LES GRANDES ONDES
Le visiteur désire-t-il pousser plus loin son analyse et se rendre compte de ce qu’est le plan mental, quand il n’est pas troublé par la pensée ou par la conversation d’aucun de ses habitants, il y parvient en s’entourant d’une énorme coque, impénétrable à toutes ces influences ; puis, conservant bien entendu son propre calme mental, il examine les conditions existant à l’intérieur de la coque.
S’il apporte à cette expérience un soin suffisant, il découvrira que l’océan lumineux est devenu non pas immobile, car ses particules ont gardé leur^ vibrations intenses et rapides, mai s en quelque sorte homogène. Les merveilleux
CABAGTÈRES GENERAUX
éclairs colorés et les continuels changements de forme ne se produisent plus, mais l’observateur peut maintenant percevoir une série de pulsations régulières nouvelles, tout à fait différentes des premières, et que dissimulaient tout d’abord les autres phénomènes plus artificiels. Ces pulsations sont manifestement universelles ; l’homme ne saurait s’entourer d’une coque assez résistante pour les arrêter ou les détourner ; elles ne produisent pas de variations de couleur et ne prennent pas forme; leur courant traverse, avec une irrésistible régularité, toute la matière du plan mental, d’abord vers la périphérie, puis de nouveau vers le centre, semblable à l’expir et à l’inspir de je ne sais quel grand souffle.
Ces courants sont de nature diverse ; ils peuvent se distinguer nettement par leur ampleur, leur période vibratoire et la note sonore qui les accompagne. Il en est un, plus majestueux que les autres, dont le flot semble être le battement de cœur du système total, une vague qui sort, en bouillonnant, de centres inconnus appartenant à des plans bien supérieurs, répand partout sa vie dans notre monde puis, marée prodigieuse, s’en retourne et reflue vers sa source. Le courant s’avance, il s’allonge en ondulant et le son qui l’accompagne ressemble au murmure de la mer ; seulement ce murmure s’unit à un chant de
triomphe immense, éclatant, ininterrompu — la musique même des sphères célestes. Impossible d’oublier complètement cet hymne glorieux chanté par la nature, même après l’avoir une seule fois entendu ; il retentit, comme en sourdine, jusque sur notre triste, notre illusoire plan physique et rappelle sans cesse la puissance, la lumière et la splendeur de la véritable vie qui règne là-haut.
Si Tobservateur est pur de cœur et d intelligence, s’il est arrivé à un certain degré de développement spirituel, il peut s identifier, en conscience, avec la marche de cette vague merveilleuse, immerger en quelque sorte son esprit en elle et se laisser emporter par le courant vers sa source. Il le peut, ai-je dit, mais ce n’est pas prudent; à moins que son Maître ne Se tienne auprès de lui pour le soustraire à temps à cette attraction puissante. Autrement le courant, dans sa force irrésistible, l’emporterait plus loin, plus haut, vers des plans encore plus exaltés, dont son Ego ne saurait soutenir encore les splendeurs infiniment plus vastes ; il perdrait connaissance, sans qu’il fût possible de dire quand, où, ni comment il redeviendrait conscient. Il est vrai que l’objet suprême de l’évolution humaine est l’unité; mais l’homme doit atteindre ce but final, pleinement et parfaitement conscient, comme un roi victorieux prend triomphalement possession de
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son héritage; il ne faut pas quhl se laisse passivement absorber, réduit à un état d’inconscience inerte et touchant de près à l’annihilation.