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jusqu'aux rats, lézards et serpents, et même les fauves, les oiseaux carnivores et la hyène.
Les espèces végétales utilisées dans Talimentation sont : les céréales cultivées, les mils, les sorghos, les maïs, le riz, le blé; puis les légumes: les niébés (haricots dont on trouve diverses variétés en avançant vers le Sud), le goumbo, l'arachide, la patate, l'igname, les pastèques et les courges, le manioc, avec les condiments, piments, poivre, tomates, oseille. Enfin tous les fruits de la brousse : karité, beurre végétal, le nette ou nerré (farine contenue dans les gousses du « Parkia biglobosa » et dont les noyaux servent à confectionner un condiment nommé simbala); la farine des gousses de baobab, et les feuilles de baobab, les fruits du borassus (rhonier), les graines sauvages de la brousse « cram-cram » (pennisetum dystichum)^ des riz sauvages, de folles avoines, enfin les pommes et les racines des nénuphars.
Tous les aliments, à part les fruits, sont cuits : les farineux écrasés en coulis, « kous kous », et les légumes à Tétoufiée, sont mélangés à la viande ou au poisson, et assaisonnés d'une sauce très relevée. Les viandes sont généralement grillées en quartiers ou en brochettes, lorsqu'elles ne sont pas cuites à rétouflfée avec les farineux pour former le i» kous-kous ». On fait également des crêpes de farine, des gâteaux, des bonbons avec du miel et de la farine d'arachide pimentée et des berlingots de bourgou.
Les villages aisés de la montagne et des plaines Sud amassent toujours des provisions pour l'avenir : les poissons et les viandes quelquefois, sont séchés et se mettent en réserve pour la période des hautes eaux et de Thivernage ou sont vendus sur les marchés de Tintérieur.
Les céréales sont conservées généralement en épis dans des greniers spéciaux ; cependant, on prépare toujours d'avance de la farine de mil, que Ton façonne en grosses boules, dans les villages aisés, avec un peu de miel et de piment, et qui servent de provision de route, très pratique pour les voyageurs ou les travailleurs des champs, il suffît en effet de faire dissoudre la houle dans du lait ou de Teau pour ohtenir très rapidement une boisson agréable et nourrissante. Cette préparation se nomme « dhùne ».
N'ayant pas de sucre, les llahhés-Gara élèvent des abeilles dans les rochers et leur font de petites ruches en pierre ressemblant aux cases sépulcrales. Dans les plaines, ils placent de véritables ruches désinfectées au feu sur les gros arbres. Mais cet art de Télevage disparait chez les primitifs du Sud, comme chez les Bambaras qui se contentent d'enlever le miel sauvage des cavités des arbres ou des rochers.
Avec ce miel ils composent un hydromel très capiteux, réservé généralement aux chefs, et font également d'autres boissons alcooliques, comme le vin de palme, rare dans cette région et qui, de ce fait, revient aussi de droit aux vieillards chez les Kanseignés Markas. Comme breuvage plus répandu, nous leur voyons fabriquer une boisson sucrée et alcoolique tirée du bourgou, puis faire des piquettes de fruit avec les gousses de tamarin ou les jujubes et principalement avec le fruit d'un prunier sauvage très cultivé sur les plateaux « Chrysobalamis Icnco des Antilles » et le fruit du Sabira, nommé « raisin du Soudan » « Ainpelocinus ».
Mais ces boissons ne sont utilisées que temporairement pendant la saison des fruits, tandis que toute Tannée, selon les ressources de leurs greniers à céréales « kroukrou à
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mil», les indigènes préparent journellement le dolo ou bière de mil, dont Tusage s'est répandu chez tous les primitifs.
Les repas, préparés par les femmes, qui trouvent dans le broyage des grains et la cuisson des aliments leur plus absorbante occupation, sont pris à des heures régulières. Le matin, vers 9 heures, soit aux champs, soit à la maison, on mange généralement des crêpes et du dhône froid ; vers 3 heures de Taprès-midi, au retour des travaux agricoles, on fait une collation ; enfin le soir assez tard, vers 9 ou 10 heures, après la rentrée des troupeaux, on mange le « kouskous ï>, dont les reliefs servent de premier repas au réveil. Comme nous l'avons vu, le mari est toujours servi dans un plat à part, qu'il mange généralement avec ses amis ou ses invités sous la vérandah de la place publique ; les femmes et les fillettes ont leur plat, un autre est envoyé aux garçons soit aux champs, soit dans leur maison, enfin le dernier est réservé aux passagers, aux manœuvres temporaires. Tous mangent et boivent gloutonnement « jusqu'à ce qu'ils soient pleins », selon leur expression ; et pour porter leurs aliments à la bouche ils n'utilisent que leur main droite ; à part les Touaregs et quelques Gara-Nononkés et Laobés, qui se servent de cuillers en bois.
• — Aectiuehcment
Lorsque dans la région de Bandiagara une jeune fille est enceinte, elle imite les femmes nouvellement mariées de la région de Tombouctou qui quittent leur mari dès le deuxième mois pour aller faire leurs couches chez leurs parents.
