HUtoire de Tari pendant la Renaissance, p
2. Incontestablement une kermesse de Ténors et »"'"»*"«" «"y;" OsUde sont des toiles de prix : mais en face de ces ■*?■■<>'»"<=''»""" "
goureosement fidèles des choses les P'"/ «''■'l'.n"'«' °^^/„%=''P!,'f ' plus vulgaires de la vie, qui serait tenté de dire : . Platon a passé par
là! ».
n'est plus médiocre que les compositions florentines de la fin du XV" et du commencement du XVI» siècle. A Venise la Renaissance s'est montrée bien autrement indépendante et originale en matière de peinture, et depuis Jules II et Léon X, le sceptre de la littérature et de l'art passe à la capitale de la catholicité '.
On sait le mot célèbre de Cicéron : Faleor me oratorem, si modo, sim non ex rhetorum officinis sed ex Academix spatiis extilisse. Chacun à sa manière, nous allons nous en convaincre, les plus fameux artistes du XVI» siècle auraient pu répéter cet aveu mémorable. Le platonisme ressuscité a une part à revendiquer dans leurs théories les plus remarquables comme dans leurs chefs-d'œuvre les plus admirés.
Donnons ici la première place (elle lui revient de droit) à celui que M. Ravaisson n'a pas craint d'appeler « le grand initiateur de la pensée moderne ». Léonard de Yinci, né en 1452, éminent aussi bien comme penseur et comme savant que comme esthéticien et comme artiste, et réalisant ainsi à la lettre la célèbre devise platonicienne à laquelle il a été fait allusion plus haut, avait passé onze ans (de i/i72 à l/i83) à Florence où par ordre de Laurent de Médicis il travailla à la décoration des jardins de la place Saint-Marc. C'était, si Ton peut ainsi parler, le temps de la plus grande ferveur de l'académie florentine, et il est impossible que Léonard ait échappé entièrement au courant général, encore que dans les splendides volumes de ses œuvres complètes éditées par M. Ravaisson, je n'aie découvert qu'une cita-
1. M. Henry Jouin, secrétaire actuel de r Ecole des Beaux-Arts, a celébré ce fait en vers inspirés dans son Chant du siècle : 0 Rome, Tauréole aux rayons éclatants Reparaît à ton front dans la suite des temps. Lorsque du Vatican dominant leur cortège, La même voix nomma Michel-Ange, Corrège, Raphaël, Titien, Bramante, Léonard, ^ Ces astres radieux du firmament de l'art, Auguste chancela dans sa gloire oubliée.
tion unique de Platon et encore assez inattendue *. Nous savons toutefois qu'il possédait dans sa bibliothèque le traité de Ficin De immortalitate animx tout plein de la moelle de la pensée platonicienne. C'est à cette source qu'il avait puisé Tadage mémorable où se résume son talent : « L'art est dans Tâme : ne le cherchez pas ailleurs ' ». Jusque dans ses caricatures perce je ne sais quoi où se trahit l'artiste se sevrant volontairement pour un temps de représenter la beauté achevée à laquelle tous ses rêves aspirent.
De Léonard, nous passons à Raphaël qui est incontestablement à l'école florentine ce que Rubens est à Técole flamande, sa dernière et sa plus belle fleur. L'auteur de la Transfiguration, né à Urbin, capitale d'un état sans grande influence politique, mais où la Renaissance avait été accueillie avec un réel enthousiasme % fit à Florence en 1503 et 1504 deux séjours consécutifs qui contribuèrent certainement à l'épanouissement de son génie*. C'est là qu'au sortir des horizons un peu étroits de l'école d'Ombrie, il acquit cette sûreté de coup d'œil, cette ampleur dans l'exé- ^ cution qui en s'ajoutant à la pureté et à la noblesse d'un ^Fra Angelico ont valu à ses plus célèbres créations une jeunesse immortelle. Aussi bien Raphaël a possédé à un degré supérieur cet amour de la perfection, caractère distinctif de l'artiste de génie, s'il faut en croire Platon. Il l'a dit lui-même, renouvelant à son insu une déclaration célèbre de Cicéron sur Phidias : « Quand je manque de beaux modèles, je me sei-s d'un certain idéal que je me forme » .
