AU XVI® SIÈCLE
Comment ne pas reconnaître une faveur providentielle dans l'invention de Timprimerie se produisant à l'heure précise où d'un bout à l'autre de l'Occident grandissait la soif de posséder les trésors littéraires de la Grèce et de Rome chaque jour restitués plus nombreux au monde moderne ? Des richesses jusque-là réservées à un petit nombre (J'hcureux possesseurs allaient désormais être mises à la portée de tous*.
Pour ne parler que des philosophes, on ne compte pas moins de 120 éditions de divers traités d'Aristote antérieures à 1500: Platon, on le devine, est loin d'avoir été aussi favorablement partagé, mais dès les premières années du XVP siècle Venise se prépare à lui élever un monument vraiment digne de lui. Les plus vastes entreprises n'étaient pas alors pour effrayer. Dans ce premier âge de la presse, demeuré à tant d'égards son âge héroïque, un ouvrage philosophique ou théologique en cinq ou dix gros volumes rencontrait sans peine un éditeur, apparemment parce qu'il était assuré de trouver des lecteurs. Temps heureux et en
1 . C'est là un sentiment cent fois exprimé alors, et assez heureusement traduit par cette épigraphe de la version latine de la Chronique d'Eusèbe, dont Philippe Lavania publiait en 1475 à Milan Veditio princep8 :
Hactenùs hoc toto rarum fuit orbe volumen,
Quod vix qui ferret t«dia scriplor erat. Nunc ope Lavaniœ numerosa volumi na nostri Mre perexiguo qualibet urbe legunt.
tout cas bien différent du nôtre, que celui où les uns avaient le loisirde composer, les autres de lire, de relire et de méditer ces imposants in-folios en face desquels notre génération recule épouvantée 1
Une seule chose manquait aux érudits de la Renaissance, des principes stables et assurés en ce qui touche l'art de publier. Au moyen âge, on avait pris Thabitude de copier religieusement le premier manuscrit venu, sans s'inquiéter autrement de sa correction ; chaque copiste nouveau n'aboutissait le plus souvent qu'à ajouter son contingent personnel aux fautes de ses devanciers. De même les premiers imprimeurs des textes anciens n'ont guère pris d'autre souci que de les donner au monde tels qu'ils les avaient trouvés. Chacun s'attachait au manuscrit qu'il possédait, quelles qu'en fussent d'ailleurs les lacunes ou les imperfections : évidemment on ne songe à remédier qu'aux défauts dont on a conscience. Devait-on à une heureuse fortune ou à des recherches persévérantes la faculté de choisir entre les variantes de deux ou plusieurs manuscrits? Au lieu de faire de cette faculté un judicieux usage, on donnait toute sa confiance h la copie la plus luxueuse, la plus riche en belles miniatures, en ornements de tout genre, ou encore à la mieux calligraphiée, comme si le mérite intrinsèque se fût mesuré exclusivement au soin matériel de l'exécution. Ainsi, ouvrons au hasard une édition du XV® siècle : sauf de très honorables exceptions, à chaque page nous nous heurtons à des mots dénaturés, à des solécismes grossiers, à des constructions inintelligibles, à des nonsens manifestes.
Plus tard, il est vrai, on est tombé dans un défaut tout opposé. Un respect exagéré de l'antiquité a conduit à corriger coûte que coûte toutes les imperfections * : on a comblé arbitrairement les lacunes, fait disparaître les moindres traces d'inélégance , substitué un peu partout au hasard
1. Veut-on se faire une idée des innombrables causes d'erreur auxquelles étaient continuellement exposés les copistes ? On en trouvera rénumération, dressée par l'illustre Madvig, dans la Revue critique du 27 janvier 1872.
des variantes réputées plus correctes. Maint texte classique longtemps admiré pour son irréprochable pureté a subi de la sorte la collaboration indiscrète des modernes, de même que la main inhabile de prétendus restaurateurs a dégradé pour toujours certains chefs-d'œuvre partiellement mutilés de la statuaire antique ou de l'architecture du moyen âge.
