M.AN rA.Ni.l.UMA.M.Ml. .Ll
ijiiiiiul elU" aura définitivemont laissr passer l'heure de s'y souslraire
Le traité secret, dont Le Tr//tps du 2\) lévrier i016 a dévoilé la négociation entre le Kaiser et le tsar b'erdinand, donnerait à celui-ci la certitude de parfaire ultérieurement son plan d'hégémonie Imlgare. Mais ce Iraitéu liaiil le sort de la Bul- !;arie à celui de l'Allemagne, militairement, • •conomiquement et poliliquemenl, la Bulgarie l'utrerait dans la Confédération germanique ». Donc, finalement, toujours conformément au plan de 19H, la Bulgarie servirait de large pont entre la Confédération germanique de l'Europe < cntrale et la Turquie prussianisée.
Celte nouvelle récente achevé de démontrer tomment et sous quelle forme le plan d'hégénjonie bulgare se relie étroitement au plan pangtM inaniste de domination mondiale.
11 semble bien que l'évidence des faits accomplis amène les Grecs à constater maintenant que si les Alliés ont commis des fautes dans les Balkans, — d'ailleurs par excès de candeur, par méconnaissance des facteurs psychologiques et avec les meilleures intentions du monde, — le gouvernement d'Athènes s'est également trompé
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dans les derniers mois sur le plus sûr procédé de sauvegarder les intérêts helléniques.
D'après son traité d'alliance avec la Serbie, du 16/29 juin 1913, la Grèce devait venir en aide à son alliée au cas où celle-ci serait attaquée par toute tierce puissance . Ce texte était clair. Il est inutile d'épiloguer à son sujet car, môme sans traité, la nécessité vitale pour la Grèce de ne pas laisser les Bulgares rompre à son détriment l'équilibre balkanique et s'interposer entre la Grèce et la Serbie commaridait au gouvernement d'Athènes de ne pas laisser écraser la Serbie. Or, comme on sait, la jonction des soldats alliés du général Sarrail avec les troupes du voievode Putnik, à la (in de 1915, a manqué de fort peu. Il est donc manifeste que si, dès le débarquement des Alliés à Salonique, la Grèce avait uni ses efforts aux leurs, la Serbie, à peu près certainement, aurait été sauvée. C'est ce que comprenait fort bien M. Venizelos et une grande partie de l'opinion hellénique mais c'est ce que le roi Constantin n'a pas voulu admettre. L'histoire établira si en cette circonstance si grave pour son pays sa qualité de beau-frère du Kaiser n'a pas grandement nui au jugement du roi des Hellènes. Ce qui est sûr, c'est que l'attitude du roi Constantin ne s'explique pas encore rationnellement et que sa pohtique a soulevé les
Lfc i'LAN t'A.Ni.l.ltMAM.-
inolcslul ions dos colonies lielléni(jucs à It'trangjM- ([ui, »''l;iiit lilut's (If parler, dans un appel rédigé par leurs congrès, en février 1016, ont déclaré :
« En nous conjplaisant dans une neutralité inconcevable qui provo(jue la dérision, nous courons le danjçer non seulement de ne jamais voir réaliser les aspirations que nous ont léguées nos pères mais aussi de compromettre notre iiulépendance... » Gilé par Le Temps, 20 février 1916.)
La véhémence de ces protestations s'explique car, du fait même de la politique suivie depuis tiuelques mois par le gouvernement d'Athènes, la Grèce se trouve désormais en présence de problèmes vitaux quelle doit absolument solutionner sans tarder si elle veut assurer son avenir.
La carte ci-contre, — qui rappelle l'état de la Grèce avant et après les guerres balkaniques, — va peruiellre de saisir les intérêts essentiels que la Grèce a à défendre.
La Grèce s'est toujours préoccupée au plus haut point des nombreux Hellènes vivant en Orient en dehors de son territoire. Elle voudrait ou les récupérer ou du moins leur assurer une existence possible.
