‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 14 sur 81 · I.K l'I.AN PANGERMANISTK t · texte numérisé non relu

I.K l'I.AN PANGERMANISTK t

testahlemoU le pivot du nourri tu/idliltrc balkanique. On rtsolut donc de la détruire sans délai rn déchaînant en même temps la conflagration européenne afin de réaliser du tn^me coup le plan de 19 n

Le traité de Bucarest est du 10 août l'JlIi. Or, ••'est le G novembre 1913, pendant le séjour du ['oi Albert de Belgique à Potsdain que le Kaiser annonça à ce dernier que la guerre avec la France était à ses yeux « inévitable et procbaine ». (V. Baron Beyens, L'Allemagne avant la guerre, p. 24.)

Il résulte de cet ensemble que si le traité de Bucarest, par ses conséquences, était désastreux pour les visées pangermanistes, par contre, il était extraordinairement avantageux pour les puissances de la Triple-Entente, puisqu'il avait rangé de leur côté l'immense majorité des forces balkaniques. Malheuieusement, la diplomatie de l'Entente, — en raison de ses méthodes d'observation surannées qui empêchèrent ses agents de croire au plan pangermaniste et leur interdisaient de posséder des vues générales précises sur les problèmes multiples qui s'enchevêtrent sur une zone territoriale très étendue, — n'eut

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même pas la notion de celte situation qui lui était si favorable. En eiïet, alors qu'une des causes immédiates de la guerre a été la volonté de l'Allemagne de détruire le traité de Bucarest parce^ que ses conséquences ruinaient le plan pangermaniste vers l'Orient, les puissances de la Triple Entente, une fois en guerre avec l'Allemagne, déployèrent pendant dix mois les plus grands efforts pour détruire également les conséquences du traité de Bucarest. Tel fut, en effet, le résultat de leur désir candide de satisfaire à tout prix la Bulgarie. Cette tentative inspirée par la noble pensée d'épargner aux Balkans les horreurs de la guerre, était théoriquement juste mais pratiquement irréalisable en raison de l'âpre haine des Bulgares pour leurs vainqueurs de 1913 et surtout pour les Serbes. Ce qui est sûr c'est qu'évidemment sans s'en douter, la diplomatie des Alliés a pratiijué dans les Balkans, pendant la première année de guerre, exactement la politique qu'on pouvait souhaiter à Berlin.

Les conséquences du traité de Bucarest ne furent pas désastreuses pour les ambitions pangermanistes seulement dans la péninsule balka-

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nique, rlles accentuèrent encore coimidérablenient, à ie.rtrhnv fureur de Guiliaumc IL dévolution politique intérieure de t Autriche-Hongrie (/ui, depuis plusieurs années déjà, menaçait à l'Ile seule de compromettre tous ses plans.

Malheureusement, les i«lées sur l'Autriche- Hi)ngrie qui régnaient en France, — et surtout rn Angleterre, — ont été longtemps trop imprécises pour que l'opinion publique de ces pays ail pu comprendre dbs le début de la lutte l'importance exceptionnelle pour la guerre et pour la future paix^ des populations vivant dans la monarchie des Habsbourg dont rimmen>ie majorité fait les vœux les plus ardents pour la victoire intégrale de l'Entente, car elles ne se battent contre les Alliés que contraintes par la force et l'Ilcs attendent de leur victoire leur propre libêiiition d'un joug séculaire qui leur est odieux.

Il importe donc au plus haut point de répandre dans la grande opinion publique des pays alliés des notions exactes sur les réalités ethnographiques de l'Autriche-Hongrie. On comprendra alors clairement à la fois, de quelle trahison abominable François-Joseph s'est rendu coupable envers ses peuples et comment les tendances de plus en plus nettes, avant la ijuerre, de la majorité des populations de l'Autriche-Hongrie, à un rapprochement vers la

France et l'Angleterre, tout autant que vers la

Russie, a constitué pour Guillaume II une raison capitale s'ajoutant aux autres de faire la guerre sans plus attendre.

LE PLAN l'ANdKIlM Wh

oy

Los neuf nationalités dillV-rontes qui vivoni 'l;ms la Monarchie des Habsbourg se réparlissont entre quatre races :

Germains.

Magyars

Allemands.

.MajJTvars . . .

(race spéciale d origine asiatique.)

Latins.

Slaves.

Italiens . .

Tchèques et

Roumains .

Slovaques .

Polonais. . .

Rulhènes. . .

Slovènes. . .

Serbo-Croates.

Au point de vue politique, les Allemands et les Magyars, soit au total 22 millions, s'entendent, depuis 1867, pour exercer et maintenir Thég-émonie à leur profit sur les Slaves et les Latins, ^'icn que ceux-ci comlituent la majorité des sujets de la Monarchie ptiisquils forynent un groupe de ^28 millions d habitants.

Or il faut noter, — et ceci est capital à retenir, — que les chiirres que je cite sont des chilfres faux parce que ce sont ceux des statistiques officielles

LE PL\N l'ANGERMANlSTE

établies à Vienne et à Budapest par des fonctionnaires allemands et magyars qui ont l'ordre, en employant divers procédés de truquage, de fausser systématiquement la vérité statistique au profit de leurs races afin de contribuer, par cet artifice, à maintenir le plus longtemps possible l'hégémonie exercée par celles-ci. En réalité, il y a en Autriche-Hongrie beaucoup moins de '24 millions d' Allemands et de Magyars et beaucoup plus de SS millions de Slaves et de Latins. Ce qui est certain encore c'est que Slaves et Latins sont opprimés en Autriche-Hongrie depuis des siècles de la façon la plus abominable par une noblesse féodale qui détient d'énormes propriétés foncières et qui exerce dans l'empire des Habsbourg, au détriment des masses démocratiques, une influence sociale aussi néfaste que les Junkers en Prusse.

Tous ces Slaves et ces Latins, — sauf la noblesse polonaise de Galicie et un petit groupe de Ruthènes qui, depuis 1867, ont lié partie avec les Allemands, — font, surtout depuis trente ans, les efforts les plus tenaces pour obtenir, conformément à la justice moderne, des droits politiques proportionnels à leur nombre et conquérir ainsi dans la Monarchie la majorité de droit qu'ils possèdent en tant que chair vivante taillable et corvéable à merci. Ces tendances

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