Le fond (d'une importance capitale cependant quand il s'agit de traités philosophiques) n'a guère été traité plus favorablement que la forme. « Parmi ces Grecs réfugiés il ne se trouva pas un seul philosophe de profession qui sût appliquer aux textes renouvelés une méthode nouvelle, pas un seul qui pût faire profiter l'Occident du résultat, quel qu'il fût, des études métaphysiques dont Constantinople n'avait jamais cessé d'être le centre * ». — Qui donc s attachait alors à faire avec précision la part de chaque système, de chaque école? Pour ne rappeler ici qu'un exemple en rapport immédiat avec notre sujet, le néoplatonisme était considéré couramment comme le développement naturel de l'enseignement inauguré jadis à l'Académie d'Athènes, comme le fruit savoureux dont l'ancien platonisme avait été la fleur. On ne tenait aucun compte des divergences cependant si manifestes entre le génie hellénique et le génie oriental, aucun compte des vicissitudes politiques et morales dont le vieux monde avait été le théâtre durant les cinq ou six siècles qui séparent Platon de Plotiii ou de Porphyre. — A un autre point de vue, qui se préoccupait sérieusement de faire le. départ de l'authentique et de l'apocryphe ? Loin de là, sur ce chapitre on dépassait en crédulité l'antiquité elle-même, et lorsqu'on n'avait aucun doute sur l'existence d'Hermès ïrismégiste, de quel droit et au nom de quel principe eût-on distingué entre les divers écrits que la tradition alexandrine attribuait à Platon ?
C'est ainsi que la critique philosophique, comme la critique Uttéraire, a péché par excès de docilité avant de pécher
1. M. Mabilleau. — En ce qui touche la dernière ligne de cette citation, nous sommes, nos articles précédents l'ont montré, en désaccprd presque complet avec l'auteur.
par excès d'indépendance. A la Renaissance on connaît peu de ces interprètes, si fréquents depuis et jusque de nos jours, lesquels à force de creuser la pensée de l'auteur avec qui ils se sont créé une sorte de familiarité finissent par se substituer presque inconsciemment à lui, par lui suggérer des idées peut-être meilleures et en tout cas mieux coordonnées que les siennes, des idées qu'il ne manquerait pas d'approuver, se dit-on tout bas, s'il était là pour donner son avis.
Bref, et pour en revenir, après ces réflexions générales, aux éditions de Platon au XYI« siècle, il est certain que les Chalcondyle, les Lascaris et les Musurus sont loin, bien loin de l'érudition minutieuse d'un Stallbaum et des procédés rigoureux d'un Schanzou d'un Bekker : faut-il se hâter d'en conclure qu'ils n'ont aucun titre à notre reconnaissance? Pareille sévérité serait injuste. D'une part chez eux le remarquable développement du sens littéraire rachetait au moins en partie l'insuffisance du jugement philologique, l'esthétique bénéficiant de toutes les difficultés auxquelles se heurtait ou croyait se heurter la logique : de l'autre, il est arrivé plus d'une fois que ces textes fidèlement reproduits d'un exemplaire mutilé ont mis sur la voie de la version primitive totalement dissimulée dans des éditions postérieures derrière quelque correction absolument fantaisiste.
Ajoutons une dernière remarque. L'imprimerie au berceau fut un art qui eut ses fervents au même titre que la peinture et la sculpture ; l'histoire a gardélesnoms de ceux qui sesont illustrés dans cetteprofession par le culte de ce qu'on oserait presque appeler l'idéal nouveau*. Et par surcroîtles premiers imprimeurs trouvèrent dans les relieursdu temps des collaborateurs extrèmementprécieux.Unouvragebroché,quel qu'en fût le mérite, paraissait alors sans valeur. Pour conquérir la faveur, pour s'ouvrir l'accès des bibliothèques les plus
1. Rien de plus juste sur ce point que les lignes suivantes de M. Delsart: « Jamais les gens de Tancien régime n'auraient consenti à lire dans les livres où nous lisons. Le plaisir de ne porter ses regards que sur des caractères bien formés, d'une grosseur raisonnable et dûment espacés, de tourner des feuilles maniables, de reposer sa vue sur des prnement3 de bon goût, n'est plus ni senti, ni désiré ».
