II. PLAN PANGEHMAMSi'ii
Uuljiîuio ce qui est niainlenant le sud de la St'ibie. On oublie (ju'en 1S7K les éludes ethnographiques sur rKrnpire ollonian étaient encore inexistantes et qu'à cette époque les Hussesetles Anglais, pour des motifs différents, avaient tendance à considérer volontiers comme Bulgares, sans contrôle ni distinction, îi peu près tous les habitants de la Turquie d'Europe. Les Russes, 9/// (ilor:: visaient à s'établir ultcrieurement dans les lialkanSy étaient incités par ce point de vue à considérer les Bulu:ares comme extrêmement nombreux. Quant aux Anglais, enllammés par les éloquentes Bulgarian atrocities de Gladstone, ils ne songeaient, fort généreusement d'ailleurs, (ju'à libérer du joug turc le plus de chrétiens possible, qu'en Macédoine on qualifiait alors sans distinction de Bulgares.
Quoi qu'il en soit, c'est seulement après San- Stefano que les études ethnographiques un peu sérieuses de la Macédoine ont commencé. Encore convient-il d'ajouter que la plupart des écrivains qui ont écrit sur ce sujet ont puisé leurs renseignements non dans des enquêtes sur place mais à Belgrade, à Athènes et à Sofia. Dans ces trois centres, on leur a donné des statistiques minutieuses, fort bien imprimées, d'apparence convaincante mais dont les résultats sont aussi contradictoires qu'il est possible. Pour ma part,
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j'avoue n'être arrivé à une idée relativement nette de l'ethnographie si compliquée de la partie de la Macédoine considérée qu'à la suite de mon enquête de 1914, non plus dans les capitales balkaniques mais sur place, notamment à Uskub, à Prizrend, à Prichtina, à Monastir, à Okhrida et à Strouga,
Cette enquête faite six mois avant la guerre m'a amené aux constatations suivantes. La Macédoine serbe contient deux groupes bien distincts de population.
1" L'un est formé de Turcs, d'Albanais, de Koutzo-Valaques ou Roumains, de Grecs, de Juifs et de Tziganes qui se trouvent disséminés dans tout le pays.
2° Le second groupe est constitué par les Slaves macédoniens.
En l'absence de statistiques offrant des garanties, il est impossible de dire lequel de ces deux groupes est numériquement le plus fort. Ainsi, à Uskub, les Turcs et les Juifs seuls étaient estimés comme aussi nombreux que les exarchistes, c'est-à-dire ceux qui, fréquentant les églises et les écoles de l'exarchat bulgare, étaient considérés comme Bulgares.
Mais ce qui est bien certain c'est que les Serbes et les Bulgares se trouvent dans le second groupe de la population, celui des Slaves