XVII. — MaiiqaeH totenilquef», IVaba ou I¥ania
Dans presque toutes les populations soudanaises des jeunes gens porteurs de masques et revêtus d'un costume archaïque jouent un rôle important dans les cérémonies religieuses.
Chez les tribus Ilabbés-Gara ces jeunes gens masqués sont nommés Nabas (2), nom qui signifie les chefs, les maîtres ; mais à ce titre on ajoute souvent le nom de ranimai éponymique ou de l'emblAme qu'ils représentent : ce sont alors les Nabas-Sinsé ou Naba-Koro ou Naba-Kobba. En effet les masques dont ils sont affublés, figurent plus ou moins grossièrement les emblèmes du clan, de la tribu, les armes des familles ou la tête des animaux totemiques. Les costumes, faits de fibres de palmiers, ou de baobab, mélangés de différents cuirs coloriés ou ornés de coquillages, de plumes ou de verroteries, seraient scrupuleusement confectionnés sur le modèle de ceux que portaient leurs lointains ancêtres.
On respecte toujours actuellement la composition et la forme de ces costumes dans chaque famille, dont le devoir .est d'entretenir et d*orner plusieurs de ces travestissements soigneusement conserves dans les maisons d'association des jeunes gens.
Représentants ainsi des esprits ancestraux, et porteurs des
popuKilions de la plaine les Koro ou Korongoi, sonl les Namas-Koro, terme qui a été adopté par les Bambaras conquérants pour désigner la Hyène comme ils ont pris également le terme deSurkou ou Sourgou pour désigner ce même fauve et les Touaregs rôdeurs de nuit. (2) Ce mot Naba a fait dans les idiomes Bambaras^ Malink^, « Nama ».
signes de reconnaissance ou des grisgris protecteurs familiaux, les jeunes gens exécutent des danses rituelles pendant les sacrifices offerts à la Divinité, accompagnent le Hogon dans les grandes cérémonies publiques, et figurent dans les cortèges funéraires à la mort du vieillard le plus ùgé du village, du Laggam et des chefs de famille vénérables.
Leur grande fêle annuelle est celle des semailles pendant laquelle, après avoir, comme nous Tavons vu, vécu plusieurs jours dans la brousse de la vie des chasseurs primitifs en compagnie de tous les hommes du village, ils reviennent un soir pour simuler Tassant du village précédés d'un homme qui, tout effaré, criant, hurlant vient annoncer aux femmes que les Sinsé (Sousous) arrivent.
Les femmes et les enfants après avoir laissé dans les rues d^amples provisions de « dolo » montent précipitamment sur les terrasses des maisons pour assister aux danses guerrières et au simulacre de bataille. Elles redescendent à la nuit pour prendre part aux tamtams et aux libations.
Aussitôt après ces fêtes, les travaux des champs et les semailles sont commencés et jusqu'à la récolte les danses cessent. Mais pendant toute cette période de travail, chaque jour, un des « Nabas » masqué est commandé de service dans les lougans, pour surveiller, les cultures, les récoltes^ les fruits, et faire même, la nuit, quelques rondes' dans' les hameaux pour assurer Tordre et arrêter les voleurs.
Ainsi masqués pendant leur garde, ils n'ont pas la crainte d'être reconnus, et peuvent impunément frapper les maraudeurs et les dénoncer à la justice du Hogon.
Ces Nabas entretenus par les différentes familles du canton obéissent à un chef et nomment difïérents fonctionnaires. Ce
chef est le naba le plus Agé de Tassociation des hommes de trente à treiile-ciiiq ans, il a sous ses ordres un fonctionnaire élu nommé « oropari » qui a pour devoir de transmettre les ordres des réunions, de faire les communications au peuple, de préparer les fêles et de faire entretenir des provisions de bière de mil (dolo) dans les dillerents hameaux.
En outre, ce naba est chanteur, il doit connaître les légendes et les traditions de la tribu qu il déclame à la foule. Il a la garde des costumes, des attributs et des parures des danseurs, clochettes grelots, queues de vaches peintes en bleu, vieux sit^ges de formes archaïques, et bâtons colorés, etc.
Le jour où meurt ï « Anna-Gara » le plus âgé de tous les chefs de famille du village et grand-prôtre des Génies Protecteurs, tous les « Nabas » prennent le deuil et leur chef doit immédiatement après l'enterrement gagner « la campagne », habillé comme leurs grands ancêtres ignorant Tusage des cotonnades et des tissus. Pendant trois mois, vêtu de fibre de palmiers, habitant les anfractuosités des rochers, couchant sous les arbres, il ne doit vivre que du produit de sa chasse. En réalité, il adopte comme logement une grotte à proximité des lougans du village et reçoit sa nourriture chaque jour, apportée par les autres « Nabas » qui viennent lui rendre visite.
Pendant les. trois lunes que dure ce deuil général il n'est offert aucun tam-tam officiel.
Le jour où rexil du chef des « Nabas » doit prendre fin r " oropari • fait préparer beaucoup de dolo dans les hameaux du canton, et à la tête de tous les jeunes gens masqués revêtus de leurs costumes de •< Nabas > il ramène triomphalement son chef au villa.sre.
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Fig. 159. — Mii!iqii«s portis par k-s juunes gsiis de Kiiri-Kori
donl lus ramilles apparliennonl aux clans dus gens de la furOt.
(Tolom du rùgoe vAgOtat ut des Antilopes).
Fig. 100. — Danse religieuso daos une tribu du clan de* Oua lOiscaui) et des Antilopes