‹ Le Platonisme pendant la Renaissance [microform]Chapitre 6 sur 77 · M. Vast, p. 327 et · texte numérisé non relu

M. Vast, p. 327 et

2. Voir sur ce point les ob'servalions très justes de M. Waddington (p. 65). Veut-on d'ailleurs se faire une idée du style de ces platonisanis du XV' siècle ? Voici un fragment d'une lettre de Bessarion sur la mort de Pléthon : c J'ai appris que notre commun père et maître, secouant sa dépouille terrestre, a émigré au ciel et dans les espaces lumineux pour y danser avec les dieux de l'Olympe le lacchos mystique. Je me réjouis d'avoir vécu avec un tel homme : depuis Platon (je fais aussi exception pour Aristote) jamais la Grèce n'a engendré un tel sage. S'il est possible de croire aux idées de Pythagore et de Platon sur les voyages et migrations sans fin des âmes, j'ajouterais volontiers que l'âme de Platon enchaînée par les arrêls immuables du destin et contrainte de revenir sur cette terre a emprunté le corps de Gémiste et a choisi de vivre en lui > (cité par Vast, p. 319). Ce paganisme, je le veux bien, est d'épiderme : il ne laisse pas cependant d'étonner sous la plume d'un prince de FEglise.

tes OU cachées entre le grand philosophe et renseignement divin. Seulement il a garde d'être comme tant d'autres, dupe de son enthousiasme : pas plus que Pétrarque il ne croit que les Dialogues ipiûnsent remplacer l'Évangile, et la métaphysique des idées le dogme chrétien. Il se borne à dire, mais l'aveu est significatif: « Platon n'est pas seulement un homme très savant et d'un génie tout à fait extraordinaire; il s'est approché de la vérité de la révélation autant qu'il était possible à un païen * ». Les admirateurs les plus convaincus de la République et du Phédon ne sauraient sans injustice en demander davantage, ce qu'oublièrent trop souvent, à l'heure qui n'était plus éloignée du triomphe du platonisme, Marsile Ficin et ses amis de l'Académie florentine.

VU

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