‹ Le Platonisme pendant la Renaissance [microform]Chapitre 32 sur 77 · D'APRÈS M. BOUTROUX · texte numérisé non relu

D'APRÈS M. BOUTROUX

LES LOIS BlOLOGIQUl

Tendance à la conciliation entre les écoles opposées. — Résumé des idées de M Boutroux. - Question des forces vitales. Défaut de proportion prétendu enWe les phénomènes physico-mimiques et les phénomènes physiologiques; la mort. - Claude Befrnard et l'idée directrice. — M Lachelier ^t la théorie de la finalité. - Conciliation du mécanisme et de la fiVjalité. — Panpsychisnjfe et monadisme. — Origme des espèces. — Malebranche et les lois gôhérales.

Après avoir monVé le développement des deux grandes tendances philosophiques opposées qui se manifestent au sujet de la théorie de \ vie/ Tune cherchant à réduire ses phénomènes aux lois de\la' chimie, de la physique, de la mécanique, l'autre voulan^ au contraire les distinguer et les placer sous la dépendance d'un principe particulier, d'une puissance spéciale, quelque soit le nom qu'on lui donne,Claude Bernard se demande si Tune de ces doctrines arrivera à triompher do l'autre, et il répond par la négative. « Les progrès des sciences ont pour résultat, dit-il. d'affaiblir graduellement, et dans une égale mesure, ces premières conclusions exclusives nées de notre ignorance. Lnnconnu faisant seul leur force, à mesur^ qu'il disparaît, . les luttes doivent cesser, les doctrines oppoèées s'évanouir, et la vérité scientifique qui les remplace régner sans ri-

vale ' )) . ^

La vérité de cette réflexion nous a singulièrement frap-

i. Voir les Annales de février et d'avril 1896, p. 483 et ^.

2 La science expérimentale. Définition de la vie, p. 1G3 et 164.

LE

(7* article.)

PLATON DANS LA PHILOSOPHIE ITALIENNE AU XVl*" SIÈCLE.

Dans un précédent article * j'ai retracé ce qu'on pourrait appeler l'exaltation des théories platoniciennes dans la Florence du XV" siècle : période brillante, à coup sur, mais plus éphémère encore que brillante. Bien des causes contribuèrent à cette éclipse prématurée.

Et d'abord, une philosophie comprise à la façon du platonisme à la cour des Médicis, non comme une science plus sérieuse et plus compréhensive que toutes les autres, non comme la règle suprême de la pensée et de la vie, mais comme le délassement intellectuel de quelques esprits en quête d'une distinction particulière, une telle philosophie, je le répète, est essentiellement dans le cas de l'éloquence que célèbre Cicéron, pacis cornes otiiqiie socia. Cette alliance incessamment poursuivie entre la jouissance esthétique et le travail de la réflexion, ces banquets agrémentés de discussions savantes, ces doctes confabulations sous de splendides ombrages, tout cela suppose une paix profonde, une tranquillité politique et sociale telle que l'avait assurée aux Florentins durant un demi-siècle une hégémonie princière hautement acceptée ou silencieusement subie. Ce régime avait sans doute entouré le platonisme renaissant d'une protection éclatante dont il n'y a d'exemple dans aucune autre période de l'histoire : mais à sa chute, l'arbre planté par Cosme à l'ombre de sa cour et à la croissance duquel

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