‹ Le plateau central nigérianChapitre 31 sur 100 · I. — l^eH primitifs · texte numérisé non relu

I. — l^eH primitifs

La tradition historique conservée par les populations actuelles, que nous avons d'ailleurs, déjà en partie, exposée, prétend que les montagnes du plateau nigérien étaient habitées, avant l'arrivée des peuples du Nord, par des nains, nommés lerrPy qui s'abritaient sous des creux de rochers ou confectionnaient de vagues abris de feuillage, vivant de chasse et de la cueillette des fruits sauvages. Au milieu de ces petits négroïdes, nomadisaicnt quelques familles de grands noirs, pêcheurs et chasseurs, vivant sur les bords du fleuve, comme actuellement les Brlla/is, vêtus de cuir, soumis aux Touaregs.

D'après la tradition, les Bohos, liozos, Bodios de cette région, nous représentent encore les descendants métissés de ces grands noirs et nous devons y ajouter les Telle, Ndala, KalUj Atla, »;•, qui ont été refoulés plus au Sud et habitent aujourd'hui les villages de Mrniy Voro, bigame, Douga- Soromi dans le Nord du Yatenga,

Ces grands noirs prétendent tous être sortis de terre ;

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les pécheurs Bozos {i) des trous de Dia et de Ouataka^ les Bodios du trou de Quoi. Daus cette dernière localité, les indigènes honorent encore par de grandes fêtes annuelles la galerie souterraine qui a servi d*abri à leurs ancêtres.

Ces galeries-refuges creusées dans les collmes,sont toujours en usage dans les grandes plaines ondulées des pays Samos et Bobos, vers Louta (2). A proximité de chaque village, dont les cases sont simplement de vraies fosses excavées dans le sol, surmontées d'un toit [)lat en branchage, couvert de terre et supporté par des piquets, les populations aménagent dans les flancs d'une colline boisée, une galerie profonde avec couloirs souterrains.

Dans ces trous sont cachés des approvisionnements, les richesses du village et les « grigris » ; on y enterre les vieillards (3), et à la moindre alerte tous les habitants du village viennent s'y réfugier. Dans les montagnes, les cavernes et les grottes remplissent le même office (i), elles restent tanna pour tous les habitants jusqu'à ce que le grand i^rùive Hogon^ ou le chef, donnent l'ordre de s'y rendre.

Parmi ces prhnitifs, vinrent s'établir en chassant, après

(1) M. Ch. Montcil dans sa Monographie de Djenne, cite ceUc même légende pour les Bozos, pécheurs primitifs du Niger.

(2) Dans les environs de Louta, chez les Samos et les Bobos on trouve un grand nombre de ces refuges.

(3) On peut peut-(^lre voir dans la sépulture «les vieillards en ces « trous ») l'origino de la sépulture en chambre funéraire sous tertre naturel employée dans les plainos de Bankassi.

(4) A Guimiiii, les gens du village inoiit signalé de nombreuses sépultures qu'ils prétendent devoir remonter aux Telle primitifs el dont les ossements seraient remarquables par la grosseur des tètes (crtlnes). Le llogon était mort et pas encore remplacé, aussi me fut-il impossible de visiter cette grotte a tanna »>. (iar seul ee chef religieux constM-ve le droit de lever l'interdit (jui frappe les grottes sacrées.

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avoir traversé le Niger, plusieurs familles : Doum ou Dom^ de la tribu des Toro ou Togo^ ralliée au clan des Ouagara, En se mélangeant avec les Bo, ces chasseurs créèrent les premières familles Oumho et Dombo. Mais, comme pendant leurs pérégrinations ils avaient découvert dans cette région plusieurs gisements de fer, leurs chefs llara^ de Ouaga^ ayant été avertis, envoyèrent immédiatement des Dios forgerons pour exploiter ces richesses minières.

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