modestes comme les plus fameuses, il fallait qu'il se présentât revêtu d'un maroquin ou même d'un bois protecteur. Or mainte reliure de cette époque non seulement porte d'élégantes ciselures, mais encore il n'est pas rare qu'elle soit rehaussée d'ivoires sculptés, de pierres précieuses, et, dans certains cas exceptionnels, d'émaux et de camées.
Au premier rang des hommes qui dans l'Italie du XVP siècle se sont immortalisés par leurs éditions classiques brille Aide Manuce, né en 1449, élève de ce Guarini de Vérone dont le nom s'est déjà plus d'une fois rencontré sous notre plume. De toutes parts l'ardeur d'apprendre qui enflammait les humanistes refusait de se contenter plus longtemps de traductions latines des chefs-d'œuvre de la Grèce : on voulait, et on avait raison, puiser sa jouissance à la source vive du texte original, et comme il arrive souvent, le désir s'avivait en raison même des difficultés incroyables qu'il éprouvait à se satisfaire. Aide, un de ces admirateurs convaincus de l'antiquité tels qu'en produisit l'âge héroïque de la Renaissance, jura de consacrer à cette tâche nouvelle son activité tout entièi-e, et d'en faire l'œuvre par excellence de sa vie. Ego adjuvante Christospero me brevi effecturum ut consuiam tantœ inopiœ, écrit-il dans la préface mise en 1495 par lui en tête de VOrganon, une de ses premières publications. Et la correspondance d'Erasme suffirait à elle seule pour établir avec quelle persévérance jamais lassée il s'est tenu parole.
Notons ici un détail intéressant. Comme Aide sentait très bien à quel point il était impossible à un homme isolé, si merveilleusement doué qu'il fut, de mener seul à bonne fin une entreprise de dimensions aussi colossales, l'idée lui vint en 1 500 de fonder dans sa propre maison une réunion savante qui obéissant à une coutume alors générale prit le nom di' Académie aldine : quelque chose d'analogue à ce que Paris et la France possèdent aujourd'hui sous le titre à' Association pour l'encouragement des études grecques. Une chose la distingue de T Académie florentine, dont l'histoire
a été racontée dans Tun de nos précédents articles. A. la cour des Médicis nous avons rencontré des métaphysiciens, des beaux esprits dont la principale occupation consiste à disserter presque sans fin sur l'idéal, objet de leur assidue contemplation : à Venise au contraire nous sommes en présence de laborieux, de travailleurs, consacrant leurs journées et leurs veilles au minutieux déchiffrement, à la collation attentive de manuscrits de toute nature et de toute provenance*. Des membres influents du patriciat de Taristocratique république s'y mêlaient à des Byzantins réfugiés (tels que Grégoropoulos et Scipion Cartéromachos) pour s'entretenir des gloires passées et des espérances futures de rhellénisme. Et en se dévouant avec une ardeur infatigable à la réalisation de leur programme, les uns et les autres né croyaient pas rendre un moindre service à l'humanité entière qu*à la gloire de leurs auteurs de prédilection.