Ces Hellènes se trouvent dans les régions ethnographiques quadrillées sur la carte que j'ai exactement reproduites d'après la carte n° 2 de
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l'Atlas pangermaniste de Paul Langhans, édité
Gotha chez Justus Perthes, en 1900. Ce sont
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donc los Pangerinanisles eux-nièiiies qui reconnaissent la présence de nombreux Grecs dans le sud de l'Albanie et surtout en Bulgarie et en Turcjuie. Sans doute, depuis les guerres halkanifjues, la densité des Grecs dans les régions ilell^nes de Bulgarie et de Turquie a subi de sérieuses niodilications. Beaucoup de ces Grecs ont été Fuassacrés soit par les Turcs, soit parles Bulgares. Sous l'elTel des persécutions turcobulgares, 500.000 Hellènesenviron ont dû, depuis 1912, se réfugier en Grt'ce. Mais les Grecs ayant des raisons d'être exactement informés estiment qu'il reste encoro environ 200. (KMI ("iit>cs sur les côtes de l'Egée do la nouvelle Bulgarie et 2:^00.000 dans l'Empire ottoman. 11 est clair que si la Bulgarie et la Turquie, grâce au concours de rAUemagae, étaient finalement victorieuses, ces 2.500.000 Grecs seraient définitivement perdus pour l'hellénisme.- Le gouvernement d'Athènes s'il veut sauver les Grecs a donc une première raison fondamentale de s'opposer vite au succès aussi bien des Bulgares que des Turcs. Or, les Grecs ottomans sont actuellement molestés de la façon la plus systématique par les séides jeunes-Turcs. D'autre part, les succès russes en Arménie produisent à Athènes, sinon sur le gouvernement du roi Constantin au moins sur l'opinion publique, une sensation profonde.
Les Grecs de Grèce connaissent trop bien la vétusté de l'Empire ottoman pour ne pas comprendre que ses jours sont comptés. La majorité de l'opinion hellène saisit que le moment approche oii en s'associant aux Alliés, adversaires de la Turquie, la Grèce doit s'assurer une voix au chapitre afm d'y faire régler à la paix, conformément aux intérêts grecs, le sort des Hellènes de Turquie qui, — la carte l'établit, — présentent ce caractère particulier d'être disséminés par petits paquets sur les côtes ottomanes sans cependant former nulle part une agglomération assez étendue pour constituer un droit incontestable à une part bien définie de l'Empire ottoman.
En ce qui concerne la Bulgarie, l'intérêt de la Grèce est double. Il consiste d'abord à empêcher au plus vite les Grecs de Bulgarie et de la Serbie envahie de continuer à être molestés, déportés, violentés et volés méthodiquement comme ils le sont présentement. Mais la Grèce a surtout un intérêt absolument vital à ce que le gouvernement de Sofia ne réalise pas son plan d'hégémonie sur les Balkans. (V. la carte p. 210.) On sait parfaitement bien à Athènes que les Bulgares convoitent Salonique et que, môme sans englober cette ville, si la Grande-Bulgarie s'étendait jusqu'à l'Albanie, la Grèce ainsi coupée au
I M (1 «lu rt'slede l'Europe par un voisin haineux il iiitransifi^eant se trouverait dans une silualion iilf nal)le niililairenïcnl eh''C()nonM(|uement. C'est t !• (langer considérable «jue montrent avec insislinco les journaux de M. Venizelos, lequel a été \ ! aiment le rédompteur de la Grèce depuis 1009. (.(»inme cette conviction est profondément ancrée dans l'àme de la quasi-tolalilé des Grecs qui ont pour les Bulgares, qu'ils considèrent comme leurs ennemis héréditaires, une aversion irréductible, il y a là à la fois une conviction réaliste et un facteur psychologique qui, selon toute vraistiublance, inclineront linalement la Grèce plus ( luore que tous les autres motifs à comprendre 11' (langer pour la Grèce de l'alliance des Buli:aros et des Allemands.
