‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 58 sur 81 · I.K IM.AN PANCKUM VMSI I-: J · texte numérisé non relu

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eu SOI le avtH" des éléments de puissance inliniment plus grands encore qu'avant la lutte.

Pour ces multiples et très fortes raisons, on voit donc combien il est nécessaire qu'aucune équivoque ne puisse avoir lieu dans la presse alliée au sujet de la conférence économique des Alliés. Que celle-ci s'occupe des maintenant de prendre pour après la paix des « mesures concertées pour lutter contre les pratiques déloyales pour lesquelles l'Allemagne a poursuivi Tanéantissement de ses rivaux », pour prévenir les nouvelles mainmises allemandes en pleine paix, sur les établissements financiers alliés, pour empècber les Allemands de tourner les tarifs douaniers comme ils savent le faire, etc., rien de mieux, mais qu'à aucun prix la moindre solidarité même apparente ne puisse subsister entre ces études des Alliés et la prétention de Berlin de fonder le bloc économique de l'Europe centrale. D'ailleurs, comme l'a dit M. Lloyd George, avec son robuste bon sens : « Avant de discuter le régime commercial à adopter pour après la guerre, il s'agit d'abord de gagner la guerre. Tout dépend de cela ». (Cité par Le Temps, 2o mars.) Or, la guerre ne sera vraiment gagnée par les Alliés que quand tout retour ultérieur offensif du Pangermanisme sera rendu impossible; ce qui implique précisément la plus

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énergique opposition à la mainmise de l'Aile- i magne sur la majorité des terres formant actuellement l'empire des Habsbourg.

Une manœuvre astucieuse dont l'objet est dé réserver l'avenir du Pangermanisme et du clan Enver Pacha en Turquie a été déjà esquissée parles Allemands. Gomme elle sera certainement tentée à nouveau, si, comme tout l'indique, Berlin a intérêt à la pousser à fond, il faut donc la démasquer complètement par avance. En février 1916, les nombreux agents turcs installés en Suisse et qui semblent bien avoir des intelligences dans les pays alliés, ont commencé à mettre en circulation le bruit que la Turquie était prête à conclure une paix séparée. Enver Pacha avait été assassiné, ce qui d'ailleurs était faux, etc. Cette manœuvre a eu pour objet de commencer à trouver dans les pays alliés le concours de ces naïfs irréductibles, cuirassés d'une ignorance épaisse sur les affaires d'Orient et qui cependant ne sont pas toujours sans influence sur les milieux dirigeants. Si je suis exactement informé, la tactique astucieuse des agents turcs avait momentanément recruté certains de ces naïfs. Pour ceux-ci, conclure une

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paix st'pHit'o avec la Turquie eûl été très liahile puisque l'Allemaj^ne serait ainsi privée du concours do son alliée ottomane, etc. Ce sont là des illusions sinj^^ulièreinenl dangereuses et il faut montrer comment et pour<juoi cette solution ferait le jeu de Berlin et compromettrait gravement la victoire des Alliés.

Les Turcs fort incjuiets des succès russes en Arménie voient, en outre, leur rêve de mouvement panislamique s'évanouir. Ils sont bien obligés de commencer à se rendre compte que les Allemands les exploitent cyniquement, les aclieminent vers la famine en razziant toutes leurs ressources alimentaires et les font tuer pour le plus grand intérêt de la Pangermanie. Mais si la masse turque peut bien avoir des sentiments anti-allemands naissants, elle est entièrement dans la dépendance des meneurs jeunes- Turcs qui, eux, sont irrémédiablement compromis avec les Allemands, lesquels en Turquie sont de plus en plus maîtres des organes d'administration et de gouvernement. Il n'y a donc guère à compter sur une révolte efficace de la population turque qui d'ailleurs est entièrement dépourvue d'esprit d'organisation. D'autre part, les Allemands sont des gens prévoyants, ils comprennent parfaitement que la Turquie se rapproche de la catastrophe. Or, déterminer wie

paix séparée de la Turquie avec les Alliés ce serait faire reconnaître par ceux-ci la perma^ nence de l'Empire ottoman, donc le sauver du désastre et par conséquent ménager à Berlin la possibilité dy reprendre l'action allemande après la conclusion de la paix sur la base de a la partie nulle ». (V. chap. V.)

Au contraire, si la question d'Orient ottomane reçoit enfin ses solutions logiques, tout espoir de réaliser plus tard le rêve pangermaniste de Constantinople au golfe Persique est définitivement anéanti. D'autre part, une paix séparée ferait aussi l'affaire des meneurs jeunes-Turcs, agents allemands, car c'est évidemment la seule solution qui leur permettrait de conserver le pouvoir et les empêcherait d'être massacrés par leurs compatriotes le jour où la débâcle ottomane se produira. On voit donc pourquoi les bruitsde paix séparée de la Turquie avec les Alliés, qui ont été mis en circulation et ensuite démentis en attendant d'être propagés à nouveau, constituent bien une manœuvre turco-allemande.

D'ailleurs le journal 'àrohQ Al-Mokaitan du Caire (22 avril 1910) a constaté « qu'une paix turque séparée ne serait pas de nature à inquiéter l'Allemagne, à laquelle la sortie de la Turquie du conflit actuel enlèverait la resjjonsabilité de l'assistance qu'elle prête aux Turcs ». Enfin la Vos-

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