Ce n'est pas ici le lieu de passer en revue les services inappréciables rendus par Aide Manuce aux lettres grecques : du moins est-on en droit d'affirmer que de bonne heure Platon eut pour lui un attrait exceptionnel. L'édition in-quarto qu'il donna en 1499 des Lettres platoniciennes n'était qu'un prélude lointain au monument qu'il se préparait à élever en l'honneur du célèbre philosophe ^ Il ne s'agissait de rien moins que d'une édition complète de tout ce que la tradition considérait alors comme sorti de la main de Platon. La préparation en fut confiée par lui spécialement à Musurus, un de ses plus intimes et de ses plus assidus
1 . « La vie de Thumanisme se concentrait presque tout entière dans cet atelier où affluaient les manuscrits de l'Italie et de l'Europe, et d'où sortaient ces magnifiques volumes presque tous in-folio et in-quarto avec une continuité jusqu'alors sans exemple, éditions princeps ou traductions nouvelles qui provoquaient l'admiration de tout le monde littéraire et le tenaient dans une attente jamais trompée, toujours satisfaite » (Léon Dorez, La marque typique d'Aide Manuce^ dans la Bévue des bibliothèques, mai-juin 1896, p. 14). — V Aide Manuce de Didot contient une notice sur les principaux membres de cette académie, laquelle d'ailleurs ne parait pas avoir survécu à son fondateur.
2. Le 24 février 1509 Egidio de Viterbe écrit au provincial des Augustins à Venise : « Aldo dicas universam Italiam post Plutarchum Plafonem expectare, nam nisi jam tandem stet promissis, ejus fidem calumifia non esse carituran^ ».
collaborateurs, qu'il appelait familièrement compa/^r metfs. Aucun érudit n'avait plus efficacement contribué à répandre la passion du grec dans tout le nord de l'Italie. Dès 1500, on le voit enseigner les belles-lettres à Padone avec un succès hors de pair et une opiniâtre persévérance : Erasme, qu'il compte parmi ses auditeurs et par qui il est salué d'« éminent philosophe », nous apprend qu'il interrompait son cours au plus quatre jours par année.
Du travail collectif des deux amis sortit un véritable chefd'œuvre*. Il est vrai que ni efforts, ni recherches, ni dépenses n'avaient coûté à Aide pour atteindre à ce brillant résultat \ Mais le sujet mérite que nous entrions ici dans quelques détails.
L'ouvrage intitulé très simplement : "ÂTravra zov IlXarwvoç, avec les armes de l'éditeur (une ancre autour de laquelle s'enroule un dauphin) sur la première page, s'ouvre par une longue et éloquente dédicace à Léon X : « Aldi PU Maiiutii ad Leonem X Pontificem Max. pro Rep. Christianaproque re litteraria supplicatio ».
Aide débute, comme il était naturel, par un éloge du nouveau Pape, éloge de sa naissance illustre, éloge de sa vie exemplaire depuis le jour où, si jeune encore, il a été élevé au suprême pontificat. Puis après avoir fait allusion aux terres nouvelles ajoutées à l'empire chrétien sur d'autres continents par les rois d'Espagne et de Portugal, il affirme qu'une gloire au moins égale est réservée à Léon X : celle de
t. Venetiis., in œdibus Aldi et Andreœ soceri. Mense Septembri MDXIIl. Dans une vente récente, un spécimen de cette édition a atteint le prix de 800 francs. On en connaît trois exemplaires sur vélin, deux en Angleterre, et le troisième à la Médicéenne de Florence (Pour plus de détails, consulter Benouard : Annales de VimprimeHe des Aides, Paris, 1825).
2. Voici comment s'exprime l'auteur dans sa Préface : « Nullum adhuc dedi librum in quo mihi satisfacerem : nam tanta erga bonas lilteras benevolentia est mea ut emendatissimos simul et pulcherrimos esse cupiam libres, quos mittara in manus studiosorum. Quamobrem quotiescumque vel mea vel eorum incuria qui mecum corrigendis libris incumbunl aliquô in libre quamvis parvus error commitlitur, etsi opère in magno fas est obrepere somnum (non enim unius diei hic labor est noster, sed multorum annorum, atque intérim nec mora, nec requies), sic tamen doleo ut, si p<»ssim, mutarem singula errata nummo aureo ».
