‹ Le plateau central nigérianChapitre 35 sur 100 · VIE SOCIALE · texte numérisé non relu

VIE SOCIALE

!• — La famille. Op§^aniHation §^énérale. Parenté.

Dans toutes les populations non musulmanes du plateau central nigérien, à l'exception toutefois du petit groupe de Bambaras de Boré^ nous nous trouvons en présence, dans l'organisation de la famille, d'un ancien régime matriarcal. Partout nous pouvons constater l'absolue liberté laissée k toutes les femmes ou jeuncsfilles de disposer librement de leur corps. En outre le mariage n'a lieu que sur le consentement de la femme, sans achat ni dot et n'a pour unique but que la procréation d'enfants qui soutiendront leurs parents dans la vieillesse. Les mariages se rompent de même très facilement par le divorce. Chez certaines tribus mélangées d'une forte proportion d'éléments primitifs comme les Hotimbébé « Houm" boï », cette rupture a lieu par simple consentement mutuel.

Cette facilité de nouer et de rompre les unions avait déjà été signalée parles auteurs anciens ; Strabon et Silinius nous parlent « des Garamantes comme dune tribu éthiopienne qui ne

absolument interdits entre pécheurs et montagnards, car celui d^entre eux qui aurait le malheur de faire couler le sang de son frère serait menacé, lui et ses proches parents, de calamités inouïes.

M. Charles Monteily dans sa monographie de Djenné s'exprime ainsi sur la parenté par « serment du sang » :

« Cette cérémonie consiste à faire boire à chacun des con- (i tractants du lait de chèvre auquel on a mêlé quelques gout- « tes de sang prises au bras de celui vis-à-vis duquel il s'en- « gage,

« Par là se forme une fraternité indissoluble et dont les a conséquences sont autrement plus importantes que celles « qui dérivent de la naissance ; elle lie non seulement les « contractants mais aussi tous leurs descendants, sans excep- « tion, et aujourd'hui encore ces alliances conclues depuis « des siècles restent entières. Faire couler le sang de quelce qu'un qui vous est lié par ce pacte est infiniment plus grave « même qu'un parricide, car il en résulte une rupture dont « les conséquences sont incalculables. C'est pourquoi les « hommes poussent parfois le scrupule jusqu'à ne pas épou- « ser les vierges qui leur sont, selon leur expression, cousi' « nés par serment du sang » (1).

Ce serment constitue le plus ordinairement une alliance défensive et offensive, par laquelle se trouvent immuablement fixées les situations respectives des deux alliés.

C'est à cette môme idée de parenté et de serment par le sang qu'obéissent les individus et les familles qui, sous peine de grand malheur, se voient dans l'obligation de ne jamais tuer

(4) Monographie de Djenné, Gh. Monleil, p. 320.

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Fig. m. — Uni: maisuiiilr.' DjcnnA,

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OU manger et même quelquefois simplement regarder les animaux Tabou emblèmes « Tanna ^st de leurs noms.

Cette idée de parenté par le sang a fait naître une coutume très répandue même chez les Musulmans, et rigoureusement observée par tous les peuples Foulbés. Elle consiste à considérer les beaux parents comme « Tanna » Tabou après la consommation du mariage. Par suite, il est interdit a leur gendre de manger en leur présence, de les regarder et même de leur parler, sans avoir le dos tourné en fixant les yeux au loin.

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