b]nrin le plan pangermaniste lui-même menace (le la façon la plus directe les intérêts de la Grèce mais c'est là une vérité, il faut le reconnaître, (jui n'est pas encore suffisamment « réalisée » par l'opinion hellénique. Il est cependant manii( sle que la Grande-Allemagne a pour objectif liual de dominer à Salonique, sinon d'abord directement, au moins par l'intermédiaire des Bulgares prussianisés. Or, la grande voie ferrée (jui partant de Vienne passe par Belgrade, Nich, l skub, Salonique, aboutit maintenant au Pirée depuis que, tout récemment, le raccordement
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vient d'être effectué par la prolongation de la ligne grecque de Larissa, de Papapouli à Guida, station du tronçon des chemins de fer de Salonique à Monastir. Grâce à ce raccordement de 96 kilomètres, une grande voie ferrée continentale vient d'être ainsi constituée qui, à la paix, aura pour la Grèce et môme pour l'Europe entière une importance économique considérable. En effet, la Grèce forme la pointe la plus méridionale du continent vers l'Orient. Alors que le trajet Atliènes-Paris exige en temps de paix normal cent heures au minimun, il n'en demandera plus que soixante par la nouvelle voie ferrée. En outre, tous les voyageurs à destination de rÉgypte et de l'Extrême-Orient, auront le plus grand intérêt à ne plus passer par Brindisi, encore aujourd'hui le plus court chemin. Le trajet maritime Brindisi-Alexandrie exige soixante-dix heures, il en suffira de seize pour aller du Pirée en Egypte. La nouvelle voie ferrée sera donc de beaucoup la préférable non seulement pour les voyageurs mais encore pour les marchandises périssables et les transports postaux. 11 est par suite incontestable qu'une partie du trafic maritime de l'Europe passera, après la paix, de Marseille et des ports italiens au Pirée. De ce déplacement d'activité économique, il résultera pour la Grèce des profits cer-
I l,K l'l,\N l>AN(;KIIMAMSrK iUS
jjlaiiist'l inijioilanls sans coinplrr (|ii'iin(' notable IVactioM (le la clienti'Io riche du coiilinent (jui cluujue année va passer plusieurs mois en Egypte, s'aiTôtera à Athènes avant de s'embarquer et fera aux ruines classiques des excursions qui, sous la forme louristi(|ue, laisseront dans le pays des prolits fort appréciables. Si la Serbie est reconstituée, la Grèce est certaine de tirer tous les profils de cette situation nouvelle. Par contre, si le plan pangermaniste sur les Balkans réussissait c'est la Grande-Allemagne qui saurait s'assurer tous les avantages de la nouvelle grande artère ferrée balkanique sur laquelle elle convoite de dominercomme ailleurs. Or, il est clair que si l'Allemagne triomphait, la mainmise économique sur Salonique, sur le Pirée et sur toute la Grèce ne pourrait pas être évitée et que, sous cette forme encore, la Grèce perdrait son indépendance.
Par conséquent, le plan pangermaniste menace tous les intérêts vitaux de la Grèce puisque son succès par voie de conséquences implique pour celle-ci : envahissement économique, ruine de l'hellénisme, et hégémonie bulgare dans les Balkans. Par contre, la victoire de TEntente seule permettra à la Grèce d'éviter tous ces dan- ■ gers. L'opinion publique hellène le comprend de mieux en mieux. En outre, dans une lettre pu-
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bliée par Le Temps le 20 février 1916, le prince Nicolas de Grèce, qui est le diplomate fort averti de la famille royale, s'est manifestement proposé d'écarter loyalement les malentendus qui ont existé entre le gouvernement d'Athènes et l'Entente. De cette lettre, il faut surtout retenir les déclarations suivantes qui, venant du frère du roi Constantin, ont une portée qui ne saurait échapper. « Il n'y a en Grèce que deux courants : l'un pousse à faire entrer la Grèce dans la lutte à côté de l'Entente, l'autre est neutraliste. lYIais personne n'a jamais exprimé l'idée qu'au cours de cette guerre nous aurions dû y participer en nous rangeant du côté des puissances centrales. La Grèce est restée neutre. Elle n'a jamais déclaré ne vouloir à aucun prix sortir de la neutralité. »
Le 9 mars, la Patris d'Athènes publiait un article du général Danglis, ancien ministre de la guerre dans le cabinet Venizelos, concluant:! « la Grèce doit sans retard procéder à la révision de toutes les classes de son armée susceptibles d'être appelées sous les armes car la Grèce sera sans aucun doute obligée d'utiliser ses forces pendant la guerre actuelle. (V. Le Temps, 10 mars 1916.1
