‹ Le plateau central nigérianChapitre 5 sur 100 · PLANCHE IV · texte numérisé non relu

PLANCHE IV

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GÉOGRAPIIIK 9

sont légèrement relevées vers le N.-E. (18") ; tandis que les roches sédimentaires calcaires au Nord du massif du Ilombori sont complètement redressées, les bancs alignés dans la direction N.-N.-O.

Ce sont ces assises calcaires connues sous le nom de marbre de Hombori, teintées noires ou roses, qui sont exploitées par les villages situés sur les derniers contreforts des monts Hombori. Actuellement on fabrique avec ces roches des bracelets en marbre vendus sur les marchés de la région. Autrefois à l'époque néolithique africaine on a fabriqué avec ces mêmes roches un grand nombre d'instruments que Ton retrouve dans les environs.

Note minéralogique de Af. le Professeur A. Lacroix,

membre de r Institut,

M. le professeur M.-A. Lacroix, membre de Flnstitut, a bien voulu, avec son obligeance habituelle si connue de tous les coloniaux, examiner et déterminer les échantillons rapportés de ces régions nigériennes. D'après le savant professeur, ces roches se classent ainsi :

V Roches éruptives, région de Dounzou :

a) Diabase à grands éléments ; cette roche évolue vers le Gabbro. Se rencontre en abondance aux environs immédiats de Dounzou.

b) (Roches vertes : nmphibolifes) des environs de Yatakala, paraissent être des diabases rendues schisteuses par actions dynamiciues.

3® Roches métamorphiques, au sud de Dounzou :

10 (IÉOGRàPHIK

Roche compacte formée essentielloment depyroxènes aveo quelques paillctles de chlorite. Cette roche a Taspect d'iiae cornière de contact. Il n*y aurait rien d'étonnant à ce qu'elle résulte du métamorphisme d*un calcaire au voiBinage d'une roche éruptive du type a) de la région de Dounsou, diabase à grands éléments.

8* Roches sédimentairei :

a) Grh, Type presque exclusivement constitué par des grains de quarts (monts Douentza, mont Toure^ mont Tombori, mont Dalla, plateau de Bandiagara).

b) Grès riches en débris de feldspath : arkose, indiquent le voisinage d'un massif granitique (monts Kikera, massifs du Ilombori, et souhWcments du Nord du Niger deTondidarou î\ (joundam).

Les roches des massifs de Hombori ne présentent pas de ditTérences essentielles entre lés conglomérats à gros éléments et les grès arkoses à grains fins, sauf cependant que ocux-ci sont en moyenne plus feldspathiques.

c) Quartzites feldspathiques. Ce sont des roches métamorphisées appartenant sans doute à une série plus ancienne que les grès. Ces quartzites se rencontrent sur la rive gauche du Niger : l* au Nord vers Niodougoii et Sumpi; 5!** le long et à l'Est du fleuve, vers les rapides de Rentia, Fafa, Ouatagounna Karou en amont des rapides de Labezcnga.

(^s roches ont servi à fabriquer un grand nombre d'instruments préhistoriques; c'est au Nord de leurs massifs de TEst Nigérien que se trouvent des gisements importants de psilomelane formant le pic d'Agaula en aval d'Ansongo.

d) Calcaires : rien de spécial à en dire au point de vue minéralogique, se rencontrent au Nord et h TEst des massifs

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- Kiilul^i' <U: Uui'u-liailu

GÉOGRAPHIE il

du Hombori, formant les marbres roses et noirs exploités par les indigènes; elles se présentent par assises redressées verticalement, dirigées vers le N.-N.-O (fig. 27).

c) Les minerais de fer de cette région sont constitués par de Vhématite noir et des Umoniles.

En résume le massif central nigérien est peu intéressant au point de vue minéralogique (l). 11 est essentiellement conAtitué par des assises sédimeutaires calcaires ou gréseuses avec les minerais de fer habituels à ces régions; seuls les gisements de psilomelane présenteraient un intérêt économique. Ils sont situés sur la rive gauche du Niger entre Ansongo et Dounzou, affleurant sous forme de collines avant 2.) c\ oO mètres de haut (pic d'Agaula) sur une longueur de 800 à 2.000 mètres (fig. 25 et 20).

Malheureusement la grande distance qui sépare de la c6te, ces gisements d'oxyde double de manganèse utilisé dans les aciéries, hauts fourneaux et céramiques, n*en permettra pas facilement Texploitation ; d'ailleurs actuellement TAngleterre fournit TEurope de ce minerai qu'elle exporte de ses colonies des Indes et de Birmanie.

