‹ Le Platonisme pendant la Renaissance [microform]Chapitre 5 sur 77 · Achitius in philosophiam Platonis · texte numérisé non relu

Achitius in philosophiam Platonis

411. Platonis omnia opéra in per<^ameno, novas, pulcher et optimus liber ;

410. Platonis dialogi XVI 1 et de republica ejusdem in pergamcno (en tôte le Timée de Locres) ;

430. Platonis dialogi triginta octo et vita ejus in principio, in papyro ;

431. Leges Platonis dialogi quattuor noti et epistoiae ejus, in papyro ; 421). Platonis omnes dialogi in papyro, liber correctus ;

480. Platonis respublica, leges et epistoiae in pergameno, liber pulcherrimus.

A ces divers manuscrits s'ajoutaient la traduction latine de 4 dialogues par Bruni et plusieurs écrits de Proclus, de Damascius et d'Olympiodoi^ (appelé Olibiodorus).

i. Notamment à Venise en 1503 et 151G.

forme, et en tout cas jamais déshonorée par les insultes outrageantes où se complaisent ses modernes partisans. Une des lettres du savant cardinal * achève de nous révéler sa pensée : « Lorsque Pléthon attaque Aristote, lorsque d'autres s'élèvent contre les deux princes des philosophes, je voudrais que cela se fît avec toute la modération qu'a gardée Aristote, quand il a contredit ceux qui l'avaient précédé... et nous qui en comparaison de ces grands hommes ne sommes que de très petits personnages, nous avons la hardiesse de les traiter de sots, et de les railler d'une manière incivile î En vérité, pareille conduite est bien insensée 1 » Et prêchant lui-même d'exemple, tout en ne faisant grâce à ses adversaires d'aucune critique, tout en les poursuivant avec vigueur jusque dans leurs derniers retranchements, Bessarion évite avec soin ce qui pourrait donner à sa réfutation la moindre apparence d'une polémique personnelle.

Au fond il y a une remarquable diplomatie dans l'attitude de Bessarion à l'égard des deux camps alors aux prises : comme Fénelon dans sa Lettre à V Académie, il ne se prononce catégoriquement ni en faveur du maître ni en faveur du disciple, couvrant de sa sollicitude l'un et l'autre philosophe, et sans crainte de paraître se contredire, prenant tour à tour selon les circonstances la défense de tous deux-. Grâce à cette constante impartialité, il réussit, non à trancher le différend (il se reproduira dans tous les siècles), mais, ce qui importait infiniment alors, à l'apaiser et à le pacifier \ les flots orageux soulevés dans le monde des lettres se calmèrent comme les grandes vagues de la mer après la tempête. Désormais, à son exemple, on s'attachera moins à opposer les deux philosophes entre eux comme des antagonistes irréconciliables, qu'à les rappro-

1. Sa volumineuse correspondance non seulement jette un grand jour sur sa vie, mais nous aide sur bien des points à connaître exactement

sa pensée.

2. « Qui sommes-nous pour juger Platon et Aristote ?...Sachezquej'aime Platon, que j'aime aussi Aristote, et que je professe pour run et pour l'autre une égqle vénération » (Lettre à Michel Apostolius, du 19 mai 1462).

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cher, ou même à les compléter Fun par lautre, car à ne considérer que les données fondamentales, c'est le même système dont on rencontre ici la poétique ébauche, là la synthèse raisonnée.

Mais pour être par excellence l'homme de la conciliation, Bessarion n'en a pas moins ses préférences : et il est visible qu'il penche du côté de Platon, pour qui il a plus fait certainement que Ficin lui-même. Brucker n'a pas tort de définir l'ouvrage de Bessarion cité plus haut : « Renovatae philosophiae platonicae compendium elegans et eruditum ». Si c'est aller trop loin que de prétendre avec M. Vast qu'il a « révélé Platon au monde occidental », du moins est-il permis d'affirmer avec le même érudit « qu'il lui a donné droit de cité à Rome et Ta fait accepter des papes et des chrétiens en apportant la preuve qu'aucune des grandes doctrines du maître divin n'est contraire à l'orthodoxie. Platon allait enfin avoir des admirateurs au grand jour : on ne se cacherait plus pour le lire ; on ne se défendrait plus de l'admirer * . » Voilà ce qui donna à son intervention un immense retentissement. Gémiste Pléthon avait conçu le projet impie de ramener le christianisme à Platon : Bessarion entend au contraire, s'autorisant de l'exemple donné par tant de Pères de l'Église, faire servir Platon à la défense et à la démonstration du christianisme ; et reprenant la belle thèse de S. Augustin, il se plaît à multiplier, non sans quelque excès ^ les points de contact, les harmonies manifes-

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