PLANCHE XII
Fig. Ï3. — Défrichage J'unu rmùix' dsiis lu plaine du Kounitri (juin).
Fig. Ï4. — Rellalis L-u]>ii|uaiit du n:e dans h. vitsu du la zd'iDonilatioD lauu^lro [Lac U6}.
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régions sahariennes rapprochées du Niger ; régions dans lesquelles, à la suite des récents travaux de M. Flamand^ on doit faire renionler aux temps quaternaires Texistence des populations qui couvrirent les rochers sahariens de leurs inscriptions ou dessins rupestres en parsemant les Oueds des débris de leur industrie.
En outre, il convient de rechercher des explications sur l'utilisation des monuments découverts et les divers rites funéraires des primitifs, dans les coutumes et les usages qui se sont conserves chez les tribus fétichistes réfugiées dans les rochers abrupts dominant la zone inondée, dans les groupements de pécheurs indépendants retirés dans les lies du fleuve, enfin chez les peuplades cachées dans les forêts et restées sans contact avec T Islam.
A Inobservation des usages et traditions de ces populations, chez qui Tindépendance politique et religieuse reste toujours pour nous un précieux gage d'intacte conservation de coutumes séculaires, il nous importe beaucoup de recueillir les chansons et les légendes par lesquelles ces peuples se sont transmis le souvenir des grandes épopées du passé. En effet, si, dans ces récits, des événements importants ont été plus ou moins embelHs, grossis, déformés ou dénaturés par l'imagination de nombreuses générations de conteurs, le fond de ces traditions populaires n'en contient pas moins toujours de nombreuses parcelles de vérité historique.
Il nous faudra encore, pour rechercher scientifiquement les origines de cette humanité africaine, contrAlor les documents fournis par les recherclics archéoloiiiques et appuyés par des observations géologiques, avec les documents (jui nous seront révélés par rotlmogrnphie dos peuples soudanais et confirmés
par la linguistique et le recueil des traditions et légendes populaires. Ainsi, pourrons-nous peut-être retracer quelquesunes des grandes lignes de Tiiistoire soudanaise dès l'auhe de ses premières civilisations.
Pig. 28. — Palmcraiu (!<■ Hoiiiliori, il.ins liHjui'llr l.'s iii.liKi'iies viennent recueillir par lavaiît dos U'rres île l'uzotato lie polusse isalpiltri!) pour fabriquer leur pomlru.
Etude des vestiges laissés par tes anciennes civilisations soudanaises
ARCHEOLOGIE SOUDANAISE
Les vestiges des civilisations disparues, instruments et monuments, qui nous ont été légués par une antiquité préhistorique, « nous apparaissent actuellement comme apparte- « nant presque tous à une époque qui, dans nos contrées, « serait qualifiée de néolithique » (1). A ces documents viennent s'adjoindre de nombreuses ruines et des sépultures très caractéristiques remontant seulement à la protohistoire soudanaise, longue époque qui n'est encore dans ces régions africaines que très mal connue par les écrits des auteurs arabes et qui s'est prolongée pour ainsi dire jusqu'à l'arrivée des conquérants européens.
D'ailleurs dans ces vallées nigériennes, sans fouilles méthodiques, on ne pouvait espérer rencontrer en surface avec certitude des objets paléolithiques, ni sans études stratigraphiques ou paléontologiques, fixer une date aux gisements et objets recueillis. En outre, k Tépoque quaternaire, cette région africaine parait avoir formé un immense lac intérieur
(i) Docteur E. T. Hamy. — Néolithique n'est donc pris ici et dans tout ce travail que dans le sens d'Age de la pierre polie, sans tenir compte des périodes géologiques et simplement par rapport à l'existence d'une civilisation plus primitive qui a pu vé^'éler antérieurement.
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dont retendue et l'aspect a du être probahlement remanié plusieurs fois par le réginn» instable des eaux. l*eut-èlre aussi la civilisation a-t-elle évolué sur les bords du .Nii;er comme sur les bords du Nil, où Ton coustale (jue la distinction entre le paléolitliique et le néolithique a été très peu marquée. Seules des études méthodiques sur place des divers emplacements d'ateliers et de monuments préhistoriques, permettront de trancher cette question.
Les princi[)au\' monuments préhistori([ues et documents archéol()2i(iues découverts dans le Soudan occidental sont :
1° Des cam])ements et des ateliers de* Tàue d(» la pierre soudanaise, de vieux établissements de pécheurs dans la région lacustre et d'anciens ateliers de noumous ;
2® Des instruments, armes et outils néolithiques soudanais ;
3* Des monuments lilhiques; pierres levées et menhirs anthropoïdes ;
4° Des sépultures anciennes, ton)bes, chambres funéraires et tumuli ;
8' Des murs de défense, enceintes mégalithiques, emplacements d'anciennes villes histori(pies ;
6° Des dessins rupestres, tafinagh berbère, inscriptions arabes et manuscrits relativement récents.