IV. — Arrivée des twk^itîfm de Ganna
Djennéy grâce à sa position au milieu des marécages, put résister aux Sousous, tandis que GannUy la capitale, construite sur les bords d'un marigot, près du Niger, entre Nyamina et Bamamba fut pillée vers 1230 (1). Vainement, les tribus qui Tentouraient cherchèrent à continuer la lutte, les confédérés Ndao, Fofana^ Dion^ Taraoré^ Dembelé^ Konaté, Déméj BaroUj Sériy Guiré, etc., formant le clan des Gannnma furent vaincus et la division se mit parmi eux. Les Dembeléj Taraoréj par l'intermédiaire des Diara (2), passèrent au clan des Keitay pour former les Malinkés. Les Dions devinrent en partie serfs de guerre. Les Dembelé et les Konaté se déclarèrent « griots » des vainqueurs. Les Guiré se firent, les uns Somonos, les autres forgerons. Seuls les Ndao et les Fofana continuèrent encore là lutte avec quelques autres familles ; mais lassée, épuisée, une partie des irréductibles va chercher un refuge au Sénégal chez les Diaoua (3), tandis que les autres remontent sur Djenné et viennent s'établir à Textrémité Sud-Ouest des falaises montagneuses, près des Bobos et des Samosy dans une province qui a pris aujourd'hui leur nom : GannaMa.
(i) D' Tautain. Légendes et Traditions des Soninké. Bulletin de géographie historique et descriptive 1895 (Les Sousous auraient détruit le Royaume de Wagordon en i203).
(2) C'est à cette époque que les Dia se rallient aux Serpents et deviennent les Sa ou Zâ ; les pécheurs de Farang deviennent les Sorkos, les Songoï ouïes Bosos et le pays de Dia ou Diaka : Diagheri actuellement s^appellera alors le Sagheri ou Zagheri du Tarick. (Voir Monteil).
(3) Ils deviendront plus tard les Diouando ou Diawandos des Foulbés.
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\. — Tribus venant chercher an refn^^ dans la nionta§^e pendant la période historique
A partir de cette époque, les populations de la montagne verront s'adjoindre à leurs groupements une partie des tribus que les révolutions des empires nigériens déplaceront ; événements qui nous sont décrits par les historiens et les chroniqueurs des pays soudanais.
Sous Tempire de Melle, vers 1326, Kankan-Mansa^Moussay allant faire la conquête de Tomboiictou et du Songhoî abandonne dans les montagnes du Tombola une tribu Marka-Malinké, les Kanseigné. Vers la même époque les Mossiy allant piller Tombouctou (1), laissent également les tribus Morogoï vers le Hombori et Doueniza.
Plus tard,lorsque les provinces du Songhoi s^aSvenichisseni du joug des souverains de Mellé, leurs chefs, appartenant k la famille des Dias ou Za^ restent affiliés à la Sonna des Senhadja sous la dépendance d'anciennes tribus du clan des Rouges. Mais^ dès qu'ils sont indépendants, ils prennent les titres de SunnùKolon (2) ou Snnni-Karadjïy et leur ambition cherche à réunir, sous leur domination, tous les anciens peuples Rouges : Garanké, Koromei, Korongoï, Kolon.
Un d'eux, Sunni'Ali-Karadjitey « Ali de la Sonna des Rouges », n'hésite pas à employer la force pour rallier tous les anciens affiliés Rouges. Pour cela il assiège Djenné^ qu'il restaure après sa chute, puis soumet à son autorité la reine
(1) Tarick, p. 16 et 17.
(ï) Tarick, p. 9.
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Bikoum^Rabi des Nononkés, affiliés également aux Senahdja (1).
Une partie de ces populations de la plaine se réfugient dans
les montagnes pour fuir les colonnes du conquérant. Et de
•nos jours leurs descendants se nomment les Djennenkés (2) et
\M NùnùnkéS'Hambés des tribus Kar-Ambé et Kas-Ambé (3).
Les Askias^ en succédant aux Sunni, firent plusieurs expé- •ditions dans le pays des montagnes de Dom (4), que leurs prédécesseurs n'avaient pu soumettre. Ils réussirent seulement à imposer leur suzeraineté vers le Hombori, Les membres des familles Nadïemba^ Maïga^ Kaija, sont actuellement .les derniers représentants de cette occupation.