faire revivre les lettres antiques et de couronner cette restauration universelle des arts et des sciences, à laquelle le nouvel éditeur de Platon s'accuse d'avoir trop imparfaitement contribué, en dépit de ses laborieux efforts. Et abordant enfin son véritable sujet, il s'exprime en ces termes : « Daraus nunc, beatissime Pater, quœcumque extant Platonis opéra, idque sub tuo nomine felicissimo. Quod ob eam quoquc causam fecimus, quia cum Marsilius Ficinus doraus tuae alumnus Platonis opéra latina a se facta Laurentio parenti tuo dicaverit, quod sic foverit semper doctissimos quosque utriusque linguœ, ut Florentia et esset et haberetur vivente Laurentio Athenai alterae, nosquoque tibi illius filio eidemque Pont. Max. tum decori et pripsidio expectato hujus aetatis eruditorum S ejusdem authoris libros, eosque graîcos atque atticos, quales ipse composuit, merito dedicare voluimus ». Et ici Aide donne un souvenir reconnaissantà son collaborateur : « Musurus Cretensis, magno vir ingenio, magna doctrina hos Platonis libros accurate recognovit cum antiquissimis conferensexemplaribus * ». Et après un appel adressé à la protection de Léon X en faveur de l'académie Aldine créée à Venise, la dédicace s'achève par ces mots empreints d'une fierté absolument légitime : « Gratissimum praeterea futurum tibi Platonem hune nostrum nobis persuademus, cum aliis plurimis, tum etiam quia cum multis jam saeculisin plura dissectus membra vagaretur, nunc illis in unum corpus diligenter collectis integer habetur cura nostra... idque per ordines quaternarios novem, quemadmodum in Yita Platonis Diogenes Laërtius Thrasyllum secutus mémorise prodidit ». Oui, la merveille longtemps et impatiemment attendue était enfin réalisée : les philosophes de l'Occident, désormais initiés à la langue de Sophocle et
4. Le volume se termine par un second panégyrique de Léon X, où ce pape est salué en termes exprès de « rénovateur des lettres grecques et de la véritable culture » {riiç àXïjôtvvjs nutZUaç x«è twv ùlvptt-'
xwv )iÔ7wv dtvoxaiviorTTjç).
2. On lit également à la dernière page de cette édition : "Ever ir,cr\v frvTTwôïj nupà roi; mpi rôv "'A^Sov, nukctioiç rttri xaè àÇi07ri<rroiç xsxp^uévov àvTiypiwitç. Parmi ces manuscrits les deux principaux se trouvent aujourd'hui Van à Paris, l'autre À Venise (n« 184 de la Marcienne).
de Démosthènes, avaient entre les mains mieux qu'un pastiche plus ou moins fidèle de Platon dans un idiome rival du sien, ou que des fragments isolés de son magnifique héritage littéraire : ils possédaient son œuvre entière et complète, monument tout à la fois de pénétration psychologique et de finesse éloquente, modèle de métaphysique et d'atticisme, dans la beauté et la vérité du texte original, tel que le lisaient, tel que le savouraient dans TAthènes antique un Aristote et un Cicéron .
Cette première pièce, assurément très remarquable, est suivie dans l'édition de 1513 d une seconde qui ne Test pas moins. Je veux parler d'un poème grec de Musurus, contenant deux cents vers élégiaques pleins de hardiesses pindariques en l'honneur de Platon, de sa doctrine et de son éclatante renommée *. Dans leur enthousiasme les Grecs d'alors se crurent revenus à l'âge fameux deTyrtée et de Stésichore, et les érudits des âges postérieurs n'ont guère poussé moins loin l'admiration ^
Veut-on quelques exemples des mouvements oratoires où se répand la verve inspirée de l'auteur ? Ici c'est Musurus qui interpelle Platon : « Laisse à présent le chœur des dieux célestes et dans ton vol rapide descends sur cette terre des êtres dont l'àme est immortelle. Reçois ce livre qui contient à la fois et les entretiens de Socrate et les célestes conceptions de ton génie ^ » . Là c'est Platon qui