4. Dans le volume F, p. 592. Il s'agit de la réponse donnée par Platon aux Déliens qui étaient venus le consulter sur le problème de la
duplication du cube. ,
2 M Ravaisson a dit de Léonard : « Son poétique enthousiasme s explique en partie par une passion de Tart qui va toujours au delà de la forme pour en découvrir le principe, au delà de la matérialité des choses pour en contempler la cause première ». . .. x
3. La bibliothèque de Frédéric d'Urbin, mort en 1482, contenait prèP
de huit cents manuscrits grecs. ,...., « :„
4. Si une de nos observations antérieures est juste, Raphaël gagna infiniment plus au contact des idées et des théories philosophiques alors régnantps que dans la fré<|uentation personnelle des artistes du temps.
Chez lui pas d'élément sensible qui ne soit à quelque titre signe d'idées.
Mais ce n'est pas ici le lieu de passer en revue son œuvre entière. Une seule de ses compositions, il est vrai Tune des plus justement admirées, relève directement de mon sujet. Le jour où le peintre d'Urbin voulut payer son tribut à la Grèce, patrie des sages et des philosophes du paganisme, il légua à la postérité une page sans égale en son genre : j'ai woxaméA' Ecole d' Athènes \ Ce splendide résumé de l'histoire des idées dans le monde hellénique lui fut directement inspiré par le souffle de Platon que Ficin et ses amis avaient pour ainsi dire fait pénétrer dans l'àme de la Renaissance ^
Le décor architectural du tableau nous retiendra peu. Du premier coup on reconnaît les lignes grandioses et en même temps si harmoniques de la basilique vaticane ; sauf que deux statues de Minerve et d'Apollon sont là pour nous avertir que nous sommes dans un temple de la Sagesse, tel qu'il aurait pu sortir de la main d'un Ictinus ou d'un Phidias. Que dire de cet habile emploi des exigences de la perspective? et sous ces portiques qui laissent libre passage à la lumière, sur ces degrés disposés selon un art ingénieux, avec quelle intensité de relief se profilent les divers personnages ?
Mais (on le devine sans peine) les acteurs nous intéressent ici bien plus vivement que la scène. Notons d'abord que celui qui les a dessinés s'est réellement efforcé de faire revivre l'antiquité sous nos yeux : auparavant la couleur locale avait été ou négligée ou systématiquement méconnue. De même que les consuls étaient transformés en gonfaloniers ou en podestats, les centurions en chevaliers de l'armée féodale ; de même pour costumer un philosophe, on
1. Ce titre, appliqué à l'ensemble des philosophes grecs, paratt-il au premier abord avoir quelque chose d inexact et d'exclusif? Qu'on se rappelle le mot de Périclès dans Thucydide (II, 41) : -h nôitru nôlig rriç 'EXka^oçnuihvtTLç, et celui d'Isocrate (XV, 295) : ttovtwv rt itôhç StSâor-
2. Je parle ici, bien entendu, de la façon de traduire cette conception plutôt que de la conception elle-même : car, pour ne citer qu'un exemple, qui ne se souvient d^8 philosophes anciens danç YEnfer de Dante ?
songeait tout aussitôt à l'habit des moines et des religieux seuls chargés en tant de cités de dispenser le haut enseignement. Quelque attrait qu'on éprouvât pour l'antiquité, nul ne se mettait en peine de la bien connaître.
Raphaël au contraire a voulu la peindre telle qu'elle avait apparu dans la réalité, et je ne saurais dire si de son temps ou après lui quelqu'un a résolu plus complètement ce difficile problème. Aussi bien au lieu de se fier à son imagination d'artiste il avait étudié avec un soin jaloux les documents iconographiques les plus dignes de foi. Depuis lors cette partie de l'histoire s'est enrichie d'innombrables découvertes : les figures dessinées par Raphaël continuent néanmoins à être classiques presque au même titre que celles dont nous sommes redevables au ciseau des sculpteurs ou des graveurs antiques : tant son génie s'était montré habile à deviner et à ressusciter l'antiquité, et cela sans distinction de secte bu d'école. Socrate est là devant nous aussi vivant que Diogène, et Epicure n'est pas traité avec moins de faveur que Zenon*.
