LES OCCUPATIONS PANGERMANISTES AU DEBUT DE
Pelrograd
nùnopte
Or, il est indubitable que le jour oii TAUemagne renoncerait à ses occupations à l'est et à l'ouest en maintenant ses mainmises au sud et au sud-est, sa puissance serait formidablement accrue par rapport à ce qu'elle était avant la STuerre. Ce serait donc là une incontestable et énorme victoire pour le Pangermanisme. La carte schématique ci-dessus symbolise matériellement cette vérité. De Berlin partent les rayons
sur lesquels sont tendus les fils de l'immense toile d'araignée qui couvre l'ensemble des énormes occupations pangermanistes que l'Allemagne a pu réaliser au cours de la guerre en raison :
1° De la direction politique fort habile qu'elle a su donner à ses opérations militaires ;
2° De l'ignorance du plan pangermaniste par les Alliés. La connaissance de ce plan, en effet, eût suggéré à ceux-ci, dès le début de la campagne, l'intervention par Salonique et le sud de la Hongrie qui eût détruit la partie principale du plan allemand en rendant impossible la jonction des empires du centre avec la Bulgarie et la Turquie.
ÏV
La réalisation momentanée presque intégrale du Hambourg-Golfe Persique démontre que la victoire intégrale des Alliés est indispensable à la liberté du Monde.
Ni la réalité ni l'étendue du plan de domination mondiale poursuivi par les Allemands ne pouvant plus être contestées, il en résulte que tous les États civilisés ont un intérêt certain à la défaite de l'Allemagne prussianisée car la victoire de celle-ci afïecterait certainement leur& intérêts à un haut degré. Donc, les États neutres
dont l'imlépeiularu'.e serait particulièiviiient atleiiilo [)ar les loiisécjuonces du Hambourg- Grolfe l*ersique ont un intérêt rcelieiuent vital à co que les Alliés continuent la guerre contre rAUeuiagne jusqu'à leur victoire complète. Cette victoire intégrale est une luVressité non pas seulement européenne, mais planétaire puisque le Hambourg-Golfe Persique aurait des conséquences planétaires (V. p. 174). Cette victoire doit avoir pour objectif Ciipital de délivrer le monde entier du péril pangermanisto, donc d'empêcher tout retour olFensif ultérieur de l'ambition intolérable des Hohenzollern. Par co/iséqueni^ la victoire des Alliés implique l'ohligation (le détruire le Hambourg -Golfe Persique, base indispensable mais sursaute de tout le plan pangermaniste.
Le plan d'esclavage poursuivi par l'Allemagne est maintenant si manifeste que les neutres ou les groupements germanophiles sont désormais moralement responsables de leurs sentiments devant l'Univers civilisé.
Les neutres qui, dans dans la première partie de la guerre, ont témoigné de la sympathie à l'Allemagne étaient excusables parce qu'ils étaient abusés mais maintenant ils ne se trouvent
338 LE PLAN PANGERMANISÏE
plus dans la même situation. Les faits sont là. Il n'est plus permis à quiconque de voir dans l'Allemagne prussianisée autre chose qu'un cambrioleur-assassin féroce opérant aux dépens de la collectivité des nations. Selon la belle formule de M. Paul Hyacinthe-Loyson, les neutres peuvent-ils être neutres devant le crime? Évidemment non. Comme le disait Fort justement le Daily Telegraph : « Ceux qui refusent d'occuper un siège vacant à la table ronde de la chevalerie auront des comptes à rendre devant le tribunal du jugement de l'Humanité. » Au point de vue où en sont les choses, en présence des crimes commis par les « scélérats de l'Europe centrale », — le mot est du Hollandais M. Schrœder, — les neutres ne peuvent plus soutenir l'Allemagne, sous aucune forme, sans se rendre ses complices.
Cette vérité se dégage si fortement des événements que déjà se manifeste l'évolution de deux pays neutres qu'on a pu croire germanophiles. L'opinion espagnole dont une partie fut longtemps trompée par la propagande allemande se reprend de plus en plus. La Suëde, que des pressionset des tentations berlinoises audacieuses ont failli lancer dans la lutte pour le plus grand profit de la Pangermanie, se soucie maintenant de ne point séparer sa cause de celle de la civi-
lisahou;ses dirigeants responsables viennent de proclamer avec force que la Suède veut garder une stricte neutralité.
Les déclarations des Alliés, la réalisation du Hambourg- Golfe Persique et la question d'Autriche-Hongrie.
En recevant les parlementaires français à Londres, le 11 avril 11) IG, M. Asquilli a déclaré : « J'ai déjà dit en novembre que nous ne remettrions pas l'épée au fourreau tant que la dominadon militaire de la Prusse n'aurait pas été détruite entièrement et définitivement.
« Dans cette lutte, nous sommes les champions, non seulement des droits des traités, mais de rindépendance et du libre développement des pays les plus faibles. {S .L'Œuvre, 12avriH916.)
Sir Edward Grey dans son interview au Daily News de Chicago a affirmé : « Nous et nos Alliés nous nous batt'ons pour une Europe libre, une Europe libérée non seulement de la domination d'une nationalité par une autre, mais aussi de la diplomatie fanfaronne, du péril de guerre, etc. « Les Alliés ne peuvent tolérer aucune paix qui laisserait les torts causés par cette guerre non redressés .. Nous voulons une paix qui rende justice à chacun. (Cité par Le Temps, 17 mai 1916.)
M. SazonoiF parlant au nom de la Russie a signifié : « Notre victoire doit être absolue... Les Alliés continueront à combattre jusqu'à ce que la race hmnaine soit délivrée du prussianisme. » (Cité par Le Te?7ips, 27 février 1916.)
A Nancy, le 13 mai 1916, M. Poincaré a déclaré. « La France ne livrera pas ses fils aux dangers de nouvelles agressions. Nous ne voulons pas que les empires du centre nous offrent la Paix, nous voulons qu'ils nous le demandent ; nous ne voulons pas subir leurs conditions, nous voulons leur imposer les nôtres ; nous ne voulons pas une paix qui laisserait l' Allemagne impériale maitresse de recommencer la guerre et qui suspendrait sur l'Europe une menace éternelle ; nous voulons une paix qui reçoive du droit restauré de sérieuses garanties d'équilibre et de stabilité.
« Tant que cette paix-là ne nous sera point assurée, tant que nos ennemis ne se reconnaîtront pas vaincus nous ne cesserons pas de combattre. (Cité par Le Temps, 13 mai 1916,)
Le 22 mai 1916, répondant aux parlementaires russes, M. A. Briand, président du Conseil français, a également déclaré ;
« Je l'ai dit, je le répète, quand le sang coule à flots, quand nos soldats font avec tant d'abnégation le sacrifice de leur vie, le mot de paix est sacrilège^ s'il signifie que l'agresseur ne sera