‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 59 sur 81 · I.K i'LAiN i'ANt.KHMA.MSlK iol · texte numérisé non relu

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ùt/tc 'Aeitung a Jivoui'' « qu'une paix Je la Tur-

quie avec les ennemis de l'Allemagne ne portera aucun préjudice aux Austro-Allemands ». (Cité par Le Journal de Genève, 2o avril 1916.)

202 l,E PI.AN PANGKRMANISTE

Il n'est d'ailleurs pas à supposer que les dirigeants de l'Entente se laisseront prendre à la manœuvre turco-allemande. La question d'Orient est un véritable ulcère qui « empoisonne » la politique européenne depuis une centaine d'années; elle est le cauchemar des chancelleries. Toutes les tentatives de réformes de l'Empire ottoman ont toujours échoué. En réalité d'ailleurs, cet état vermoulu n'a subsisté qu'en raison des rivalités des puissances. Puisque la victoire des Alliés doit assurer au Vieux Monde une très longue période de paix, la source inépuisable de troubles et de guerres qu'est la Turquie doit être tarie. Une raison de justice supérieure commande, en outre, cette solution.

En Turquie, comme ailleurs, pour constituer un nouvel état de choses viable, le principe des nationalités doit être appliqué dans toute la mesure du possible. Or, sur les 20 millions d'habitants de l'Empire ottoman, 4 grandes nationalités (V. la carte ci-contre) en absorbent environ 18. En l'absence de statistiques offrant la moindre garantie, on estime qu'il y a en Turquie environ :

2 millions de Levantins, d'Européens, de Juifs et de divers,

2 millions de Grecs,

2 millions d'Arméniens,

LK PLAN l'ANGEUMANISTi: Jtj:?

(S millions d'Arabes,

Il millions souhMncMil de Tini >

En ce qui concerne les (itecs, qui nuiUieureusenïent ne forment pas un bloc uni(|ue (V. p. 2'M) , il y a j)lusieurs solutions à étudier afin tle leur permettre d'avoir une fraction de l'Empire ottoman s'ils participent à la lutte dans les Balkans aux côtés des Alliés. Quant aux Arabes, ils détestent les Turcs qui les oppriment depuis des siècles. L'affranchissement des Arabes du joue: 'urc est donc à réaliser dans toute la mesure du possible. Quant aux Arméniens, dont plusieurs centaines de mille \itMinont d'être massacrés par les Turcs, il est évidemment impossible d'envisager le maintien de ce qui reste de ce malheureux peuple sous la domination des séides d'Enver pacha, Talaat, etc. Quant aux ti millions environ de Turcs, représentant moiîis du tiers des populations de l'Empire ottoman, ils n'habitent vraiment que l'Anatolie, c'esl-à-dire cette fraction de l'Empire ottoman comprise entre la mer Noire et la Méditerranée. Partout ailleurs, les Turcs ne sont que de détestables fonctionnaires qui, depuis la conquête des Sultans Osmanlis exploitent cyniquement les autres populations de l'empire ottoman. Sans doute le paysan turc de l'Anatolie, lorsqu'il n'est pas en proie à une de ces crises de fanatisme religiei^x

qui le prend périodiquement, est généralement un brave homme. Très sobre et résistant, il fait un excellent soldat, mais ce Turc d'Anatolie a une « mentalité » de plusieurs siècles en arrière. 11 est incapable de se gouverner lui-même à l'époque moderne. Il y a bien quelques milliers de Turcs qui font d'excellents employés dans les services de la Dette ottomane, mais c'est à la condition expresse qu'ils soient incessamment contrôlés et dirigés par des cadres européens. Parmi les Turcs de Conslantinople, il n'existe aucun groupement offrant des garanties sérieuses pour la direction de la masse turque. Autant le paysan turc d'Anatolie présente des qualités natives incontestables, autant les Turcs de Constantinople sont, sauf de rares exceptions, corrompus jusqu'aux moelles. Etant données ces conditions d'ensemble, s'imaginer qu'un empire turc vraiment indépendant puisse encore être constituéc'estdonc caresserune chimère absurde. Quant à Conslantinople, ce n'est même pas une ville turque, c'est une cité essentiellement cosmopolite. Ses 1.200.000 habitants sont Turcs (43 p. 100), Arméniens (18 p. 100), Grecs (17 p. 100), Juifs (16 p. 100), Européens, Levantins et divers (6 p. 100).

D'autre part, il est bien évident que cette guerre fantastique ne peut pas se terminer sans que la

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