Quant à la composition des divers groupes et à l'attitude propre des personnages qui y sont rapprochés, l'admiration est à peu près unanime. Mais dans cette assemblée de sages deux figures au centre même du tableau se'détachent avec majesté et dominent toutes les autres : ce sont les deux illustres philosophes qui après s'être partagé autrefois les suffrages de la Grèce savante se disputent depuis vingt siècles l'admiration des métaphysiciens et des moralistes de l'Occident. Platon et xVristote (et c'est justice) brillent au premier plan, à la place d'honneur, au milieu de ce cortège imposant de grands hommes dont ils ont soit recueilli et développé l'héritage, soit au contraire préparé directement ou indirectement la fortune.
Raphaël n'était certes pas un philosophe de profession,
i. On peut remarquer que presque tous les personnages de V Ecole (V Athènes ont en mains un livre ou des tablettes: les peintures delà Slanza délia Signalttra sont peut-être Tœuvre d'art de tous les temps où les livres tiennent la plus grande place : tant alors Timprimerie était en honneur ! tant le livre était considéré comme IMnstrument par excellence çt l'emblème le plus expressif d^ 1^ culture intellectuelle !
moins encore un historien de la philosophie : et cependant avec quelle sûretéd'intuition,-- après un siècle entier d'âpres disputes où les partisans des deux maîtres de la science hellénique s'étaient séparés en deux camps hostiles et irréconciliables, où il paraissait illogique de porter aux nues Platon sans couvrir en même temps Aristote d'anathèmes, — il a deviné et affirmé Tégalité de gloire et de mérite intellectuel de ces deux beaux génies, n'hésitant pas à les peindre l'un à côté de l'autre dans l'attitude de savants qui s'estiment, non d'adversaires qui se combattent !
Il est vrai qu'il y eût eu erreur égale à les rapprocher, a les identifier au point de les confondre : cette méprise, Raphaël ne s'en est pas' rendu coupable. Voyez plutôt : Platon lève ses yeux et sa main vers le ciel où habite si volontiers sa pensée * : Aristote regarde la terre où s'appuient ses pas et sur laquelle il a promené avec tant de persévérance son prodigieux talent d'observation \
1. « Absichtlich bat Raphaël Platons Auge zum Himmel emporblicken lassen, prophetisch begeistert, vom dumpfen Banne erlôst und erlôsend » (Immisch). — M. Gruyer a traduit la même impression en artiste plutôt qu'en philosophe :« Raphaël a cherché à montrer la puissance de ridée que Platon représente, et dans ce front rayonnant de majesté, de poésie et d'enthousiasme, on comprend de suite le génie qui relègue la science dans les espaces imaginaires » {Les fresques de Raphaël au Vaticarij p. 80). La pensée est juste, l'expression malheureuse : car s'il s'agit de la « science » en général, qui en a parlé avec plus de respect que
Platon ?
2. En quatre lignes j'ai essayé de résumer ce que M. Klaczko développait dans une page éloquente de la Revue des Deux-Mondes (15 juillet 1894) : « Que dire de ces deux maîtres placés au centre de la vaste composition comme pour donner la pensée intime de l'œuvre ? Jeune, robuste, les traits marqués au coin d'un certain positivisme, s'il est permis d'employer un tel mot, Aristote abaisse sa droite au sol, tandis que Platon le front illuminé, à l'allure de poète et de prophète, lève sa main vers le ciel. L'un en appelle à la méthode expérimentale et à l'analyse, l'autre à l'intuition et à la synthèse : ils indiquent les deux orientations, les deux pôles de la philosophie grecque et de toute philosophie... Avec quelle merveilleuse équité Raphaël a su tenir la balance égale entre l'auteur du Timée et celui de VEthique, malgré la prépotence du platonisme à l'aube du cinquecento et la défaveur générale du péripatétisme ! L'art s'est montré de la sorte plus philosophique ici que la philosophie à la mode, que le système triomphant du jour... Platon et Aristote sont là devant nous, chacun dans son droit légitime et souverain. Si du côté de l'un on remarque la statue d'Apollon, du côté de Tautre se dresse celle de Mmerve. Hs se détachent sur le même ciel bleu et limpide, enseignent dans le même temple, et c'est le futur Saint-Pierre ».
