‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 51 sur 81 · I.K i'LAN i'ANGfclUMAiNlSTfc: H'J · texte numérisé non relu

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maiMnlonicns. Or ce groupe comprend lui-même (juiUre fractions : les Serbes d'originr, les Bulgares d'origine, ies Serbes « llotlants » et les Bulgares « lloltants ». Les deux fractions « flottantes » semblent ôtre numériquement plus importantes que les deux fractions d'origine. Cette expression singulière de «flottante » est justifiée par l'explication suivante. En 1870, les Bulgares de Macédoine, alors sujets ottomans, obtinrent du Sultan d'être considérés, au point de vue religieux, comme dépendant non plus comme auparavant de l'église ortbodoxe grecque, mais d'une église séparée et autonome, l'exarchat bulgare, dont le siège fut fixé à Gonslantinople. Les Bulgares de Bulgarie, qui se rattachèrent également à la nouvelle église, profitèrent de l'état de choses résultant de cette création pour organiser en Macédoine, sous la direction et avec le concours (le l'exarque bulgare. M''"" Joseph, qui résidait à Constantinople et était sujet ottoman, une propagande d'apparence religieuse mais qui, en réalité, avait pour objet de gagner à la cause nationale bulgare le plus possible de Slaves macédoniens. Ceux-ci étaient alors des paysans très pauvres, opprimés par les Turcs depuis des siècles et le plus grand nombre d'entre eux n'avaient aucune conscience d'appartenir à une nationalité particulière. La propagande exarchiste

bulgare se heurta en Macédoine à la propagande grecque et un peu plus tard à la propagande serbe qui, dirigées d'Athènes et de Belgrade, avaient un objectif identique. Ces trois propagandes employèrent en Macédoine les moyens les plus divers : argent, écoles, procédés terroristes, pour conquérir des Slaves macédoniens nationalement encore indéterminés à la cause nationale bulgare, à la cause nationale grecque, à la cause nationale serbe.

Ces propagandes aboutirent bien souvent à des résultats extravagants qui en démontrèrent le caractère artificiel. Ainsi, avant la guerre européenne, on voyait dans beaucoup de villages macédoniens trois frères dont l'un se disait grec, l'autre serbe, et le dernier bulgare. Parfois, sous l'effet des pressions dont ils étaient l'objet, leurs convictions nationales respectives changeaient et c'était alors le Serbe qui se disait Bulgare ou inversement. L'expression employée plus haut de « Serbes et de Bulgares flottants » est donc bien justifiée. Il est toutefois incontestable que la propagande serbe ayant commencé en Macédoine environ quinze ans plus tard que la propagande bulgare avait recruté moins d'adhérents « flottants » que la propagande bulgare parmi les Slaves macédoniens indéterminés. Les deux éléments constitutifs du groupe bulgare deMacé-

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«loine, lUilgarewS d'orig-int» incontostahle et Bulgares « lloltanls » oui d'ailleurs une répartition i;é()f^raplii(iuo relativement définie. Quoique mélangés à des éléments turcs, les habitants de la région (le Kotchana et d'Istip (Slip en serbe), donc sur la rive gauche du Vardar et limitrophe de la Bulgarie (v, la carte, p. 216) sont, pour la plupart, des Bulgares d'origine incontestable. Si, lors du traité de Bucarest, les Serbes ont réclamé ces régions de relief montagneux c'était pour des motifs stratégiques afm de pouvoir assurer la défense du chemin de fer, vital pour eux qui. passant par la vallée du Vardar relie Belgrade, Nich et Uskub à Salonique. La guerre actuelle a prouvé que ce point de vue n'était pas sans juslilication.

Par contre, sur la rive droite du Vardar, donc dans la plus grande partie de la Macédoine serbe, les éléments bulgares authentiques ou flottants sont plus ou moins disséminés parmi tous les autres éléments ethnographiques. Assurément, il y a à l'ouest du Vardar des Bulgares d'origine fort ancienne et incontestable. Un certain nombre venus de ces régions exercent même en Bulgarie une influence politique prédominante. Ainsi le général Boyadjeff est né à Okhrida, M. GhenadiefT est né à Monastir. Mais ces Bulgares d'origine sont certainement une

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minorité dans l'ensemble ethnographique macédonien. Ainsi à Monastir, sur 60.000 habitants, il y avait, en 1914, environ un tiers de Bulgares. Autour de Monastir et d'Uskub, on trouvait bien des villages habités presque entièrement par des Bulgares, mais à côté de ces villages il en était d'autres formés par des nationalités macédoniennes différentes (Serbes, Roumains, etc.).

Quant aux Bulgares « flottants », après cinq mois seulement d'occupation serbe consécutive au traité de Bucarest, déjà beaucoup se disaient serbes. Par exemple, le maire serbe de la petite ville de Strouga était du temps des Turcs l'ancien directeur de la propagande bulgare dans la région de Strouga. Les cas analogues étaient extrêmement nombreux. Les Bulgares de Sofia ne pouvant nier ce passage en masse au serbisme d'anciens Bulgares dus à la propagande de l'exarchat, prétendaient que cette évolution était la conséquence du régime de fer et de sang employé selon eux parles Serbes pour assurer leur domination en Macédoine. Cette affirmation ne me paraît pas défendable. J'ai parcouru la plupart des routes de la Macédoine serbe en hiver (janvier 1914), accompagné seulement d'une ou deux personnes. J'ai croisé bien souvent des soldats serbes qui, quittant leurs garnisons de la frontière albanaise, allaient en permission dans la Serbie du Nord.

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