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V. Conséquences mondiales de la réalisation du Ham

bourg-Golfe Persique.

Si les Alliés veulent vraiment, comme leurs gouvernements l'ont maintes fois proclamé, en unir avec le péril du militarisme prussien, il leur faut voir résolument les choses comme elles sont, même quand elles sont peu agréables pour leur amour-propre. Ils doivent donc se pénétrer de cette idée que la réalisation du plan pangermaniste a été basée pour une bonne part sur l'ignorance que Berlin savait exister avant la guerre dans les pays aujourd'hui alliés sur l'aspect entièrement nouveau donné par le travail

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pangermaniste et le mouvement des nationalités, dans les dernières années, à tous les problèmes politiques des Balkans et de l'Autriche-Hongrie. On ne saurait en douter, cette ignorance des Alliés avait été aussi minutieusement étudiée et évaluée que leurs lacunes militaires et la conviction qu'ils ne comprenaient pas « ce qu'il fautdrait faire » a certainement contribué à décider Berlin à déchaîner la guerre.

Or, le coup de «la partie nulle », suprême ressource du gouvernement de Berlin, est une nouvelle spéculation faite par lui sur l'ignorance des Alliés en matière de réalités extérieures.

Le coup de « la partie nulle » sera basé sur le raisonnement suivant qu'on fait certainement à Berlin. « Les diplomates alliés n'ont saisi ni notre plan ni notre organisation pangermaniste bien qu'elle ait exigé vingt années de préparation. Les diplomates alliés n'ont compris ni le véritable état des Balkans au lendemain du traité de Bucarest, qui leur était cependant si favorable, ni l'importance des forces balkaniques sur Fissuedela guerre. Or, les diplomates alliés et l'opinion publique de leurs pays sont encore

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bien moins informés «les réalités de l'Aulriche- Hoiij^rie qu ils ne l'étaient de celles des Balkans. En France et surtout en Angleterre, une notable partie de l'opinion publi(jue continue à penser que rAutriche-Honirrie est un pays en majorité allemand dont la réunion plus ou moins formelle ù l'Empire est naturelle et quasi inévitable. Donc, si nous sommes contraints de céder à l'Est et à l'Ouest, avec un peu d'habileté, nous avons encore des chances de réaliser, sans que les Alliés en comprennent le danger futur pour eux, la troisième partie de notre plan pangermaniste, c'est-à-dire sa partie principale, celle visant le Sud et le Sud-Est, symbolisée par la formule : Hambourg-Golfe Persique. »

En effet, le coup de « la partie nulle » ne tend rien moins qu'à ce résultat. Il faut bien avouer que le raisonnement allemand qui vient d'être résumé ne manque pas de fondements car jusqu'à présent des journaux alliés ont publié sur TAutriche-Hongrie des articles décelant une méconnaissance complète des réalités et ont ainsi favorisé à leur insu la thèse pangermaniste relative à l'empire des Habsbourg.

Dans la presse alliée également, l'expression « partie nulle » est employée couramment pour désigner le cas oii l'Allemagne serait considérée comme vaincue du fait de l'évacuation par elle

des territoires occupés à l'Est et à l'Ouest, sans qu'on ait encore signalé avec la précision indis-

pensable que cette partie soi-disant nulle ne serait pas nulle du tout puisqu'elle permettrait à

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