se le représente? Bien plus : nous sommes forcés de reconnaître que ses idées, sur ce point, sont des contresens absurdes et ne se réaliseront jamais et que, le plus souvent, Thomme tourne positivement le dos au but qu’il voudrait atteindre. Mais ici enfin se trouvent la vérité et la beauté ; elles laissent bien loin au-dessous d’elles tous les rêves des poètes et, dans le rayonnement de leur gloire indicible, toute autre joie semble terne et pâle, irréelle, incapable de nous satisfaire.

Nous nous efforcerons plus loin de mettre en lumière certains détails. Pour le moment il faut insister sur le fait que ce sentiment merveilleux, non seulement de la bienheureuse absence de tout mal et de tout désaccord, mais encore de la présence constante, irrésistible, d’une joie universelle, est l’impression dominante qu’éprouve immédiatement l’homme, en entrant dans le monde céleste. Or, tant qu’il y demeure, cette impression subsiste ; quelles que soient sa tâche et les possibilités supérieures d’exaltation spirituelle qui puissent s’ouvrir devant lui, à mesure qu’il apprend à mieux connaître les ressources du monde nouveau où il se trouve, la béatitude étrange, indescriptible, inexprimable que donne, à elle seule, l’existence dans un royaume semblable — cette béatitude, dont la joie surabondante

CARACTÈRES GENERAUX

des autres est la source, ne le quitte jamais.Rien, ici-bas, n"y ressemble ; rien ne saurait en donner une idée. Supposez, si vous le pouvez, la vie exubérante de l’enfant transportée dans nos expériences spirituelles, puis multipliée bien des milliers de fois ; peut-être obtiendrez-vous ainsi une vague, une faible idée de la réalité. Encore une comparaison de ce genre est-elle d’une insuffisance pitoyable pour décrire ce qui défie la parole humaine : j.e veux parler de la formidable vitalité spirituelle du monde céleste. Une des manifestations de cette vitalité intense est l’extrême rapidité vibratoire de toutes les parcelles et de tous les atomes de la substance mentale. En théorie, nous savons tous que, même ici-bas sur le plan physique, aucune parcelle matérielle, fît-elle partie du plus dense des corps solides, n’est jamais, un seul instant,en repos. Néanmoins, quand nous acquérons la vue astrale, cette notion cesse d’être une simple théorie scientifique; elle devient pour nous un fait positif, toujours présent ; nous comprenons l’universalité de la vie ; et cela d’une manière et à un degré qui nous étaient jusque-là impossibles ; notre horizon mental s’élargit et déjà nous entrevoyons dans la nature des possibilités qui, pour les personnes encore privées de la vue mentale, doivent sembler les plus extravagants des rêves.

Si le développement de la simple vue astrale et son application à Tépaisse matière physique entraînent de tels résultats, essayez d’imaginer l’effet produit sur le mental d’un observateur quand, après avoir abandonné notre plan physique et étudié en détail la vie bien plus intense et les vibrations infiniment plus rapides du plan astral, il voit s’ouvrir en lui un sens nouveau, transcendant, qui déroule à ses yeux ravis un monde nouveau, supérieur au dernier, monde dont la rapidité vibratoire dépasse autant celle du monde physique que la rapidité vibratoire de la lumière dépasse celle du son, monde où la vie omniprésente qui sans cesse palpite autour de l’observateur et en lui-même est d’un ordre absolument distinct et, pour ainsi dire, élevée à une puissance infiniment plus haute.

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