II. — nfouvement do coloiiiHation des peuple
du IVord
Une grande sécheresse^ dit la tradition, ayant amené de sérieuses rivalités pour la possession des puits et des oasis, entre la confédération des blancs de Tigintt et Tingtœl, exploitant les mines d'argent de leur capitale Kombi et les Roifgrs, Gara, dont le centre politique se trouvait dans le Hodh à Ouaga^ au Nord de Nioro, un grand nombre de familles agricoles des deux clans durent émigrer. Elles partirent en plusieurs fractions, dont quelques-unes dans le clan des Blancs étaient commandées par des femmes.
Les émigrants « Ronges » partirent successivement en deux groupes, dont le premier traversa le Niger vers San^ sanding et s'établit au milieu des populations de pécheurs avec lesquels il se mélangea, occupant la grande plaine lacustre entre Bani et Niger, les marigots de Ina et de Kouahouron. Ces populations prirent le nom de Konrogoï ou Kolon : « les Rouges », et leurs colonies sont connues de nos jours sous le
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nom de .Gara- Dou g on (village des Rouges), Korou^ Kourou^ Kolon et Orondougou (1), Koronbana.
Le deuxième groupe qui formait le clan des Ndogom^ se composait des familles : Gnindo^ Togo, Tpssongne^ Garango, Armoi, Diboy Pongoro, Oron, etc.... Il était dirigé par deux chefs appartenant à la même famille : le chef religieux avec les titres de Hogon-Doua, « Aigle des Hogons », Hogofi'Iara, « chef des lara », et Hogon-Koron, « llogondes Rouges » : le chef militaire avec le titre de Koron-Doua^ « Aigle rouge », qui se nommait Badioma ou Radj-Ouma^de la famille des Guindo.
Les régions lacustres étant déjà très peuplées, ces émigrants voulurent traverser le Niger pour rejoindre leurs parents Toro et Dio qui exploitaient des mines de fer, sur les plateaux de l'intérieur de la Boucle : ils se dirigèrent donc vers Ouadiaga (2). Mais pour traverser la région inondée, ces trihus du Nord durent échanger le serment du sang avec les tribus des pêcheurs Bozos qui occupaient le fleuve. Les conséquences de ce serment persistent toujours entre les Bozos et les Hambés, frères de sang, qui se doivent actuellement rhospitalité^ l'assistance mutuelle et la libération obligatoire de toute captivité, et qui, sous peine de mort et de calamité, ne doivent jamais combattre les uns contre les autres. Pour cimenter cette union, Badjoma laissa son fils en otage chez les
(i) Monographie de Djenne, Ch. Monteil, p. 259; Tarick, p. 25. Orondougou ou Korondougou, canlon du cercle de Djeiinc, M. Ch. Monteil, p. 324. A cette population « Rouge » se rattachent les provinces Kourou (vers Sokolo) Kolon (Goumbou, près de Madagou) Karadougou entre SansandingetDjenné, Korombana vers le Debo, Kouroumoi sur les Plateaux.
(2) Wadiaga entre Mopti et le lac Debo sur un marigot près du Niger. Ouadiaka ou Ouadiaga signifie campement des familles Dias du clan des Oua,
pécheurs, et ce jeune homme étant mort des suites de ses fatigues, le chef Bozo sacrifia son propre fils pour montrer son inébranlable fidélité à cette alliance jusque dans la mort.
Les émigrants, certains de rester ainsi en communication avec les tribus de leur clan {Ouagara) qui habitaient les plaines Nord du Niger, s enfoncèrent dans Imtéricur des montagnes. Mais connaissant mai le pays, ils furent bientôt surpris par la sécheresse de l'été au milieu des plateaux ; car les primitifs, Tellinkés, Kala (1), »/•, qui les voyaient arriver avec peine dans leur terrain de chasse, gardaient jalousement secret remplacement des sources cachées dans les rochers. Heureusement, un de leurs chiens rentrant au camp tout mouillé, les sauva de la soif, en leur faisant découvrir une source. Le Hogon-Koron^ grand prêtre des divinités, déclara aussitôt le chien Tanna^ c'est-à-dire animal sacré et emblème de la tribu (2). Cependant lorsque les jeunes gens allèrent occuper la source, les Tellinkvs qui habitaient la grotte voisine s'assemblèrent pour les repousser, et pendant trois jours une lutte terrible s'engagea, durant laquelle les divinités prirent part au combat selon la légende que chantent encore les Griots « bardes » de la montagne. Les primitifs refoulés durent abandonner la source et quittèrent les plateaux pour aller s'établir dans les forêts du Yatenga^ emmenant avec
(1) Ces primitifs peuplaient d'après les traditions «i côté des Bobos en face de Djenné les provinces de Fakala.