L'allianco tle l'Alleniagno avec la Bulgarie, en raison des conséquences considérables qu'elle ^nlraînerait pour la Roumanie, est d»» nature à obliger celle-ci, en dépit de rattilmif hiniiorisa- Irice de son gouvernement, à défendre liualement ses intérêts vitaux. Ceux-ci apparaissent maintenant d'une façon de plus en plus nette. D'abord, il est certain que le plan d'bégémonie bulgare dans les Balkans (V. p. 210) est aussi peu admis par le peuple roumain que par le peuple grec. Les incidents de frontière qui se sont multipliés récemment entre Bulgares et Roumains sont des indices manifestes de l'aversion réciproque et irréductible des deux peuples. En outre, les Roumains ont été spécialement alarmés par ce qui s'est passé dans cette partie de la Dobroudja que la Bulgarie a dû céder en 1913 à la Roumanie (quadrillée sur la carte ci-contre). Les syndicats de paysans bulgares de cette région ont manifesté leurs tendances séparatistes. En outre, il a été récemment découvert que dans la Nouvelle- Dobroudja, Fespionnage bulgare était organisé, sous prétexte d'excursions arcbéologiques, par des Allemands qui faisaient ensuite parvenir aux autorités militaires bulgares des photographies
Llî PLAN PANGERMANISTE
et des relevés topographiques de haute importance. Enfin, M. Take Ionesco a fait connaître, au début de 1916 à Bucarest, que l'Allemagne
avait promis à la Bulgarie non seulement le territoire qu'elle a perdu en 1913 aux dépens de la Roumanie mais encore la Dobroudja roumaine jusqu'à [Galatz et Sulina. Depuis sans doute.,
l.K l'LAiN i'AN(.KIiMA.MMK
l!( iliri, [lar lacliqu»', a dû assurer Bucarest qu'il iimilorail les ambitions bulgares. Mais cette promisse, ressemblant fort à un ebantajj^e inspiré [Il les nécessités du moment, est sinjçulièreiiinit précaire poui" les Houmains. Ils se sentent lui'iiacés par les ambitions bulir;nes et il paraît peu (loiilciix que, dès que les (nr. instances lui paraîtront favorables, si son gouvernement ne se laisse pas « méduser » par celui de Berlin, la l^oumanie, — selon les expressions mômes de rr/</?r;w// dont les attaches officieuses avec les sphères militaires de Bucarest sont connues, — en Unira avec le péril bulgare comme « il eût fallu en Unir en 1913 ». (Cité par Le Temps, 11) mars 1916).
D'autre part, la politique nationale roumaine est influencée au plus haut point par les deux questions de Bessarabie et de Transylvanie. Comme lacarte ci contre permet de le constater, la Roumanie irredenta est formée de deux grands éléments ethnographiques et territoriaux : i. 000. 000 de Roumains environ se trouvent dans la Bessarabie russe, mais 3.700.000 Roumains habitent la Transylvanie et la Bukovine, c'est-àdire de vastes régions de la Hongrie et de l'Autriche. L'idéal roumain intégral serait évidemment de récupérer, à la fois, les frères roumains de l'est et de l'ouest, mais comme l'absolu n'est
pas possible il faut choisir. Les germanophiles de Bucarest, menés par MM. Carp et Marghiloman, soutiennent que la Roumanie doit opter pour la Bessarabie, donc marcher contre la Russie. Ce à quoi les politiques réalistes de Bucarest répondent : « Nous désirerions assurément aussi récupérer les Roumains de Bessarabie mais cette politique ne serait possible que sj l'Empire russe avait été complètement détruit par l'Allemagne, ce qui n'est pas le cas et ne peut pas être, car les faits acquis prouvent que la Russie ne saurait être vaincue définitivement. La Roumanie ne peut donc pas sensémeni se mettre en état d'hostilité permanente macc Fénorme empire des Tsars. En outre, pour récupérer le million de Roumains de Bessarabie, nous devrions abandonner les 3.700.000 Roumains de Transylvanie et par surcroît accepter dans les Balkans l'hégémonie des Bulgares puisque ceux-ci sont les Alliés des empires du Centre. »
Tels sont les arguments essentiels qui incHnent l'opinion roumaine à opter très nettement pour l'acquisition de la Transylvanie. Pour que les rapports russo-roumains deviennent cordiaux au point de permettre une alliance entre Pétrograd et Bucarest, il reste, peut-être, à ce que la Russie rassure la Roumanie au sujet du régime
LK PLAN PANdKHMAMSTK 241
lutur (les Uétioils. On coriiprend cerlaiiicfix^iit lios bien ù Bucarest qu'après les énormes sacrilices de la Russie il est tout naturel qu'elle ne reste pas embouteillée dans la mer Noire par les Turcs et qu'elle occupe, après la paix, une situation prépondérante à Constantinople. D'autre l)art, il est de l'intérêt de l'Europe entière et de la Russie elle-même qu'elle assure dans l'avenir un régime très libéral aux Détroits. On ne voit donc pas pourquoi l'entente ne pourrait pas se taire sur cet important sujet entre Bucarest cl Pétrograd.
