‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 71 sur 81 · I.K M.AN PANUKMMAMSTK · texte numérisé non relu

I.K M.AN PANUKMMAMSTK

iivaiuo ( (»u^.i•e l'AHwimgne, taiil au point d<* vue niililairo qu'au poirèl do vue éconoroique. » {Vifs a/j/jlaudissements.) (Cité par L^ Temps, 8 avril

Le Chancelier du Kaiser ne pouvait affirmer plus ne4tenient les prétentions ti'rritoriales de l'Alleinagno, à Test et à l'ouest. Quant à celles visant le sud et le sud-est et r«''sultanl de la mainmine de l'Allemagne surrAutriche-Uongrie, la Bulgarie, la Serbie et la Turquie, M. de Bethinann-IIolKveg n'y a fait aucune allusion. Ce silence s'explique. D'abord, on ne peut évidemment pas attendre du Chancelier de Guillaume II l'aveu précis du véritable cambriolage que I Allemagne a fait des territoires de ses propres alliés ; ensuite, à Berlin, on affecte de considérer les mainmises allemandes au sud et au sud-est comme définitives, donc en dehors de toute discussion.

D'ailleurs, le député Spahn, le leader du centre, qui, le o ayril 1916 comme le 11 décembre 1915, s'est chargé de donner la réplique au Chancelier et de dire plus nettement ce que la fonction officielle de celui-ci l'obligeait à sousenlendre, n'a laissé aucun doute au sujet des vues de l'Allemagne sur l'Europe centrale.

« Nous devons créer^ dit M. Spahn, une vie commune et durable avec l' Autriche-Hongrie .

Nous devons disposer de territoires plus considél'ables que celui de l'Empire d'Allemagne. Cette guerre qu'on nous a imposée doit nous assurer une situation de puissance mondiale. » (V. Le Temps, 7 avril 1916.)

Ainsi donc toutes les preuves matérielles et morales indiscutables existent qui permettent d'établir sans contestation possible que FAllemagne a fait et continue la guerre pour réaliser le plan pangermaniste élaboré de 1895 à 1911.

Les Alliés peuvent se servir de la preuve des mensonges allemands résultant de la réalisation momentanée du plan pangermaniste de 1911 dans la proportion des 9;10' pour anéantir rapidement et partout les effets de la propagande allemande et établir devant l'univers civilisé la légitimité et la nécessité de leur action militaire contre l'Allemagne prussianisée.

En partant des preuves matérielles et des déclarations allemandes indiscutables plus haut exposées la propagande des Alliés permettrait de démontrer très vite aux neutres la fausseté absolue des affirmatiens allemandes, donc que :

1° L'Allemagne a fait la guerre avec une très longue préméditation, uniquement pour réaliser le plan pangermaniste de 1895-1911 dont l'objet est de réaliser de formidables conquêtes et d'asser-

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vir en Europe et en Turquie au joug de 77 millions d'Allemands, 127 millions de non-Allemands. (V. p. 43.)

2° Si la guerre dure c'est uniquement parce (jue rAlleinagno, n'a pas renoncé à son plan de (lominalioii universelle.

3" En prétendant réaliser le Hambourg-Golfe Porsique, l'Allemagne n'a nullement pour but d'assurer au monde la liberté des mers, selon l'Ile confisquée par l'Angleterre; au contraire le gouvernement de Berlin prétend, par l'effet des conséquences inéluctables de Hambourg-Golfe Persique, s'emparer de tous les points stratégiques maritimes essentiels du globe. (V. p. 173.)

4° En raison de ces conséquences, la réalisation du Hambourg-Golfe Persique menacerait directement l'indépendance de tous les pays civilisés de l'Univers et notamment du Japon, des États de l'Amérique du Sud et des États-Unis.

Ir Aucune assimilation n'est possible à faire entre la violation de la neutralité de la Belgique par l'Allemagne et l'installation des Alliés à Salonique.

