II. l'I.A.N l'A.Ni.KKM.VMMK J.o
pour conslaler que la mainmise de rAliemagne sur l'Autriche-Honp^rie rendrait cette promesse solennelle absolument irréalisable. La Grande- Allemag"ne en contact avec les Balkans c'est. en effet, l'Allemagne maîtresse de ceux-ci etpar conséquent, })Our la Serbie, l'impossibilité môme d'espérer vivre.
3° Laisser supposer (jue le projet d'union économique de l'Allemagne et de rAutriclie-Hongrie pourrait être môme envisagé par les Alliés serait plonger dans le plus affreux désespoir les 28 millions de Slaves et de Latins, sujets des Habsbourg, qui attendent les A /liés conwte des libérateurs et qui, en raison de leurs sympathies pour eux, supportent les effets du plus atroce terrorisme. Nul doute que la presse allemande ne se servirait de pbrases douteuses, parues dans la presse alliée, à propos du é/oc économique de l'Europe centrale, pour persuader à ces malheureux qu'ils sont abandonnés définitivement par les Alliés et qu'ils n'ont plus qu'à se soumettre au joug germano-magyar. Or, il est manifestement de l'intérêt politique et militaire actuel des Alliés qu'au contraire les 28 millions de Slaves et de Latins d'Autriche-Hongrie sachent, dès maintenant, qu'ils peuvent compter sur les Alliés et que la victoire de ceux-ci impliquera la fin de leur propre esclavage. Ce résultat à obte-
nir delà guerre ne constitue pas seulement un incontestable devoir moral pour les Alliés, il est, en outre, strictement conforme à leur intérêt futur car lindépendance des 38 millions de Slaves et de Latins d Autriche-Hongrie est absolument indispensable à l'établissement dune nouvelle Europe viable qui, fondée sur le principe des nationalités, constituera en même temps en Europe centrale une barrière infranchissable à tout retour offensif du pangermanisme .
4" Toute erreur, même apparente, au sujet du sort réservé à l'Autriche-Hongrie par les Alliés d'Occident soulèveraitlesplusvives protestations chez nos Alliés russes. Gomme le disait excellemment M. MilioukofT, dans un discours à la Douma : « Après la liquidation de la Turquie qui s'esquisse déjà, la liquidation d'un autre Etat parasite s'impose, celle de r Autriche-Hongrie. Nous sommes certains que les nombreuses nationalités faisant partie de la monarchie dualiste auront leur liberté des mains de la Russie ». (Cité par Le Temps, 27 mars 1916.) Or, le point de vue exposé par M. Milioukoff, qui est celui de tous les vrais connaisseurs de l'Autriche-Hongrie (V. p. 189), ne peut qu'être celui de tous les Alliés puisqu'ils veulent la destruction du militarisme prussien et qu'ils ne mènent évidemment pas la plus atroce des guerres pour que celui-ci