Pour écarter ou au moins retarder l'intervention roumaine que Berlin redoute grandement, la diplomatie du Kaiser fait pression sur Vienne et sur Budapest alîn d'y obtenir de « larges concessions » en faveur des Roumains de Transylvanie et de ceux de Bukovine. Mais à Bucarest, on sait par expérience ce que peuvent valoir les promesses viennoises et surtout celles des féodaux magyars. En outre, comme la Roumanie veut l'annexion pure et simple de la Transylvanie et de la région roumaine de Bukovine, ce ne sont pas de simples concessions qui pourraient la satisfaire. Les offres des empires du Centre à Bucarest ont donc peu de chances d'être prises au sérieux.
Elles le seront d'autant moins que les Rou-
mains se rendront plus complètement à l'évidence en constatant que si le plan pangermaniste prévoyait la cession par V Allemagne de la Transt/lvayiie à la Roumanie, aux dépens de la Hongrie, ce plan n'en menace pas moins cependant leur indépendance de la façon la plus directe et la plus incontestable. Pour tâcher de gagner la Roumanie à sa cause, Berlin a promis à la Roumanie aux dépens de la Russie la Bessarabie avec Odessa. Pour apprécier le caractère et la sincérité de cette ofTre, les Roumains n'ont qu'à se reporter à la brochure propagée jadis par VAlldeutscher Verband, qui expose le plan fondamental de 1895 et que j'ai citée souvent. La Graiule Allemagne et l'Europe centrale en 1950. Elle définit ainsi, page 36, le sort que le Pangermanisme réserve à la Roumanie à l'est. « Au cas d'une guerre victorieuse contre la Russie, la Roumanie pourrait obtenir la Bessarabie supérieure jusqu'au Dniester. L'Autriche annexerait la Bessarabie inférieure sons forme de margraciat de Bessarabie et la transformerait, grâce aux colonies allemandes déjà existantes, en une région purement allemande,
« Les limites de ce margraciat austro-allemand de Bessarabie engloberaient les villes d'Odessa, Bender, Borodino, Formosa, Béni, Ismaïl et les bouches de Sidina... Un échange
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rèciitnxjuc de populations avec tes pays voisins assureraient aisément la colonisation exclusivement allemande de ce margraviat. Des vaisseatix de guerre allemands monteraient la garde dans la mer Noire à C embouchure du Ihinuhc allemand. » Ce plan fondanienlal (jui date ilo vin^4 et un ans serait maintenant coniplété, comme on l'a vu. p. 210, par l'installai ion ultérieure en Dobroudja roumaine des Bulgares qui ainsi seraient en contact direct avec le nouveau margraviat de l'Autriclie prussianisée.
Par constMjuent, en supposant la victoire allemande, les Roumains qui ont été fort alarmés par l'idée de voir les Russes s'installer à Gonstantinople se trouveraient en présence du danger autrement considérable d'être à brève échéance entièrement coupés à la fois de la mer Noire et de la Méditerranée. Les Bulgares s'empareraient de la Dobroudja roumaine, les Allemands resteraient à Constantinople et aux Dardanelles, où ils sont déjà, et, en outre, domineraient à Odessa et aux Bouciies du Danube selon le plan dressé, dès 1844, par le futur maréchal de Moltke (V. p. 27). L'autorité de ce nom prouve aux Roumains qu'il ne s'agit pas de fantaisies.
En outre, il est bien évident qu'une Roumanie encerclée ne pourrait plus songer, comme elle e désire si ardemment, à se créer une industrie
nationale puisqu'elle constituerait simplement un territoire économique réduit à l'impuissance et strictement réservé aux produits fabriqués de la Pangermanie.
On constate donc, en définitive, que c'est bien en réalité une question de vie ou de mort qui se pose pour la Roumanie. Son indépendance, en effet, serait mise en péril de la façon la plus directe et la plus incontestable par une victoire prussienne. Il semble bien que l'opinion roumaine dominante se rende compte de ce danger et de la nécessité pour la Roumanie d'intervenir dans le conflit. Reste à savoir si les influences allemandes à Bucarest seront assez habiles et puissantes pour abuser jusqu'au bout les dirigeants roumains et leur faire manquer l'heure décisive.
CHAPITHK Mil
MANŒUVRES ALLEMANDES TENDANT A FAIRE AUX ALLIÉS LE COUP DE < LA PARTIE NULLE », CEST-A-DIRE A ASSURER LA REALISATION DU HAMBOURG GOLFE PERSIQUE COMME RÉSULTAT MINIMUM DE LA GUERRE.