‹ Le plateau central nigérianChapitre 61 sur 100 · PLANCHE LXXXVII · texte numérisé non relu

PLANCHE LXXXVII

Fig. 170. — Murihaiidi; a.î oolon, nianliù des environs ilu Douenlia Type <1l' coiQ'uro des (uiiimea llabbi-s.

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sont en grande partie présentés sur les marchés locaux des villages puis descendus dans les centres de la plaine pour être échangés contre du poisson sec, du sel et des étoffes.

Le régime des propriétés familiales bien déterminées, a mis ces populations dans l'obligation de cultiver avec beaucoup de soins leurs terres, clôturées de murettes, aménagées en terrasses sur le flanc des montagnes, irriguées par le barrage des ruisseaux, fumées sérieusement avec un engrais composé de cendres, de détritus végétaux et de fumiers d'animaux, préparé dans les fosses des villages.

Ils se livrent même à l'arboriculture pour augmenter leurs ressources, car non contents de conserver jalousement dans leurs lougans les grands mimosas, tamariniers, baobabs qui fournissent une ombre légère aux récoltes, ils plantent des arbres fruitiers, les néré ou nette (Parkia biglobosa), les Karité (Bassia Parkii), les pruniers Kountan (Chrysobalanus Icaco),les sabra ou supégon (Cissus) donnant des grappes ayant quelque analogie avec notre raisin mais h gros noyau unique, enfin des palmiers rhoniers ou dattiers et quelques figuiers.

Tous les produits de ces arbres cultivés, ceux provenant des arbres de la brousse, baies, jujubes, gomme myrrhe, encens (albarkente) puis les pommes et les graines de nénuphars font l'objet d'échanges et sont soigneusement récoltés pour augmenter l'avoir personnel de chaque indigène.

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GrAce à la sécurité que nous avons su imposer au pays, ces populations, trop resserrées sur les plateaux, descendent de

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plus en plus dans les plaines apportant une vigueur nouvelle à leurs frères de race, métissés et soumis aux envahisseurs. Seuls les aînés restent encore dans ces montagnes qui leur ont servi si longtemps de refuge et conservent jalousement avec Tautel des anctHres Ieui»s vieilles coutumes et traditions.

Ces émigrations ont rétabli Tactivité des échanges, depuis longtemps abandonnés, entre les populations riveraines du fleuve, pêcheurs, cultivateurs, pasteurs nomades des plaines et les industriels, agriculteurs et commerçants des montagnes. De gros marchés ont surgi aux pieds du plateau rocheux, à la limite de la zone d'inondation, sur les bords du Bani et du Niger.

Actuellement il n'est pas rare de voir rassemblées aux grands marchés de Korienza, de Fatouma, de Sampara et de Kaka près de 6 à 7.000 personnes. Ces foires hebdomadaires dépendent économiquement des deux antiques métropoles commerciales du Soudan : Djenne etXombouctou, qui restent toujours les grands entrepôts indigènes et même le centre d'activité des maisons commerciales européennes. Dans ces villes habitent principalement les familles des courtiei*s, commissionnaires, banquiers noirs et marocains, des entrepreneurs de transports, tous gens qui font la bourse soudanaise, donnant le cours journalier aux marchandises et accordant le crédit aux petits commerçants et colporteurs.

Ces indigènes placés autour de nos maisons de commerce, près desquelles ils s'approvisionnent, envoient leurs agents sur tous les marchés intérieurs, même dans les campements des nomades, où réellement se font aujourd'hui les échanges et les affaires ; par suite les deux grandes cités commerciales

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ont perdu leur animation, quoique leurs aifaires n'aient pas diminué; car en réalité, la forme extérieure du commerce, seule, a changé, en même temps que les voies traditionnelles

des courants commerciaux. Actuellement le fleuve tend de

plus en plus à devenir la grande artère entraînant les marchandises dans les directions de l'Ouest et du Sud-Ouest.

Le commerce du Soudan, dans ces régions, prend trois aspects bien diflérents : le petit commerce local des villages, le grand commerce indigène et le commerce européen.

Le petit commerce local est des plus actifs sur les bords du fleuve dans les villages de pêcheurs, et dans les agglomérations des montagnes.

Chez les Hambés-gara et les Korongoï les villages se réunissent par groupe de six et chacun, à tour de rôle, a son jour de marché.

Sur ce marché, qui se tient ordinairement dans un vaste espace découvert situé à quelques centaines de mètres en dehors de l'agglomération des habitations, les indigènes apportent en grande quantité les produits de leurs cultures, de leurs récoltes et de leurs industries, qu'ils échangent contre toutes les choses nécessaires à la vie habituelle des Soudanais : épices, sel, noix de Kola, poissons secs, fer, bijoux, céréales, fruits, tabac, coton, viande de boucherie, bandes de toile, cotonnade, Kassas de laine, cire, miel, etc. C'est là que les petits colporteurs échangent au détail les guinées et cotonnades européennes contre les produits indigènes qu'ils se proposent de présenter aux grandes foires de la plaine. Oc commerce de détail reste tout entier entre les mains des petits commerçants noirs, et les marchandises

européennes n'apparaissent sur ces marchés qu'après avoir passe entre les mains de plusieurs revendeurs.

Le grand commerce indii,^ène pratiqué surtout par les commerçants soudanais aisés de Tombouctou et de Djenné, par certains chefs Markas intelligents et par les Kountah de la famille El Bakay, consiste surtout en achats faits aux petits colporteurs sur les grands marchés de la plaine lacustre, en transports de sel, céréales et bestiaux vers les marchés de rintérieur, enfin en approvisionnements de matière d'échange faits dans nos maisons et comptoirs de commerce.

Tombouctou est toujours resté, dans le Nord, le gros centre d'approvisionnement, de transaction, et d'échange. Son commerce consiste surtout A fournir aux tribus nomades sahariennes les céréales et les étoffes qui leur font totalement défaut, en échange du sel et des bestiaux.

Le sel est exporté dans tout le Sud et le S.-E. sous forme de larges dalles de 25 à 30 kilos ; mais quoique son exportation soit arrêtée vers TOuest par le sel aggloméré importé de France, son prix de revient minime, sa facilité de transport, les habitudes commerciales acquises, enfin la capacité d'absorption de cette denrée dans tout lintérieur de la Boucle Nigérienne où les transports se font difficilement par caravane, permettront longtemps encore de lui conserver de sérieux débouchés môme dans la région lacustre du Débo en luttant avantageusement contre le sel importé d'Europe. Cependant toute cette production locale reste de plus en plus notoirement insuffisante pour approvisionner de ce condiment les populations soudanaises et, par suite, nos envois de sel aggloméré trouveront toujours preneurs h des prix très rémunérateurs.

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