Pendant la domination marocaine, 1591-1760, les régions du plateau central se rendent entièrement indépendantes, recevant les fugitifs des diverses tribus révoltées contre les conquérants et prêtant même l'appui de quelques bandes d'aventuriers aux Askias soulevés contre leurs suzerains. Mais les caïds marocains s'étant affranchis de l'autorité du pacha de Tombouctou^ Toccupation militaire du Soudan se trouve réduite à quelques villes ; aussi voyons-nous progresser vers les plaines nigériennes les clans des Bambara^ formés d'éléments disparates, sortis des forêts du sud-ouest qui, jusqu'en 1593, avaient été tenus en vassalité par les Uansa de Mali.
Vers 1700, les Bambara arrivent au Niger, et leur chef
(1) Tarick, p. 26 et 404.
(2) Monleil, Monographie de Dfenne, p. 263.
(3) Ces tribus forment les familles : Ba-Ouma, Ba-Kouma, Ba-Koro, Ba-Kandia, Ba-De, Ba-Balif Ba-SanOy Ba Badji,
(4; Tarick, p. 405.
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Bitton Couloubali fonde TEtat de Segou, faisant des tribus Korongoï ses vassaux : (griots, forgerons, garasa, sanké, etc.). Un des successeurs du Fama de Segou, Ngolo^ 1754-1787 promena ses bandes de pillards Bammanas jusqu'à 7\)mbouctoti.
Le Masina et toutes les plaines, sauf Djennr, devinrent tributaires de ces fétichistes, jusqu'au moment où, à leur tour, les Foulbés se révoltèrent sous la conduite AAmadhoUj fils de Lobo'BoiiboUy de la famille des Bari. Ce marabout Peulil, revêtu du titre de Cissé, lorsqu'il entama sa révolte contre VAy'do (( chef Peuhl », du Masina et les Bambaras, prît immédiatement le prétexte d'une guerre sainte contre les infidèles pour pallier son ambition.
A son appel (1810), tous les pasteurs Foulbés et les aventuriers de la région vinrent grossir ses bandes. Les BambaraSy qui occupaient la plaine lacustre, durent alors chercher un refuge dans le massif de Bore, un des contreforts Nord du plateau de Bandiagara,
A l'exemple de Ousman Dem Fodio, sous la protection duquel il s'était d'ailleurs placé et qui venait de créer l'empire de Sokoio, Scheikou Amadhoti, crée l'empire d'Hamdallahi p'dv soulèvement de tous les éléments Foulbés, pasteurs du Soudan occidental.
Après la prise de Djenné, cet émir des Foulbés porte la guerre vers Toinbouctou où il entre en contact avec les Touareg, amenant ainsi l'intervention des Kountah à'El Bakay, Une guerre dévastatrice se déchaîne alors entre tous ces pasteurs nomades, qui va détruire de fond en comble, en accumulant ruines sur ruines chez les séden-
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taires, les derniers vestiges de la civilisation apportée sur les rives nigériennes parles peuples du Nord.
Cette guerre désastreuse, commencée sous Scheikou Ama" dhouy 1810 1844, se continue sous ses successeurs, Amadou Scheikou Amadou^ 1844-1852, et Amadou- Amadoxi^ 1852- 1861 ; elle recommence à l'arrivée des Foutankes à'El Hadj Omar^ 1861-1863, se poursuit avec ses neveux Tidjani^ 1863-1887, eiMouîiirou, 1888-1891, et ne se termine qu'à la prise de Bandiagara par le colonel Archinard^ le 29 avril 1893, lorsque nos colonnes victorieuses détrônent Amadou^ 189M893,
Pendant toute cette période de luttes incessantes, les tribus de la montagne prêtèrent leur appui à tour de rôle à chacun des combattants : Foulbés^ Kounlahy Fouiankés-Toucouleurs, Elles profitèrent même de la désorganisation générale du pays pour envoyer dans les plaines des bandes de pillards qui venaient cacher leurs captifs et leur butin dans les montagnes.
Le seul fait intéressant que nous ayons à signaler pendant cette longue époque de guerres, fut Tenvoi à Tombouctou du chef Habbe Kanseigne de Kani-Gogouna^ par VémiT Amadhou Scheikou y pour ordonner aux gens de 7V>mbouctou de renvoyer le docteur Barth (1854).