XV. — DiahloH. Divinitéf<i malfaisantes
Les populations montagnardes Habbés désignent les génies malfaisants sous le nom de Baraguile (diables de brousse) correspondant aux I)j innies des Berbères ou aux Guindé des Malinké de l'Ouest.
Ces mauvais esprits habitant les fourrés de la brousse, s'amusent à frapper les voyageurs la nuit, à leur donner des étourdissements le jour et à communiquer la lèpre ou les diverses maladies qui s'abattent sur les hommes et sur les animaux.
Suivant les uns ces génies seraient des divinités punies par Amma pour avoir désobéi au grand Bouna ; selon les autres ce sont des dieux protecteurs abandonnés par leurs serviteurs et laissés sans culte par suite des nombreuses guerres qui causèrent la disparition d'une partie des familles primitives avant fait alliance avec eux.
Devenues, depuis cet abandon, vindicatives et méchantes ces divinités s'acharnèrent par la suite sur les humaijis, et sur les nouveaux occupants du pays, suscitant les accidents.
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semant les maladies et la mort en réclamant des offrandes.
(^es vengeances sont le résultat inéluctable de ralliance personnelle de la divinité locale avec le premier propriétaire du sol. Et la crainte de ces calamités obligea souvent les conquérants envahisseurs à faire montre d'une certaine modération envers les vaincus ; car il est généralement admis que si le maître primitif maudit le sol, son génie protecteur le rend définitivement improductif.
Une conséquence curieuse de cette crainte de la vengeance divine, est de retrouver de nos jours, dans le cercle de Djenne (1), des Markas conquérants, aujourd'hui musulmans, qui continuent à adresser chaque année, par tradition, au moment des semailles et des récoltes, des offrandes à certaines familles de Bosos, premiers habitants du pays, pour que leur divinité protectrice ménage les récoltes.
Dans les tribus montagnardes où domine l'élément noir aborigène, on trouve dans chaque canton un prêtre nommé « Laggam », sorte de sorcier intrigant qui se dit Tintermédiaire surnaturellement désigné par la divinité, entre les gens du village et les génies errants, sans culte, et malfaisants.
Ayant reru le pouvoir divin d'entrer fréquemment en relation avec ces génies il est chargé par le village de leur offrir des libations ou des sacrifices pour les apaiser et écarter leurs malédictions.
Chaque année le Laggam, ou à son défaut, le vieillard le plus Agé du village, TAnna-gara, doit faire une série de sacrifices pour apaiser ces divinités abandonnées souvent assimilées dans les villages habités par les a Gara » aux
^i) Voir Monographif* de Djenne, \)^t M. raclministraleur Ch. Monlcil.
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