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Ce n'est pas ici le lieu d'examiner si en faisant ou en laissaint peindre V Ecole d'Athènes en face de la Dispute du Saint-Sacrement Léon X n'aboutissait pas à son insu, sinon à dresser autel contre autel en opposant en quelque sorte la philosophie à la religion elle-même, du moins à légitimer certaines tendances ou, si Ton veut, certaines illusions trop répandues chez les beaux esprits du temps*. Mais depuis longtemps pareille témérité (si ce mot est ici à sa place) n'en était plus une; la juxtaposition du sacré et du profane, de la sagesse païenne et de la révélation divine avait depuis longtemps pénétré dans les intelligences et de là passé pour ainsi dire dans les mœurs ^
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grâce : il restait à lui emprunter la force, la majesté, la grandeur : ce fut le lot de Michel-Ange. Elevé dans le palais même de Laurent de Médicis qui devina et provoqua sa vocation, son esprit se développa, son goût se forma dans les lavants colloques des académiciens deCareggi que leur respectueuse vénération pour Platon entraînait maintes fois à en parler comme d'un second Moïse \ Comment dès lors le
1. On lit à ce propos dans l'article que nous venons déjà de citer : « Magnifique par sa perspective pittoresque, rarchitecture de V Ecole d'Athènes est encore plus magnifique par sa perspective morale : la pensée grandiose, ou si vous Taimez mieux, la grandiose utopie.de la Renaissance, elle est là tout entière : c'est une harmonie universelle embrassant le monde classique et le monde catholique, la vie spirituelle et la vie des plaisirs : peut-être une immense et coupable erreur, mais rêve sublime et erreur bien généreuse ».
2. Est-ce qu'au campanile de Florence, œuvre de Giotto, ce contemporain de Dante, les 7 Disciplines de la Science ne figurent pas à côté des 7 Sacrements et des 7 Béatitudes ? On sait qu'au-dessus de ï Ecole d'Athènes Raphaël a peint la Philosophie avec cette devise : Causamm cognitio, comme au-dessus de la IHspute du Saint-Sacrement la Théologie avec ces mots : Rerum divinanim notitia. Mais de même que du geste cette dernière semble dire que cette connaissance est refusée à la sagesse purement terrestre, de même, selon la très juste observation de M. Klaczko, ce n'est point la science orgueilleuse et prépotente de nos jours que le jeune Sanzio a entendu glorifier au Vatican, c'est la science scolastique du moyen âge, si souvent.déjà représentée par les artistes ses devanciers.
3. « Le premier et peut-être le plus glorieux adepte de resthétique platonicienne telle qu'on l'enseignait dans l'entourage des Médicis fut Michel-
philosophe grec n'aurait-il pas une part à revendiquer dans l'œuvre aussi étendue qu'imposante de Tartiste qui a écrit : « Un beau visage m'aiguillonne vers le Ciel : il n'est rien au monde qui me ravisse davantage », et ailleurs: « Mes yeux avides de beauté, mon âme de son salut, n'ont d'autre vertu pour monter au Ciel que de contempler des belles
formes* ».
