‹ Le plateau central nigérianChapitre 64 sur 100 · XXV. — ViUafi^es. Constructions. Architectures · texte numérisé non relu

XXV. — ViUafi^es. Constructions. Architectures

Les villages biUis par les populations réfugiées dans les escarpements rocheux des plateaux nigériens dilTèrent totalement des agglomérations de cases en paille, en forme de ruche ou à toit conique, que nous rencontrons dans les plaines sénégalaises et soudanaises de TOuest.

Déjà dans les premiers villages de la région lacustre nigérienne établis au pied des montagnes les maisons construites en briquettes d'argile présentent une certaine analogie avec les constructions des oasis sahariennes. Mais là encore les maisons eu terre des Korongoï voisinent avec les campements instables de Peuhls nomades et les paillottes des pécheurs Bozos. Puis dans chaque famille, les récoltes sont enfermées dans des greniers en forme de tour « Krous-Krous », sou* vent ornementés de haut-reliefs, qui dans les villages en bordure des plaines du Sud sont coiffés de grands chapeaux de paille leur donnant l'aspect pittoresque de clochers.

Dès que Ton pénètre dans l'intérieur des massifs montagneux, chez des tribus moins impressionnées par des éléments nigrètes, les villages ressemblent étonnemment à ceux des peuples berbères de Kabylie ou des massifs du Sud algérien ou tunisien (1).

Au-dessus, dans les parois verticales des rochers, ou dans

(!) Les habilâlions et les villages de la montagne, [trincipalemenl ceux de Kikera, ressemblent beaucoup aux habitations de troglodites de la province de Constantine des gorges de Tilatou.

De Foucauld signale aussi des liabilations de troglodytes dans TAtlas marocain, vallée de l'Oued Ouaouizert. de Meknas à Quasba Béni MellaL

Reconnaissance au Maroc, p. 01-62 et tig. p. 70.

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Fig, )79. — Village du Foiiibori. au iiU'J des fulaiifi'S ilu DuiienUa,

PLANCHE XCtlI

(lu tpiM[ilo (le Iq Divinité.

Fig. 18!. — Village d« Touré (Tun.hokho).

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les sites escarpés des pics sont accrochées aux aspérités de la montagne d'innombrables petites constructions en briques ou en maçonnerie, auxquelles on ne peut accéder souvent que par des crampons en fer plantés dans le roc et en se hissant par des cordes; vraies habitations de troglodytes. Ces petites cases paraissent avoir été habitées et avoir servi les unes de retraite contre les envahisseurs, les autres de greniers pour garder en sûreté des provisions de réserves, d'autres enfin de tombeaux pour les ancêtres.

D'après les légendes ces constructions seraient dues aux premiers civilisateurs, lointains ancêtres des populations actuelles, hommes rouges, venus du Nord, alliés aux noirs, pécheurs primitifs et aux nains négrilles des montagnes.

Les maisons Habbés méritent une attention toute particulière ; généralement à étages, elles sont construites soit en briques rectangulaires, soit en pierres posées les unes sur les autres avec un art véritable ; les matériaux en sont taillés au besoin, et cimentés par de Targile avec un crépissage extérieur. Les angles de ces constructions sont généralement arrondis, et les chambranles des portes et des fenêtres sont souvent faits en belles dalles.

La disposition intérieure des locaux et la décoration archaïque extérieure des façades rappellent beaucoup celles des maisons de Djenné et de Tombouctou dont les premiers constructeurs furent d'ailleurs, comme une partie du peuple Habbés, des colons de Ganna.

On pénètre toujours dans ces habitatioi^s par un vestibule contenant un vaste lit de repos.

Ce vestibule permet d'accéder séparément aux magasins, logements, salle de réunion, et s'ouvre sur une cour inté-

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rîcure dans laquelle se trouve les dépcndunces. Les chaml)res c\ coucher sont au premier étage et donnent sur des terrasses auxquelles on monte le plus souvent par une échelle faite d'une grosse fourche avec des oniailles pour poser les pieds, les escaliers étant rarement employés dans la montagne. Les toitures sont en terrasses et récoulement des eaux y est assuré par de petites gargouilles en bois. Les cases des chefs, des notables, et les temples de la divinité sont décorés sur leurs façades extérieures d'une ornementation en terre ou en brique formée de colonnades et d'ogives superposées, d'un effet décoratif des plus inattendus et que surmonte souvent une frise chevronnée. Les pylônes servant de contreforts forment, en général, la base de cette ornementation et soutiennent les motifs ajourés, qui entourent et surplombent la porte d'entrée, comportant, suivant la tribu, des emblèmes niAles ou femelles. Ces mêmes emblèmes sont souvent sculptés très originalement sur les serrures et les panneaux des portes, sur les volets des fenêtres ainsi que sur les piliers en bois servant à supporter les planchers des maisons, ou les abris-repos des villages ; nous les retrouvons également modelés en haut-relief comme motifs décoratifs de quelques vestibules, et pour rornementation des « Kroukrous à mil ». Parmi ces motifs on remarque spécialement des figurines humaines, des masques de « nabas » protecteurs, des seins de femmes, des animaux totems (oiseaux, iguanes, tortues, etc.), des empreintes de pas, des outils, des instruments et des signes rappelant ceux reproduits dans les dessins et les inscriptions rupestres sahariennes.

Cette architecture, sœur de celle que nous retrouvons à Djenné, à Tombouclou et sur toutes les rives du Niger peu-

PLANCIIK XCIV

Pig. 1S3. — Mont Kikera cl village lii: Kikora.

Fi«. IS4. - Vlllut:<Mlu:«<'nviruii'< du Kikuni sur lu t>.;nte Nord

du plaitau di; N'Dulla.

Le» liabitalions dr; IrugU.dvles des forgi's do Tilnlou (Province

di- Cunslantiiiu) suiil uxuclumuni coiistruites sur eu riiodOU'.

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