‹ Le plateau central nigérianChapitre 59 sur 100 · X. — «luNtice · texte numérisé non relu

X. — «luNtice

Les litiges sérieux entre villages, les crimes, les contestations de propriétés sont jugés par le Conseil des chefs de famille que préside le Hogon du village. Au contraire les délits, les rixes entre particuliers, ou les différends qui s'élèvent continuellement dans les transactions des marchés, sont du ressort du fonctionnaire Kédiou, désigné par le Hogon qui tient cour de justice permanente au marché et se nomme le « Kédiou indé péon » ou le « Kédiou'dale-dale » (1).

Les condamnés ont toujours le droit d'en rappeler au grand Hogon. Celui-ci, après avoir écouté la cause présentée parle Kédiou ou parle Hogon de famille, rassemble quelques vieux chefs influents ou les Hogofis du pays et juge en dernier ressort.

Le Kédiou est alors chargé de faire exécuter immédiatement la sentence (2) et de recevoir les amendes qui sont partagées entre le Hogon et les fonctionnaires du village membres du tribunal. Les condamnations généralement infligées sont des amendes, la confiscation des biens ou le bannissement avec destruction de la maison ancestrale. Tant que le condamné n'a pas purgé sa peine et acquitté son amende il est considéré comme le captif moral du Hogon.

Dans les cas de sortilèges, de magie, de sorcellerie, de mauvais sorts jetés... etc.. causes fréquemment portées devant le tribunal du Hogon, celui-ci ne doit les retenir

(1) Les Foulhés le nomme Kadié par analogie avec les iuges musulmans.

(2) Actuellement les plaideurs en appellent souvent au commandant de cercle de Bandiagara.

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qu'après trois plaintos consécutives et fondées. L'inculpé reconnu coupable est inimédiatenient banni de la région; mais comme la preuve de ces crimes est en général impossible à faire, ainsi d'ailleurs qne pour un grand nombre d'accusations, le tribunal [)er[)le\eet scepli(jue dans la bonne foi des plaideurs a recours le plus souvent à l'intervention céleste et surtout à la crainte inspirée parla divinité.

Le « Kediou-dale-dale » envoie cbercber chez le Ilogoii une statuette en bois, figuration de la divinité. Puis Taccusé et les plaideurs doivent, devant le tribunal, frapper et fustiger violemment cette image des génies protecteurs en demandant des malédictions terribles sur eux ou leur famille si dans leur déposition ils ont altéré la vérité.

Dans la crainte, certaine, de se voir sévèrement punis avant trois ans, par la puissance occulte des dieux, les accusateuins préfèrent souvent retirer une plainte mal fondée, et les coupables se résignent à avouer plut<^t que de tenter la colère céleste.

Toutefois ces tribunaux n'existent que dans les villages Habbés-(iara organisés et soumis à l'autorité des Hogons, car dans les plateaux du Sud chez les Bobos, Samos-Gourmanké, Lobi... lloumbi indépendants, chez qui chaque chef de famille se considère comme maître dans sa « Soukala » libre, seule la force de voisins coalisés peut faire triompher un principe de justice et exiger le chAtiment d'un coupable.

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