Et pour commencer par les poésies de Michel-Ange, M. G. Thomas ^ a eu raison d'affirmer qu'on peut y suivre l'entière évolution ou plutôt tout le drame de l'amour platonique, avec ses incidents, ses développements, ses transformations. Dans quelques-uns de ses vers, il atteint d'un bond la région suprême où Platon cherchait à conduire par la dialectique la raison de ses disciples : le sentiment dont il est pénétré est un pur état intellectuel, sans aucun mélange d'impression sensible. C'est en s'inspirant à la même source qu'il évoque le lointain souvenir d'une beauté jadis entrevue et qu'il croit retrouver : « Dans mon âme resplendit et brille encore un ardent rayon de son état antérieur ». Ailleurs il confesse les défaillances qui l'ont surpris au moment même qu'il faisait effort pour se vouer au seul culte de la beauté, attestant ainsi par un exemple mémorable que dans l'amour platonique l'âme vertueuse rencontre aussi bien « un périlleux obstacle » qu'un « célesK^ auxiliaire ». Mais parce que comme Dante il possède intense la notion
Ange. C'est dans ses entretiens avec Laurent le Magnifique, avec Politien, avec Pic de la Mirandole et avant tout avec Marsile Ficin que le jeune artiste se pénétra des doctrines de spiritualisme transcendant auxquelles il resta fidèle toute sa vie. . . Et comme cette nature synthétique entre toutes répond admirablement à Tidèal de Platon ! » (Mûntz, Vart
à la Renaissance, II» p. 74).
1. Comparer le langage de Platon dans le Phèdre ; « Dans notre séjour terrestre la beauté efface encore toutes choses par son éclat... Nous sentirions des transports incroyables, si l'image de la sagesse et celle des autres essences dignes de notre amour s'offraient à notre vue aussi distinctes et aussi vives. Mais maintenant c'est la seule beauté qui a ce privilège d'être à la fois l'objet le plus frappant comme le plus désirable ».
2 Le platonisme et les poésies de Michel-Ange, article publie dans les Mémoires de l'Académie de Stanislas (année 1890), et auquel sont empruntés la plupart des détails qui suivent.
des choses divines, c'est à sa foi religieuse qu'il a recours pour vaincre définitivement la tentation.
Ce même platonisme se manifeste dans les préceptes esthétiques que Michel-Ange a poétiquement formulés. Un de ses madrigaux pose éloquemment les conditions absolues et le fondement immuable du grand art : « Seule la beauté porte le regard à cette hauteur où je m'efforce d'atteindre pour sculpter et pour peindre ». De Michel-Ange comme de Raphaël on peut dire qu'il vivait l'esprit continuellement tendu vers la perfection idéale, entendue d'ailleurs d'une façon en rapport avec les audaces de son génie. Ainsi s'expliquent les pensées qui dans ses vers sont revêtues de si fortes images, et pour conclure avec M. Thomas, ses poésies supprimées, le platonisme italien de la Kenaissance serait privé de son dernier et de son plus grand interprète.
A considérer maintenant l'artiste, Michel- Ange ne méritet-il que des éloges et notamment a-t-il toujours traité les sujets religieux avec le respect nécessaire? Prenons son Jugement dernier ^diV exemple : la partie technique et matérielle y est supérieurement traitée, mais « la pensée est absente, et c'est la pure fantaisie du peintre qui a tout envahi, tout usurpé ^ ». Autour de lui l'art se faisait de moins en moins sévère : on se laissait aller à accoupler trop étroitement le beau sensuel et le beau idéal, ou même à faire passer l'impression extérieure bien avant le rayonnement intellectuel de la pensée. Le péril était d'autant plus grand que « les Italiens ont une imagination qui agrandit et qui •^simplifie ; ils s'attachent aux formes et aux contours des 1 chosesplus qu'ils n'en saisissent l'àme^ ». Chez d'autres l'éducation platonicienne prête à une critique différente et même à certains égards absolument opposée : ce mépris pour toute imitation scrupuleuse de la réalité, ce spiritualisme qui s'accommode si mal des détails de la vie quotidienne, tout tendait à multiplier les abstractions dans le domaine de l'art au détriment du naturel et du pittoresque. Sous cette influence les artistes s'isolent à la fois du monde