‹ Le Platonisme pendant la Renaissance [microform]Chapitre 40 sur 77 · XIII · texte numérisé non relu

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sivement ou même principalement à la renaissance platonicienne et Tessor merveilleux pris un siècle plus tard par l'esprit scientifique et les découvertes non moins prodi- ^euses qui en furent le résultat. Bacon qui a fulminé dans les termes que Ton sait contre lepéripatétisme, dont il était cependant moins éloigné sur des points très essentiels qu'il ne le donnait à entendre, a-t-il incliné pour autant vers le platonisme ? C'est un point que nous aurons à examiner plus tard. A première vue, et ceci suffit à notre investigation présente, ce n*est pas plus dans le Tintée que dans la Physique d'Aristote qu'on est tenté de chercher l'inspiration première du Novum Organon ou des célèbres expériences de Galilée, de Torricelli et de Pascal.

Donc, sauf exceptions, sur cette terre italienne, foyer initial et brillant théâtre de la renaissance du platonisme, ni la philosophie, ni l'exégèse platonicienne en particulier, ni la connaissance de l'évolution intellectuelle de l'antiquité, ni la poésie, ni la science ne semblent en avoir retiré un profitcertain et durable. Quelques figures vraiment remarquables, un Bessarion, un Ficin, un Aide, mises à part, seuls ou presque seuls des lettrés à l'imagination vive, à l'enthousiasme facile y ont recueilli une vogue le plus souvent éphémère. M. Janet s'est-il donc trompé lorsque parlant des doctes réunions de l'Académie florentine il a écrit : « Ces naïves imitations de l'antiquité n'eurent qu'un temps : mais ce grand enthousiasme ne fut pas sans fruit » ? Non sans doute ; seulement pour trouver une justification complète de cette dernière assertion, ce sont avant tout les annales des beaux-arts qu'il faut ouvrir. Aussi bien est-ce dans Tart que l'Italie du XV* et du XVI» siècles a salué la manifestation la plus haute, l'expression par excellence de la civilisation.

Disons tout de suite que si le terme de « Renaissance », employé au sens qu'il prend d'ordinaire, répond souvent bien plus à un préjugé qu'à un jugement éclairé et réfléchi, dans le domaine des beaux-arts il implique une véritable

et criante injustice. Sans parler des merveilles créées par Tarchitecture ogivale en France, dans les Flandres, en Angleterre, en Allemagne, et pour ne pas sortir de l'Italie, est-ce que Fra Angelico et les préraphaélites n'avaient pas légué à la postérité des toiles d'une pureté idéale, Brunelleschi (1377-14/i/l) et Donatelli (1383-l/i66) élevé d'incomparables monuments longtemps avant la naissance de l'Académie florentine ? En songeant aux jardins des Médicis devenus pour les artistes de l'époque « une haute école où les générations nouvelles s'initiaient aux traditions sévères des beaux temps d'Athènes, de Corinthe et de Rome* », en se rappelant l'enthousiasme qu'excitaient non seulement des chefs-d'œuvre demeurés intacts à travers quinze ou vingt siècles de révolutions, mais même les restes mutilés d'une statue, ou les débris d'un tombeau, d'un bas-relief, on a pu soutenir ingénieusement que « lantiquité retrouvée avait aidé les artistes à voir plus clair dans la nature », à en étudier de plus près, à en reproduire avec plus de soin les grâces originales et les proportions harmonieuses. Mais dans l'œuvre d'art, si haut que soit le prix de la forme, la pensée n'en garde pas moins son importance et sa valeur. Or jusqu'au milieu du XV' siècle, architectes et décorateurs, à l'exemple de Dante, s'étaient appliqués, et le plus souvent avec succès, à adapter les enseignements artistiques des Grecs et des Romains aux exigences d'une civilisation toute différente. Ce juste équilibre, cette sage modération, si l'on peut ainsi s'exprimer, ne devait pas être longtemps du goût des novateurs, aveuglés par leur admiration idolâtre pour un passé cà jamais évanoui. On vit des princes se persuader que leur gloire était attachée à la résurrection de quelque Athènes antique, partant que leur tâche consistait à reprendre, sans y rien changer, le rôle et le programme d'un Périclès ou d'un Alexandre. Tel ce SigismondMalatesta (1/|17- 1468), le spirituel, fastueux et turbulent tyran de Rimini, faisant élever des temples païens en guise d'églises, entourant les ossements de maint humaniste fameux d'un culte

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