‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 20 sur 81 · I.l. iM.A.N l'AX.Kini ANISTE 'J · texte numérisé non relu

I.l. iM.A.N l'AX.Kini ANISTE 'J

à j)t'u près selon une lig^ne tirée du sud de 13ell'ort à rembouchure de la Somme. C'est-à-dire, on ce (jui concerne la France, sur un territoire englobant environ o0.271 kilomètres carrés qui, avant la guerre, renferniait 5.708.000 babitants.

Toujours en ce qui concerne la France, les annexions prévues, dans la conception des pangermanistes, devaient produire un double effet.

1 ' En faisant passer à l'Allemagne les régions françaises les plus riches, au point de vue industriel et minier, la Germanie réaliserait un énorme butin.

2^" En privant la France de ses déparlements les plus productifs, qui paient la part principale des impôts, qui contiennent les éléments miniers indispensables à la vie économique, ce qui resterait de la France serait par là même dans l'impossibilité absolue de se relever et de redevenir une puissance pouvant, en quoi que ce soit, contrecarrer les volontés ultérieures de l'Allemagne.

Quelques chiffres permettent de vérifier ce point de vue avec la plus grande évidence. Au début de 1916, les Allemands détenaient 138.000 hectares du bassin houiller du Nord soit 41 p. 100 de la superficie totale exploitée en France (^337.000 hectares) soit encore environ les 3 4 de la pi^oduction française totale. Les

Allemands occupaient également 63.000 hectares du bassin de minerai de fer de Lorraine qui représente 75 p. 100 de la superficie de tous les gisements de fer exploités en France (83.000 hectares) et les 9/10" de \-d production totale. Il est clair que si cet état de choses devait être maintenu, la vie économique, donc nationale, de la France, amputée d'organes vitaux, serait rendue radicalement impossible. La France se trouverait donc placée, de fait, dans l'entière dépendance de l'Allemagne conformément aux visées pangermanistes d'avenir.

Il est encore nécessaire de constater que dans les territoires occupés par l'Allemagne à l'ouest, — comme dans tous les autres d'ailleurs, — les mesures déjà prises par les Allemands en 1916 n'étaient pas seulement des mesures militaires de défense mais des mesures à' organisation et de conservation desdits territoires. Ces mesures de conservation peuvent être classées dans les catégories suivantes :

Mesures de terrorisme appliquées à la prussienne afin de réduire les éléments récalcitrants;

Mesures de division. C'est ainsi que les Allemands s'efforcent en Belgique d'exciter par tous les moyens l'opposition entre Flamands et Wallons afin de les neutraliser les uns par les autres :

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Mesures d'administration stricte et rnjaliirt'. afin d'habituer à la doniinalion allemande par certains a vantasses d'ordre extérieur ou économique les éléments dont on s'imag^ine à Berlin pouvoir désarmer h' [)lus rapidement la résistance morale;

Mesures tendant à préparer la colonisation allemande des nouveaux territoires. Celles-ci ont consisté surtout à appliquer la théorie pangermanisle de V Evacuirtmg ^ c'est-à-dire 5» «'vacuer systématiquement les malheureuses femmes ou vieillards que l'Allemagne considère ne pouvoir lui être d'aucune utilité dans ses futures possessions. Elle trouva fort expédient, sans plus attendre, — surtout lorsque la question alimentaire s'est posée, — de se débarrasser de ces malheureux et de les mettre ainsi à la charge de l'adversaire qu'on considérait déjà comme un vaincu. C'est la théorie de ÏEvacuirung qui explique, dans une large mesure, pourquoi les autorités allemandes ont renvoyé en France la partie de la population des territoires occupés en France et en Belgique qu'elles considéraient d'après leurs enquêtes administratives comme des déchets humains sans valeur.

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Sans doute, ainsi que le démontre la carte de la page 86, l'Allemagne n'occupait pas exactement à rOuesl, au début de 1916, tous les territoires qu'elle convoitait. Calais, Belfort et Verdun notamment lui échappaient, mais il est aisé de se rendre compte qu'il ne s'en fallait pas de beaucoup.

Les territoires de l'Ouest qui devaient entrer dans la Confédération germanique du plan de 1911 comprennent :

Kilomètres carrés.