Au point de vue géologique d'intéressantes trouvailles furent faites pendant le cours de cette mission, et comprennent divers gisements fossilifères (1 oursins {Linthia) et à ïi\x\' iveB{Lopha) du crvtacé supérieur exploré dans la vallée sèche {dallol ) de Toued Tolemsi, aboutissant au Niger près du coude de Bourem.

Cette découverte a été complétée par celles du capitaine

(\) Les indigènes recueillent, par le lavage des terres vers Hombori et et Bel ia, des nitrates qui leur servent à fabriquer de la poudre. Mais les affleurements ne paraissent pas très importants (fig. 28).

Théveniaut recueillant des huîtres du même genre dans le calcaire de Tabankort à 100 kilomètres plus au Nord dans cette môme vallée du Telemsi, et rapportant de Mabrouk à 400 kilomètres au N.-N.-E. de Tombouctou des calcaires à « Cardila-Beatnnonti » qui sont à peu près du même àge(l).

M. de Lapparent a montré, dans une communication faite en 1904 k TAcadémie des sciences, la grande portée théorique de ces découvertes paléontologiques.

Aujourd'hui il parait évident qu'une mer crétacée, prolongement de la Méditerranée, baignait la partie septentrionale du massif ancien du Tchad et du Niger; elle était limitée au Nord par le massif également ancien de TAïr et de TAhaggar; elle communiquait vraisemblablement vers l'Atlantique à rOuest, mais il faudrait le démontrer.

Les observations faites par des voyageurs étrangers viennent de prouver que cette mer crétacée du Damerghou communiquait du c6té du Sud avec le golfe de Guinée par un bras de mer plus ou moins large, ouvert entre les schistes cristallins et les roches éruptives du Bornou, du Baguirmi, etc., à TEst et ceux de la rive gauche du Niger à l'Ouest.

Des ammonites turoniennesy en effet, ont été trouvées à Gongola dans la Nigeria septentrionale et sur le même méridien^ mais plus au Sud, dans le bassin moyen du Muugo (Cameroun) par M. Esch ; enfin on sait que des fossiles du même Age sont connus au cap Lopez et ?\ Libreville (2).

(1) Extrait de la Revue Coloniale » Résultats niinéralogiques et géologiques de récentes explorations dans l'Afrique Occidentale Française», par M. M. -A. Lacroix, membre de l'Institut. Conférence faite au Muséum d'Histoire Naturelle, le 11 mars 1905.

(2) M. A. Lacroix, op. cit.

PLAKCHE Vlll

Théveniaut recueillant des huîtres du même genre dans le calcaire de Tabankort à 100 kilomètres plus au Nord dans cette môme vallée du Telemsi, et rapportant de Mabrouk à 400 kilomètres au N.-N.-E. de Tombouctou des calcaires à « Cardila-Beatimonti » qui sont à peu près du même àge(l).

M. de iMpparent a montré, dans une communication faite en 1904 à TAcadémie des sciences, la grande portée théorique de ces découvertes paléontologiques.

Aujourd'hui il parait évident qu'une nier crétacée, prolongement de la Méditerranée, baignait la partie septentrionale du massif ancien du Tchad et du Niger ; elle était limitée au Nord par le massif également ancien de TAïr et de TAhaggar; elle communiquait vraisemblablement vers TAtlantique à rOuest, mais il faudrait le démontrer.

Les observations faites par des voyageurs étrangers viennent de prouver que cette mer crétacée du Damerghou communiquait du côté du Sud avec le golfe de Guinée par un bras de mer plus ou moins large, ouvert entre les schistes cristallins et les roches éruptives du Bornou, du Baguirmi, etc., à TEst et ceux de la rive gauche du Niger à TOuest.

Des ammonites turoniennesj en effet, ont été trouvées à Gongola dans la Nigeria septentrionale et sur le même méridien^ mais plus au Sud, dans le bassin moyen du Muugo (Cameroun) par M. Esch ; enfin on sait que des fossiles du même Age sont connus au cap Lopez et à Libreville (2).

(i) Extrait de la Revue Coloniale « Résultats minéralogiques et géologiques de récentes explorations dans l'Afrique Occidentale Française», par M. M. -A. Lacroix, membre de l'Institut. Conférence faite au Muséum d'Histoire Naturelle, le 11 mars 1905.

(2) M. A. Lacroix, op. cit.

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