Les Alliés ne sont pas allés en Grèce pour s'emparer du pays comme les Allemands Tout fait pour la Belgique. Les Alliés sont allés en Grèce pour secourir leur alliée la Serbie, qui était d'ailleurs l'alliée de la Grèce, et mettre

obstacle au cambriolage de rAutriche-Hongrie, des Balkans et de la Turquie par les Pangermanistes. Les traités qui donnent à la Turquie, à la France, à l'Angleterre et à la Russie le droit de protéger la constitution hellénique, si profondément atteinte du fait des influences allemandes à Athènes sufBsent, en droit international, à justifier la présence des Alliés en Grèce. Mais il faut, en outre, mettre en évidetice qu'ils s'y trouvent encore en vertu du droit supérieur de sauvegarder la liberté collective des nations. Une comparaison permettra de bien saisir ce point de vue dont l'exposé est peut-être nouveau. D'après le droit civil, la propriété privée est inviolable. Mais celui qui, passant devant un jardin dans lequel le droit de propriété lui interdit de pénétrer, voit de l'autre côté de ce jardin un apacbe en train d'assassiner un passant pour le voler, a le droit moral et même le devoir absolu de traverser ce jardin pour aller au secours de son concitoyen en péril de mort. Il n'est pas un tribunal au monde qui reprochera au bon et courageux citoyen d'avoir violé une propriété privée pour porter secours à son semblable. Or, c'est exactement l'état d'esprit qui a amené les Alliés à Salonique. Ils passent par la Grèce pour saisir à la gorge l'apache pangermanistequi cambriole l'Autriche-

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lloiip^ric, les Hiilkaus, l;i Tur(jui«', ijui ain'aiilil tlans ces pays, par iiiiLlions, les populations civiles antigerinaniques, qui, sans hésiter devant les crimes les plus atroces, prétend se saisir (rimiuenses richesses et s'assurer leur conservation par la mainmise sur le Vienne-(îolfe Persique, laquelle donnerait à la Pangermanie les moyens de maintenir sa domination universelle. (V. p. 173.)

Or, comme mes lecteurs ont pu le constater, pour faire ces démonstrations, en raison précisément de la réalisation momentanée «lu plan pan<j:ermaniste, les arguments indisculaM.s de fait, de chiffres, de géographie et d'ethnographie abondent. Ces arguments irrt^fatables sont donc ceux qui peuvent le mieux faire grande impression sur les neutres puisqu'ils sont de nature à la fois à toucher leurs sentiments élevés et à mettre en évidence que leurs propres ititéréts sont en péril. Si la propagande unifiée des Alliés veut se servir de ces arguments avec méthode, bien vite les répercussions morales, économiques et militaires dont la propagande allemande a incontestablement fait bénéficier T Allemagne seraient anéanties et ce sont les Alliés qui, justement cette fois, s'assureraient des bénéfices analogues qui hâteraient la Victoire.

33i LE PLAN PANGERMANISÏE

Les Alliés désormais et les Etats neutres doivent avoir en constante considération non pas seulement les occupations allemandes à l'est et à l'ouest mais l'ensemble des occupations pangermanistes de l'Allemagne.

La carte ci-contre justifie cette conclusion. Il est évident que les occupations allemandes à Touest et à l'est, si importantes qu'elles soient, sont relativement petites par rapport aux énormes mainmises que l'Allemagne a réalisées aux dépens de rAutriche-Hong-rie, de la moitié des Balkans et de la Turquie. Or il faut bien comprendre qu'en fait ces pays, notamment l'Autriche- Hongrie, quoique alliés de l'Allemagne, sont aussi effectivement sous l'hégémonie germanique que le sont la Belgique, la Pologne ou les départements français envahis. Il y a donc lieu de ne pas distinguer entre les occupations pangermanistes réalisées par l'Allemagne aux dépens d'ennemis directs (France, Russie), et celles effectuées par la trahison du gouvernement de Berlin aux dépens de ses propres alliés comme l'Autriche-Hongrie.

Ce que les Alliés et les États neutres ont à considérer, c'est r ensemble des occupations pangermanistes allemandes afin de discerner celles de

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