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Au fond, les Bulgares voudraient bien la paix. Il conlinualion de la g^uerre ne pouvant guhre Icsorniais leur procurer plus que ce qu'ils délien-
iil déjà. Par contre, lollensive des Alliés par ~ iloni(|ue, si elle est bien orj^anisée, doit apporter aux Bulgares le cbâtiinent qu'ils redoutent surtout depuis l'écliec des Allemands devant Verdun et les succès des Russes en Arménie. Le peuple bulgare est d'ailleurs profondément mécontent des lourdes pertes qu'il a déjà éprouvées par le feu et la maladie dans sa campagne contre la Serbie. Il voit toute la Bulgarie aux mains des ofliciers allemands. Quant à l'armée bulgare, elle se trouve dans une situation fort peu satisfaisante qui a déjà déterminé des mutineries locales et de nombreuses désertions. Dans ces conditions, la Bulgarie ferait évidemment à tous égards une excellente opération si elle concluait une paix séparée avec les Alliés. Or, la manœuvre bulgare que, bien entendu, on n'avoue pas à Sofia, mais qui est pratiquée dans l'ombre et probablement, pour les raisons qu'on va voir, d'accord avec Berlin, est fort dangereuse car, il faut bien le dire dans l'intérêt de la cause commune alliée et de la vérité, elle a trouvé des points d'appui dans les pays alliés chez ceux
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qui, faisant preuve d'une irréductible inclairvoyance, ont encore sur les Balkans des idées vieilles de quarante ans.
Il y a ainsi des Russes qui continuent à s'imaginer qu'en 1915 la diplomatie alliée a eu tort de ne pas détruire les conséquences du traité de Bucarest, — ce qui a cependant été fait et même a constitué comme on l'a vu, chapitre II, § 1, l'erreur balkanique fondamentale des Alliés, — afin de rétablir la Bulgarie, dans les limites du traité de San-Stefano. C'est la thèse que soutenait encore en mars 1916 M. Milioukoff à la tribune de la Douma. J'ai expliqué, p. 210, pourquoi à l'ouest, la Bulgarie du traité de San-Stefano ne correspondait nullement à des réalités ethnographiques et pour quelles raisons la Macédoine, formant le sud de la Serbie, est très loin d'être bulgare. Une preuve péremptoire résulte de ce fait que les Bulgares viennent d'y massacrer une quantité de Serbes. Au sujet de l'ethnographie de cette région, il faut encore verser au débat un argument nouveau aussi original que probant, semble-t-il. En réalité, ce sont les cuisiniers qui, à travers les âges, ont le plus exactement transmis la vérité ethnographique sur la Macédoine telle qu'elle a été appréciée par la tradition séculaire. Dans le grand dictionnaire Larousse, tome X, p. 855, édition de 1873, donc