IDÉE ET CONSCIENCE
U?iitê de la conscience et de l'idée.
La conscience et Tidée ont des caractères qui les distinguent et n'existent qu'à cette condition. Considérées en elles-mêmes, elles diffèrent au même titre que la volition et le motif qui la sollicite, au même titre que le désir et rémotion qui le provoque : directement, la conscience et l'idée sont irréductibles Tune à Tautre. Mais cette dualité, pourtant si saillante et si claire, n'est qu'une face du phénomène mystérieux qu'elles constituent ; au fond, elles ne sont que deux aspects d'une seule et même opération, elles procèdent d'un seul et même sujet, elles jaillissent d'une seule et même âme. Ainsi le veut Pessence de la pensée.
De quelque manière qu'on rattache l'idée à la conscience, qu'on l'identifie avec l'être lui-même, comme le font les idéalistes, ou qu'on y voie simplement le substitut mental d'une réalité qui la dépasse et s'en distingue, il reste toujours vrai que toute pensée enveloppe un objet qui est aussi son mode, un objet par lequel elle commence, se poursuit et s'achève, ce qu'on appelle d'ordinaire un terme immanent. Si les idéalistes ont raison, si la représentation est adéquate à l'être, l'existence de ce terme intérieur est évidente ; car il est tout. La pensée n'a nulle part en dehors de lui d'autre point d'appui où elle puisse porter. Il n'est pas moins difficile d'en contester la présence, si l'on admet avec les réalistes que le monde extérieur est une chose en soi, c'est-à-dire une chose qui est radicalement distincte de l'esprit qui la connaît. Car il faut, dans cette hypothèse, que la conscience entre d'une certaine manière en communion