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A part le cas de ces jeunes amantes, les femmes, iNononkés, Bozos, Hambés, font leurs couches dans la maison de leur mari, près de Fautel de famille. Au moment de Taccouchement, on ne laisse pénétrer dans leur chambre que les vieilles femmes non soupçonnées de sorcellerie. La jeune mère est assise sur un petit tabouret très bas, le dos appuyé au mur, les jambes allongées, comme chez les femmes arabes (1) ; elle accouche dans cette position, massée sur le ventre et sur les cuisses par les vieilles femmes qui reçoivent Tenfant et le lavent à Teau chaude ainsi que la mère.
Après l'opération, Taccouchée doit prendre un bouillon composé d'eau chaude, d'huile, de sel et de jus de viande, et reste alitée une dizaine de jours.
A ce moment, elle se lève, va remercier les personnes qui l'ont secourue, et faire des visites à son beau-père etaux amies qui sont venues la voir après la naissance de son enfant.
Une coutume bizarre'en usage à ïombouctou, à Djenné, et dans toute la montagne Hambés, veut que les femmes allant faire visite à une jeune mère nouvellement accouchée se barbouillent la figure avec un mélange d'ocre jaune ou rouge mêlée de safran nommé « Tadara ». Peut-être est-ce pour empêcher Tûme de l'enfant qui vient de vagabonder par le monde de les reconnaître et de s'enfuir ??...
Dès que la mère est remise complètement, elle offre à ses amies une « fête » que lui paie son mari.
Chez les « Oumbi » et les primitifs du Sud, le mari cesse toute relation avec sa femme pendant le temps de l'allaite-
(i) Les femmes Bambaras cl Peuhls, et Songho: accouchent accroupies, à genoux, en se tenant au montant ;ie la case.
ment de lenfant, environ deux ans, et ne fait aucune fête en rhonneur « du nom de r enfant ». Au contraire, nous voyons la femme reprendre la vie maritale le troisième mois vers Tera et dans la montagne, puis le trente-troisième jour si elle est accouchée d'un fils et le quarante-quatrième si c'est d'une fille chez les Foulbés et les Musulmans de la vallée nigérienne. Ces Musulmans tuent un mouton ou un bœuf le jour de la naissance d'un enfant et font distribuer du sel et du mil aux pauvres du village.
Nom donné à l'enfant. — Chez les Hambés-Gara, le père donne à son enfant le nom du dernier de ses parents morts ou celui de la personne décédée dont Tun des deux époux aurait vu l'image en songe pendant la période de gestation.
Car pour tous les « Gara » une partie de TAme des morts (le nombril) vient toujours se réincarner dans la famille.
Si une femme accouche de jumeaux, ce qui est très rare paralt-il dans cette race humaine, le père offre immédiatement à la divinité toute puissante ce Amma » un sacrifice pour la remercier de cette insigne faveur.
Dans aucune de ces populations montagnardes (2) on ne fête « le nom de l'enfant » comme il est d'usage chez les Musulmans nigériens.
Cette fête du nom qui se donne le septième jour après sa naissance consiste à présenter l'enfant au parrain, désigné pour lui donner un des noms choisis par les parents, (icux-ci
(1) Dans certaines tribus du Sud ce phénomène est tellement anormal que Ton tue un des jumeaux. D»" E. Ruelle, Anthropologie, 1904, t. XV, 6, p. 686.
(2) Les « Toro » habitant près de lloumbori et métissés de Peuhis la font cependant le iie jour.
oflFpent à la personne qu'ils veulent honorer une jatte de lait sur lequel flotte un certain nombre de pailles représentant les noms choisis. La première paille enlevée par le parrain décide du nom de Tenfant (Tombouctou, Foulbés, Ould Badi, Berbères).
Ensuite, on rase la tête du nouveau-né et on tue un mouton. Toutefois il convient de ne pas « encadrer de deux couteaux le baptême » sous peine d'attirer de grands malheurs sur l'enfant, c'est-à-dire qu'il ne faut pas raser Tenfant avant le baptême et tuer le mouton après, ou inversement. Ces deux opérations exécutées avec le couteau, doivent se faire ou avant, ou après l'offre au parrain de la jatte de lait.
Il est encore d'usage qu'un enfant ne peut sous crainte de malheur s'entendre appeler par le môme prénom que son père, du vivant de ce dernier; ce ne sera donc qu'après la mort du chef de famille que son fils surnommé jusqu'alors « Kamoï » pourra reprendre son vrai nom.
D'où l'origine de la coutume Mossi, qui à chaque avènement du roi « Maro-Naba » oblige tous ses homonymes à changer de noms.
Dans les montagnes de Bandiagara, le fils d'une veuve né après la mort de son père s'appelle généralement « Endoumou » le « mal arrivé » et un bâtard se nomme Thagnion(l).
L'enfant d'une fillette de 15 ou 16 ans, né avant son mariage, se nomme Yendi ou Nicni (2), si c'est une fille, et Ântimé ou Antibé, si c'est un garçon.
(1) Village de Diam, province d'Aroua.
(2) Nieni est un des noms que l'on donne à IMme qui court la brousse avant de se reincarner, c'est aussi le nom de Tenvoyé de Dieu,
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