III. — Invasion dos Sousous
Tous ces peuples rouges prospéraient dans les plaines et sur les plateaux nigériens, lorsqu'ils eurent à subir les attaques d'un puissant chef Sousou et de ses nombreux cavaliers. Incapables de résister à ces barbares qui tuaient les hommes, emmenaient les femmes et les enfants en esclavage, ces primitifs s'enfuirent dans les montagnes qui bordent le Sud des grands lacs nigériens. Là, ils s'établirent dans les sites où, selon leur expression, « les chevaux des vainqueurs ne pouvaient les poursuivre ». Devant le danger commun, tous s'allièrent, les Houges-Korongoï des plaines et les derniers primitifs Telle, Râla avec les lerré, négrilles, habitant encore les rochers, pour repousser les attaques des envahisseurs.
Ils se créèrent des refuges dans les strates des falaises abruptes, bâtissant de petites constructions en briquettes et en pierres cimentées d'argile. Placés dans les fentes des rochers et les abris sous roches, ces villages n'étaient aborda^ blés que par un sentier d'accès très difficile, serpentant sur des corniches étroites : quelquefois même des crampons en fer en permettaient seuls l'escalade.
Tant que la plaine fut occupée par ces cavaliers et jusqu'à ce que la paix fut conclue par le ralliement de plusieurs de ces tribus aux clans du Serpent^ ces refuges abritèrent lea femmes et les enfants, recelèrent des provisions et même servirent de sépulture aux morts.