Hollande 38.141

Belgique 29.451

Luxembourg 2.586

Départements français 50.271

Soit au total 120.449

Or, le Luxembourg et la Belgique étaient entièrement occupés (sauf une parcelle de la Belgique). Si l'Allemagne devait conserver la Belgique, la Hollande, qui n'est pas occupée mais qui est géographiquement investie, serait fatalement contrainte d'entrer dans la Confédération germanique. On doit donc la considérer comme virtuellement sous la coupe de Berlin. Comme d'autre part sur 50.271 kilomètres carrés environ qu'elle voulait annexer aux dépens de la France, l'Allemagne en occupait au début de 1916, 20.300, on constate donc finalement que les

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oiinuises germaniques prévues à ioucst sur 12(1.419 kilomètres carrés s'étendaient directement ou indirectement sur 00 178 kilomètres carrés.

L'Allemagne a donc, au début de 1916, réalisé à l'ouest les occupations prévues par le plan do 1911, aux dépens de non- Allemands, dans la j>roporlion de 7(5 p. lOO ou des 3/4.

Le plan pangermaniste de 1911 avait prévu la mise hors de cause pour toujours de la Russie, en tant que grande puissance, au moyen de deux procédés :

l*" L'annexion à la Confédération germanique de territoires de l'Empire des Tsars assez étendus pour le couper de tout contact avec l'Occident;

2° La constitution aux dépens de ce qui resterait de la Russie ainsi déjà réduite d'Etats nouveaux qui devaient relever de l'obédience berlinoise.

M. Dietrich Schaefer, l'historien allemand bien connu, dans la revue Panther, assurait au début de février 1915 : « 11 nous faut absolument étendre la sphère de notre puissance surtout vers l'Est... L'immense force russe doit reculer

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derrière le Dnieper... (Cité par L'Information, 5 février 1915.)

Une brochure suédoise, attribuée au germanophile Adrian Molin, a expliqué, également au début de 1915. que l'Allemagne avec le concours de la Suède devait achever de séparer la Russie de l'Europe au moyen d'une barrière d'Etatstampons : la Finlande et l'Ukraine. Or, depuis vingt ans surtout, en effet, les agents pangermanistes se sont efforcés de préparer le soulèvement des 20 millions de Petits-Kussiens qui vivent dans les gouvernements russes groupés autour de Kiew. Enfin les régions musulmanes russes (Caucase, Asie centrale, etc.), devaient constituer des Etats particuliers relevant de la suzeraineté turque et pai- ce canal subir l'influence allemande.

Tels sont les moyens étudiés à Berlin pour obtenir l'anéantissement de la Russie, en tant que grande puissance, une fois que ses armées eussent été détruites, ce qui, peut-être, aurait pu avoir lieu si l'intervention anglaise, en permettant la résistance de la France, n'avait pas enlevé à l'Allemagne la faculté de concentrer, une fois la France anéantie, toutes ses forces contre l'empire des Tsars, conformément au plan du grand état-major de Berlin.

LE l'LAN l'AN(itUMANISTE

LES PRETENTIONS ALLE/AAN DES A LEST (Début de 1316)

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I mm Front des Armées Austro- Allemaiidesla • sLiniile der. prétentioiis Allemandes en Russie

En ce qui concerne les annexions que l'Allemagne songeait encore au début de 1916 à réaliser aux dépens de la Russie, le mémoire du 20 mai 1915 au Chancelier de l'Empire, bien qu'il s'efforce d'employer des formules destinées à voiler l'étendue des prétentions pangermanistes, se rencontre comme tendances avec le programme de Tannenberg publié en 1911.

« Pour ce qui est de VEst, dil ce mémoire, la considération qui doit nous diriger est celle-ci : donner à la grande augmentation de puissance .; industrielle que nous attendons à l'Ouest, un contrepoids par l'annexion dun territoire agricole situé à rEst et qui soit de valeur semblable...

« Il est nécessaire de renforcer la base agricole de notre économie nationale; il faut rendre possible une colonisation agricole allemande de grande envergure^ ainsi que le rapatriement en pays d'empire de paysans allemands vivant à l'étranger, notamment en Russie et actuellement mis hors la loi ; il faut enfin accroître fortement le chiffre de nos nationaux capables de porter les armes; tout cela exige une extension considérable des frontières de l' Empire et de la Prusse vers l'Est par rannexioîi d'au moins certaines parties des provinces baltiques et de terintoires situés au sud de celles-ci, sans perdre de vue qu'il faut aussi rendre possible la défense militaire de la frontière allemande orientale...

