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idéal (le la guerre que veulent atleiiuire les Alliés, but que proclament sans cesse leurs p^ouverntMuents, c'esl-à-dire la «lestruclion du militarisme prussien
Il y a donc incontestablement eu erreur de la part (le quelques Fran(;ais et Anglais cependant (jualifk's, dans « la position de la question » et l'association de leurs id(3es. Cette erreur s'explique sans doute par le fait qu'en Angleterre (les notions insuflisamment précises régnent encore sur le plan pangermaniste et sur l'Autriche-Hongrie. Beaucoup s'imaginent encore outre-Mancbe que la majorité de la population de cet empire est allemande alors qu'en vertu du principe des nationalités, l'Allemagne pourrait tout au plus récupérer 7 ou 8 millions d'Allemands, actuellement sujets des Habsbourg. (V. p. 201.) Ces idées inexactes qui régnent en Angleterre sont très difficiles à détruire. Ce sont d'ailleurs elles qui ont déterminé les erreurs de nos alliés britanniques au sujet des Balkans ef de Salonique alors que cependant, en raison de l'Egypte et des Indes, l'Angleterre était plus intéressée encore que tous les autres Alliés à la réalisation rapide de cette expédition.
Quoi qu'il en soit, comme les Alliés ne peuvent plus se permettre le luxe sanglant de nouvelles fautes graves, il convient de montrer pourquoi
le projet d'entente économique des Alliés doit être absolument indépendant du projet berlinois d'union de l'Europe centrale.
En effet, si cette dissociation n'était pas bien faite, on déterminerait les conséquences néfastes suivantes qui retarderaient encore la victoire pour l'obtention de laquelle les peuples alliés font des sacrifices si gigantesques.
1° Laisser entendre dans les journaux alliés, même par inadvertance, que l'union économique que l'Allemagne prétend imposer à l'Autriclie- Hongriepeut être admise par les Alliés, ce serait fournir aux journaux allemands les moyens de « raffermir » le moral du peuple allemand qui faiblit en lui montrant qu'il peut encore compter sur la réalisation de la partie principale du plan pangermaniste qu'il considère comme le hul essentiel de la guerre.
2° Le projet allemand de mainmise économique sur l'Autriche-Hongrie est radicalement incompatible avec les engagements pris par les Alliés envers la Serbie. Dans son toast au prince de Serbie, M. Poincaré déclarait : « Avec l'armée serbe, les Alliés libéreront le territoire serbe, rétabliront sur des bases solides rindépendaiice et la souveraineté de votre noble pays et vengeront le droit opprimé ». (V. Le Temps, 23 mars 1916.) Or, il suffft de regarder la carte page 134