(2) Toutes les tribus qui ont le chien comme tanna, paraissent avoir été affdiées aux gens de cette migration. Les Samos qui donnent en se mariant un chien à leur fiancée. Les chefs Mossi, qui se font enterrer avec un de ces chiens et les vieillards des montagnes (jui ont le devoir d'adopter les chiens sans maître.
eux la plus grande partie des nains lerre^ qui les avaient soutenus dans leur résistance.
Les vainqueurs établirent leur village sur le lieu même du combat et le nommèrent Kani-Bonzon (le repos des étrangers). Puis, peu à peu, leurs familles se dispersèrent et, pour ne pas mécontenter les divinités prolectrices du pays, elles firent alliance avec les primitifs qui restaient encore dans la région, après le départ des Tallinkés^ Tala. Toutefois, les Hogon-Guindo furent toujours reconnus comme les grands chefs religieux de tous ces nouveaux peuples.
Un groupe d'envahisseurs vint se mélanger aux familles Bobos et Togobéréy qui habitaient le trou de Quoi. De leur métissage est sortie la tribu des Podio ou Bodioy avec ses chefs Haré-Némé et Badjo-Némé,
Le Gtiindo-Ouandia parcourant le pays Teilé ne trouva au village d'Engem, abandonné par les primitifs vaincus qu'un vieillard, grand prêtre, gardien des Bouna^ protecteur du pays, et sa famille. S'étant emparé des talismans divins et, certain désormais de la protection céleste, il épousa la fille du vieillard Telle ; puis, avec les siens, repeupla le vieil Engem, Depuis cette époque, un chef Flogon, représentant les familles Guindo et un chef Laggam^ représentant les Telle se partagent le pouvoir dans le canton à' Engem,
La tribu des Amioï ou Arjna s'établit plus au Sud, entre les Bobos et les hommes de Fa-Kala^ dans la province minière d^ Arou^ dont la capitale actuelle est Diam. Une partie de cette tribu descendit retrouver les primitifs dans le Mossi actuel et forma la classe àes Armas^ qui gouverna le pays jusqu'à l'arrivée des Naba-Ia de Gambaga-Natenga . Plusieurs membres de cette famille Anna, les Silla ou hilla^
poussèrent jusqu'aux rapides de Boussa où ils résident toujours, parlant un dialecte Sarakolle.
Les régions nigériennes fuient à cette époque très prospères, sous l'influence des gens de Dia et des Gara descendus du Nord. Les Blancs s'étant toutefois emparés du pouvoir avec les El-Kaya-Magha de la tribu des Annés (ou Anna) de la confédération des Oua-Korey^ leur ville, Ganna, devenait alors la capitale du Soudan.
Des environs de Bassikoiinoii descendaient différentes tribus Ouakoreij qui, les unes, sous le commandement d'une femme, s'établirent à Killa et les autres dirigées par le frère de cette femme, s'installèrent à Nono (1), dans la plaine inondée.
Ces peuples fondèrent dans la suite un état indépendant et furent nommés les Nononkés dont actuellement les Kar- Ambé (2) et les Ka^^Ambé^ dans le Pignari et le Douleri (3), sont les descendants.
Pendant cette période d'activité commerciale, et d'exploitation de mines, les gens Dia bâtirent la ville de Djennéy vers Tan 800, avec le concours des pêcheurs Bozos et pour en assurer la prospérité future, ils firent même enterrer une vierge dans ses fondations (4) ; sacrifice barbare qui, d'après les traditions, aurait été fréquemment ofiert dans la vallée Nigérienne.
Heureusement située, Djenné prit rapidement un grand
(1) Voir Monteil, Djennéy p. 26i.
(2) Ces tribus Hambé ont donné leur nom à tous les peuples de la montagne, Hambé-Habbé.
(3) Douleri veut dire pays des Rouges, Oulé-ri.
(4) V. Monteil, op, cit. y p. 28. Ce sacrifice a été également offert à Gourao et à Kabara ; disent les légendes. Cette coutume sanglante parait se rapprocher de certains rites Babylonniens(?).
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essor et devint en particulier un centre commercial, important pour les populations du Plateau central.