‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 12 sur 81 · III. Vue d'ensemble des causes de la guerre · texte numérisé non relu

III. Vue d'ensemble des causes de la guerre

Si le phm pangernianiste constitue incontestahloinent la cause lointaine et principale de la uuerre, celle ci a été déclancliée par Guillaume II, en août 1914, pour des causes immédiates et secondaires qu'il faut bien connaître pour avoir une vue claire des événements.

Jusqu'en 19H, date à laquelle parut le proo:ramme d'annexions de Tannenberg-, tous les grands événements antérieurs avaient favorisé les visées de Guillaume II. mais, à partir de 1912,

des événements nouveaux vinrent brusquement créer des obstacles extrêmement sérieux et tout à fait inattendus à la réalisation du plan pangermaniste. En 1912, l'Italie conquit la Libye aux dépens de la Turquie, malgré la volonté de Berlin. En 1912 encore, la Grèce, le Monténégro, la Serbie et la Bulgarie s'unirent contre Fempire otioman, encore malgré la volonté de Berlin. Contrairement aux précisions de V état-major du Kaiser, les Balkaniques battirent les Turcs. Ces derniers étant soutenus par l'Allemagne, il en résulta pour celle ci une humiliation profonde. Alors pour faire obstacle à la fondation d'une confédération balkanique viable, — c'est-à-dire constituée sur le principe d'un juste équilibre, — Vienne et surtout Berlin exploitèrent les tendances bien connues du Tsar Ferdinand à établir l'hégémonie bulgare sur la péninsule. Les incitations germaniques déterminèrent ainsi les Bulgares à attaquer le 17 juin 1913 leurs alliés : les Serbes et les Grecs. Mais les cab'uls du Kaiser furent encore déjoués. La Roumanie, échappant, pour la première fois, à la tutelle allemande, intervint contre la Bulgarie aux prises avec ses anciens alliés et assura sa défaite. Or, le nouvel état de choses qui résulta du traité de Bucarest du 10 août 1913 constitua brusquement un obstacle formidable à la réalisation du

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Le IraiU' do Huraiesl créa dans la [K'ninsulr drux groupes d'IîlUils bien nellemenl opposés. Le premier fut formé par les mécontents et les vaincus des {guerres balkaniques : la Bulgarie et la Turquie. Le second s^roupe fui constitué par les bénéliciaires et les satisfaits : la Koumanie, la Serbie, le Monténégro et la Giëce. Ces quatre Ltats, constatant que leurs intérêts vitaux avaient été rendus étroitement solidaires par les acquisitions territoriales qu'ils venaient de réaliser aux dépens des mêmes adversaires avaient, en fait, mis en comnmn toutes leurs forces pour assurer le maintien du traité de Bucarest qu'ils considéraient comme inlanp:ible. D'autre part, celle division Irbs nelle des Etats balkaniques en deux j^roupes aux intérêts radicalement opposés réagissait profondément sur la politique générale européenne. Si par la force même des événements, la Turquie et la Bulgarie, les vaincus de 1912 et de 191 3 étaient devenus les deux points d'appui du germanisme dans les Balkans, par conUe la Roumanie, aussi bien que la Serbie, le Monténégro et la Grèce, en raison des acquisitions qu'ils venaient de réaliser, contrairement aux eues de Berlin et- aux dépens de la Turquie déjà liée à P Allemagne, incli-

naient de plus en plus vers la Triple-Entent(

LA BARRIERE ANTIGER^ANIQUE

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