‹ Le plateau central nigérianChapitre 42 sur 100 · VII. — Vie domeMtique · texte numérisé non relu

VII. — Vie domeMtique

Dans la vie domestique, le devoir de la femme est de s'occuper spécialement de la préparation des repas, de faire les provisions d'eau, de bois et d'écraser le mil et les céréales.

Au moment des travaux des champs, elle aide généralement son mari (1), mais toutefois en se réservant quelques cultures spéciales de coton, tabac, indigo, oignons, etc., qu'elle soigne particulièrement.

Elle vend î\ son profit personnel une partie du produit de ses cultures; et chaque semaine se rend sur un des marchés du voisinage pour échanger ses cueillettes ou les objets qu'elle a fabriqués pendant la saison sèche : savon, vannerie, coton filé, pain d'indigo, etc , etc.

Le mari, lui-même, en dehors de la saison des cultures, entreprend, avec ses camarades, des chasses, des pêches dans les mares et marigots, s'occupe de l'exploitation du fer, de la préparation des cuirs, du tissage (2), etc., mais à mesure qu'il avance en Age et que le nombre de ses enfants augmente,

(1) Excepté cliez les primitifs « Houmbi » oi\ la femme n'aide pas son mari, se réservant des cultures personnelles dans un champ particulier. Les époux ne s'aident en principe que pour aller chercher l'eau et le bois.

(2) Plus on pénètre »lans le Sud et l'Ouest chez les primitifs, plus le nombre des travaux que savent exécuter les hommes libres diminue. Déjà les Houmbi et les Samos et Bobos ignorent le tissage, qu'ils cherchent à faire fabriquer par des captifs ou serfs : plus au Sud les Lobi ignorent non seulement le tissage, mais la production du fer, tout en connaissant encore la poterie, la vannerie et le travail du bois, qu'ignorent les populations plus primitives de la forél. .

HABBÉS 2S7

il se contente de diriger les travaux des champs et les entreprises commerciales de ses fils. La plus grande partie de ses journées se passent sous un des nombreux abris de la place publique avec ses vieux camarades, î\ boire de la bière de mil, à fumer des pipes et à causer politit[ue, tout en fabriquant des menus objets de bois et de vannerie.

Cette occupation constante à de petits travaux manuels est à remarquer chez ces montagnards et à comparer avec le désœuvrement de bon ton de tous les lïiusulmans de la plaine.

La femme, en plus des soins du ménage, élève ses enfants et les nourrit; mais pendant la période d'allaitement, elle doit cesser toute relation avec son mari Elle habite une chambre dans la maison de son époux, sauf pendant ses indispositions mensuelles.

En etiet chaque mois pendant toute la durée de leur indisposition les femmes et les jeunes filles doivent quitter non seulement la maison de leur mari ou de leur père, mais encore le village, et aller vivre en dehors dans une maison qui leur est spécialement allectée (1).

Pendant cette période qui est considérée comme néfaste, la femme ne doit pas rentrer dans le village, ni se servir de ses instruments de ménage ordinaires. Son mari, dans les tribus primitives surtout, n'ose entreprendre ni voyage, ni chasse^ ni semailles, de crainte de malheur.

Son indisposition terminée la femme rentre à la maison après s'être purifiée.

(I) Ej^alement dans les tribus maures, Allouchs Meschdoufs, pendant leur période de flux menstruel les femmes n'ont aucun rapport avec leur mari et se tiennent à l'écart. Sarrazin, Les races hnmaities au Soudan français, t. I, Gliambéry.

Cette coutume également très répandue dans toutes les tribus primitives du centre de la Boucle et de la Forêt, n*est pas en usage chez les envahisseurs Soussous, Bambaras ou Foulhés,

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