PLANCHE LXXXI
Fig. l.'iT. — Kabas, jiiiiiics (jciis porteurs do nnisi[ii(îs-cmblÈi; (ih'uiant li'i tolcniK ili! leurs rmnilli's (Villagi) do Dokut. Proiiifrinilrs Haiis les chani|)S penilaiit li.>s s>!inailli.'S.
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Fêles des recolles.
Les fêtes qui suivent la moisson sont destinées a remercier les dieux et les ancêtres de la protection qu'ils ont accordée au village. Ces cérémonies se font pendant un jour heureux fixé par le Ilogon, soit après la récolte du mil, soit après celle du riz ou du blé.
Le grand-prêtre Hogon, offre lui-même sur les autels les prémices de la récolle, puis le dolo, le mil, le donc, les koukouss, poissons, gAteaux, tô, etc., que les chefs de famille lui ont adressés, ainsi qu'aux Kasanna et au Laggam. Les sacrifices et les offrandes de remerciements terminés sur tous les autels ancestraux, un grand repas de communion réunit les associations et les familles, pendant lequel se mangent comme plats de résistance des kouskouss monstrueux faits avec les prémices des récolles. C'est pour cela que celte fête gargantuesque se nomme quelquefois la Fêle des ventres.
Il paraîtrait que les personnes qui n'ont pas assisté à la bénédiction des semailles ne doivent pas prendre part à ces repas de communion.
A ces fêtes obligatoires et officielles, se joignent un grand nombre de fêtes de famille, de sacrifices et d'offrandes personnelles, destinées à demander à la divinité des grâces particulières, ou pour la remercier de la réussite d'une entreprise ou d'un voyage. Puis viennent les sacrifices commemoratifs offerts aux mânes des morts, fêtes funéraires, qui ne comportent alors ni danses, ni repas faits avec la viande des animaux immolés, mais de simples beuveries de bière
de mil.
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Pratiques de Sorcellerie et de Magie
Très souvent les Ilabbés interrogent la divinité pour savoir si elle sera favorable à leur entreprise, et pour cela ils regardent la couleur du foie de la victime ofFerte en sacrifice, ou observent la mani^^^re dont expire la bète immolée ; ainsi un poulet rendant son dernier soupir sur le dos est un présage défavorable, sur le ventre c'est un signe de bonheur et de chance. Souvent ils déposent également des arachides, des noisettes, devant un terrier de gerboises, ou de rats palmistes, en pleine brousse, et si dans un temps donné Tolfrande est mangée par Tanimal sauvage, ils regardent ce présage comme heureux, etc.
Ils cherchent encore, par des pratiques magiques ou de sorcellerie, à éviter les mauvais sorts, à écarter les dangers: Comme tous les Soudanais ils portent une grande quantité d'amulettes, faites avec les objets les plus extraordinaires que Ion puisse imaginer et (jui, chacunes, ont, paralt-il, des vertus très particulières. Ainsi le nez de la hyène porté en amulette a le pouvoir d'écarter tout créancier, tandis qu'un morceau de bec du marabout met en fuite les Djinnies, et qu'une queue de vache prise dans certaine condition, doit chasser les balles et les projectiles de l'ennemi. De même avec les griffes d'aigle, les poils de la queue des éléphants, les cornes de jeunes béliers, etc., on fabrique des amulettes d'une grande puissance occulte. Ces croyances ont cours aussi bien chez les musulmans que chez les fétichistes et on les trouve chez les Bcrbèrc^s du nord comme chez les Noirs du sud ; tous les Soudanais [)orlent des chargements de gris gris, plus
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étranges les uns que les autres, dont ils ne se sépareraient pour rien au monde.
En terminant cette étude sur les idées religieuses et les cérémonies cultuelles des llabbés-fiara, il convient de remarquer que leurs fêtes ont toujours lieu en public avec le concours de tout le peuple, contrairement aux mystères dont s'entourent les initiés pour célél)rer leurs cérémonies rituelles chez les Bambarasetles Soudanais primitifs de TOuest. En effet, tandis que les chefs, les prêtres, leshoiumes, les femmes, les enfants et les jeunes gens porteurs de masques, figurent tous en plein jour dans les cortèges religieux et les sacrifices des populations de la montagne ; au contraire dans les grossières tribus conquérantes sorties des forêts, le culte des divinités a été exclusivement conservé par les forgerons et autres gens de castes, descendants asservis des anciens « Gara » civilisateurs.
En entourant leurs cérémonies et leurs sacrifices de mystère ces « Rouges» ont réussi à s'imposer, inspirant à leurs maîtres primitifs, matérialistes qui ne possédaient que de très vagues idées animistes ou spiritistes, des craintes de leur pouvoir occulte sur des dieux cruels, méchants, et vindicatifs.
Par les sacrifices de leur culte mystérieux, par leur cortège de jeunes gens masqués qui ne sortent que la nuit ils continuent h entretenir les (erreurs superstitieuses, et à frapper l'imagination de la masse populaire, qui a donné au titre de leurs jeunes gens porteurs des mascjues emblèmes « les Nainas-Korus)) (Les masques des Rouges) (1) la signification de Hyène, le fauve qui rude en hurlant la nuit autour des villages.
(1) Dans loule la montagne les nnisqucs sont nommés les Namas ; ceux des
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