« Pour ce qui est des droits politiques à accorder aux habitants, des nouveaux territoires et des garanties à prendre en faveur de l'influence et de l'économie allemande, noiis nous référons à ce que nous avons dit au sujet de la France. L'indemnité de guerre à, exiger de la Russie devra, dans une large mesure, consister en ces-

LK l'I.AN l'ANtiËilUAMSiK 99

^/(*/^^ icntioriales. » (V. Le Temps, l2aoùl 11)1;».) Dans son discours du il décembre lîHo, le V Cliancelier de Guillaume II a laissé sous-entendre dans une phrase significative que telles tétaient bien les prétentions de l'Allemagne.

« Nos troupes, at-il dit, prennent, avec les armées austro- hongroises, des positions de défense très fortifiées et situées bien loin sur le territoire russe. Elles sont pnHes à reprendre leur marche en avant. »

De même que dans l'Ouest, toutes les mesures que les Allemands ont prises dans l'Est ont été des mesures non pas seulement de défense mais d'organisation en vue de garder les territoires occupés. Ces mesures relèvent des divers ordres que j'ai signalés p. 1)2.

Avec les Polonais, les Allemands emploient la même tactique qu'avec les Flamands de Belgique. Les autorités prussiennes après avoir terrorisé les Polonais leur ont accordé, au point de vue de l'usage de leur langue dans l'enseignement, des facultés constituant des avantages par comparaison avec l'état de choses antérieur résultant du détestable régime bureaucratique russe qui, avec un manque absolu de clairvoyance, compromettait en Pologne, par ses mesures tracassières, les intérêts véritables de l'Empire des Tsars. Les Allemands ont favorisé encore dans

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l'Est la culture, les semailles. Ils ont construit des voies ferrées et des routes. Sans doute, ces mesures ont été prises avant tout dans l'intérêt allemand. Il est bien certain que les avantages concédés aux Polonais ne peuvent être considérés que comme momentanés. Le régime prussien, appliqué en Posnanie depuis si longtemps, le prouve assez. Les Allemands se sont flattés cependant, par ces procédés, d'influencer en leur faveur certains éléments polonais qui s'imaginent, avec une insigne naïveté, que l'Allemagne va reconstituer pour la doimer aux Polonais une Pologne de 20 millions d'habitants aux dépens de la Russie. C'est dans ce but que Berlin a songé à proclamer l'autoriomie de la Pologne. Mais en même temps, l'Allemagne compte y établir le service obligatoire afin d'utiliser les recrues polonaises môme par la force, comme les Slaves d'Autriche -Hongrie, dans l'intérêt de la Pangermanie.

Au point de vue territorial les prétentions pangermanistes du plan de 1911 à l'Est sont résumées dans le tableau suivant. (V. la carte p. 97.)

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Kilomèirea CArn^t. llabiUuit*. '

Les 10 gouvernements de la Pologne russe. . . 127.320 12.467.000

\a's 3 provinces biillitiues (Kslhonie. Livonie.

Courlande) 94.504 2.686.000

Les 3 gouvernements russes au sud des provinces luiliiques (Kovno. Vilna. Grodno) 121.840 5.728.000

Soil au total. . . . 343.724 20.881.000

Or, au début de 1916, sur ces 343.724 kilomètres carrés, ainsi que la carte permet de s'en rendre compte, les Allemands en occupaientenviron 260.000. Ils avaient donc réalisé à l'Est le plan de 1911, aux dépens de populalions non allemandes, dans la proportion de 75 p. 100 soit des :V4.

Les zones d'influence absolue directes ou indirectes que l'Allemagne, conformément au plan pangermaniste de 1911, a prétendu s'assurer au sud et au sud-est de ses frontières actuelles visent trois groupes de territoires bien distincts : l'Autriche-Hongrie, les Balkans et la Turquie. 11 convient donc d'examiner l'état, au début de

1916, de l'action allemande dans chacun de ces trois groupes séparément.

1° Autriche-Hongrie ,

Qu'on ne s y trompe pas, l' Autriche-Hongrie

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