LE NŒUD DU PROBLÈME UNIVERSEL
I. Obligations que la menace du Hambourg-Golfe Persique impose aux Alliés.
U. L'importance capitale de la question d'Autriche- Hongrie.
111. Tous les éléments ethnographiques nécessaires à la destruction du plan pangermaniste existent en Europe centrale.
Maintenant qu'ils ont pu mettre la main sur les 9/10 des territoires convoités par eux (V. p. 112), les Allemands ne céderont qu'à la dernière extrémité. Maximilien Harden l'a nettemont déclaré. « Tous: les ïnoyem seront employés (ver e/ith(U/^/(is?)ie contre ses ennemis par le ficuplc allentititd. Xous eu reviendrons aux l'poques sauruf/rs où l'iwmnie était un loup pour l'homme. » Cité par Le Temps, 9 février 1916.)
En face d'une résolution aussi absolue de la part des Allemands de réaliser à tout prix leur
176 LE PLAN PANGEUMANISTE
plan de domination universelle, dont le Hambourg-Golfe Persique est l'armature nécessaire mais suffisante, la destruction bien réelle du militarisme prussien s'impose plus que jamais. Seul ce résultat pourra récompenser les sacrifices des admirables « poilus » des armées alliées. S'ils sont décidés à tenir tant qu'il faudra, ce n'est pas pour conquérir la gloire militaire; c'est pour avoir la certitude que « cela ne recommencera pas », que leurs enfants ne connaîtront pas des horreurs semblables à celles de la lutte infernale déchaînée par l'Allemagne prussianisée.
Les Alliés sortiront certainement vainqueurs de cette guerre formidable mais à la condition que désormais la lutte soit guidée d'après l'enseignement des faits acquis. Ces faits essentiels procèdent des éléments géographiques, ethnographiques, économiques, stratégiques constitutifs du plan pangermaniste de 19i I momentanément réalisé ; or, ces faits acquis démontrent que les Alliés n'ont pas la possibilité de se contenter d'une demi-victoire, que seule une victoire intégrale peut les garantir contre tout retour oiïensif, après la paix, du militarisme prussien.
Les constatations suivantes paraissent justifier solidement ce point de vue.
« Si en France, a déclaré llai'den, on croit que
LK l'LAN l'ANtiEUMANlSlE 1 - .
h> ivlaliiisseiiiont de la paix n'est possible (jue par la reslilulion de l' Alsace-Lorraine el si la nécessité tiot/s ohHfjr à si>/ner une telle paid\ les 70 millions d'Allemands la déchireraient bientôt. » (Cité par Le TempSy Ofévrier 1916.) Est-il un seul Frant^ais raisonnable qui voudrait recouvrer l'Alsace-Lorraine dans des conditions telles (ju'il faudrait faire ensuite d'incessants et épuisants efforts militaires pour la conserver? Évidemment non. La rétrocession de T Alsace-Lorraine n'aura de valeur pour la France que lorsque l'anéantissement du militarisme prussien lui en garantira la légitime et paisible possession. Or, comme je crois Tas'oir démontré, il soraif impossible de compter sur cette sécurité si la France laissait Berlin réaliser le Hambourg-Golte Persique qui donnerait à l'Allemagne des moyens surabondants de lui reprendre, après un court répit, r Alsace-Lorraine.
La nécessité impérieuse d'échapper à la ruine financière oblige encore les Alliés à la victoire intégrale. En effet, seule celle-ci leur permettra d'éviter la plus atroce misère pour les Etats alliés comme pour leurs citoyens. Les dépenses fantastiques qu'exige la guerre en cours font que celle-ci est séparée par un abîme, au point de vue financier, de toutes les guerres précédentes.
Après 1870, l'État a pu rétablir relativement
LE PLAN PAISGERMANISTE
très vite sa situation et les particuliers ont pu dès le lendemain de la paix faire prospérer leurs affaires malgré les malheurs de la patrie. Mais après cette guerre aciuelle, si les Alliés n'avaient pas la victoire intégrale, les Etats comme les particuliers alliés (voir p. 146) se trouveraient aux prises avec des difficultés pécuniaires à peu prës inextricables. Les répercussions économiques infinies qui résulteraient d'impôts écrasants, impossibles à percevoir régulièrement et durablement seraient telles que les Etats et la plupart des particuliers alliés se verraient réduits à l'impuissance et partant à la misère. C'est cependant bien là la situation qui serait celle des pays alliés si l'Allemagne réalisait le Hambourg-Golfe Persique puisque cette solution lui conserverait son énorme butin de guerre et lui permettrait de mettre la main sur des richesses considérables. (V. p. 142.)
Or, ne serait-il pas d'une iniquité suprême que les peuples de France, de Russie, d'Angleterre, d'itahe, fussent réduits pour des dizaines d'années à une prodigieuse misère parce qu'il a plu à l'exécrable ambition des Hohenzollern de vouloir réduire l'Europe en esclavage?
La victoire intégrale seule peut sauver les pays alliés de la ruine financière parce que, quoiqiien disent certains, l' Allemagne pourra