LE PLAN 1'AN»;KHMANISTE 1 2'J
*1 iiuci', mais « à la cundition que des traités, peutêtre aussi des gages, rendent impossible la rvjièlition des èvniemvntsde 1914 ». Losdépark'iiu'nls français occupés seraient sans antre rendus à la France, mais « quelques pr///<- n( lifications de frontihes seraient peut-être son/m //rrs dans f intérêt des deux parties ». (V. Le .lomnal de Genève. 29 décembre 191;».) Si, par hypothèse, les Alliés faisaient la faute énorme de discuter de la paix sur des hases aussi cauteleuses, l'Allemagne toujours retranchée derrière ses fronts rendus à peu près infranchissables finirait par dire aux Alliés : « Je ne suis pas d'accord avec vous. Après tout, vous ne pouvez pas prétendre que jt'Nacuc «les Icrriloires dont vous êtes impuissants à me chasser. Si vous n'êtes pas contents roiilinuez la guerre ». Comme pendant les néo^ocialions tout le nécessaire aurait été fait par les agents allemands pour accentuer la détente morale chez les soldats du pays allié le plus fatigué de la lutte, l'énorme machine militaire de l'Entente ne pourrait plus être remise en mouvement dans son ensemble. 11 en résulterait . la rupture, en fait, de la coalition antigermanique et finalement la conclusion de la paix à peu près sur la base des occupations actuelles. Le but de Berlin serait ainsi atteint.
Enfm, quand « le coup de l'armistice » aura, lui
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aussi, échoué et que ]a situation de J'Allemagne se sera encore aggravée, on assistera à l'ultime manœuvre berlinoise. Les pétitions contre les annexions territoriales se multiplieront outre- Rhin; elles seront sous-main favorisées par le goiicernement de Berlin qui finira par dire aux Alliés : « Finissons de nous entre-tuer. Je suis tout à fait raisonnable, j'abandonne mes prétentions sur vos territoires occupés par mes armées. Traitons de la paix sur la base de « la partie nulle ». »
Le jour où cette proposition sera faite, les Alliés se trouveront en face de la plus astucieuse des manœuvres berlinoises, du piège allemand le plus redoutable. C'est à ce moment que la ténacité, la clairvoyance et la solidarité des Alliés devront se manifester avec un particulier éclat. Pour en établir l'extrême nécessité, dans cette hypothèse, il faut déjouer par avance la manœuvre allemande en montrant nettement au cours du chapitre suivant que « le coup de la partie apparemment nulle », s'il réussissait, dissimulerait, en réalité, un formidable succès pour l'Allemagne et une catastrophe irrémédiable pour les Alliés et pour la liberté du monde.
CHAPITRK V